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La chrétienté et la tentation

Conférence de JM Clarina. Jeudi 11 décembre 2008

vendredi 16 janvier 2009 par Jacqueline

Le christianisme qui a marqué l’histoire de la pensée occidentale a produit une réflexion sur la tentation qui n’existait pas avant lui et qui permet d’approfondir la philosophie du désir.

1 Délit, faute et péché

Délit

C’est une notion juridique. Le délit est un acte que le code social rejette. Le code est explicite, il fixe la matérialité du fait sans s’occuper de l’intention. Il implique une condamnation : sanction et/ou réparation.

Le délit renvoie donc à un ordre légal qui peut apparaître comme arbitraire et diffère selon les pays.

Faute

Elle n’est pas forcément différente du délit, de la faute juridique (un meurtre est un délit et une faute) mais elle se définit non pas comme la transgression d’un code mais comme le non respect des valeurs, de la loi morale. Pour Kant, la loi morale est un impératif absolu et universel. Elle ne renvoie pas à une contrainte, à une obligation (comme le délit). Ce n’est pas l’Etat qui m’oblige, c’est moi-même. S’il y a sanction, c’est donc moi qui me la donne (remords, regret, culpabilité). Dans le christianisme, on peut voir la mort du Christ comme le rachat des fautes humaines, une sorte de dette acquittée.

Péché

Lui non plus n’est pas totalement différent du délit et de la faute morale (un crime déguisé en suicide est un délit, une faute et un péché) mais il a une signification religieuse. Le péché est une transgression de la loi divine. L’Antiquité ignore cette notion : la faute est perçue comme une erreur, une méconnaissance.
On distingue deux types de sociétés : une société de honte (comme le Japon) où la transgression n’est pas intériorisée et se situe par rapport à autrui et une société de culpabilité comme la civilisation judéo-chrétienne où la transgression se situe par rapport à soi-même et engage tout l’individu. C’est l’homme qui est un pécheur.

2 Phénoménologie de la tentation

La tentation est la transgression d’une loi ou plutôt l’envie de la transgresser. Satan est la personnification de cette force qui nous entraine dans la tentation. Il y a une attirance pour la transgression en elle-même. Adam et Ève avaient tout ce qu’ils désiraient ; la tentation correspond au désir de toute puissance (l’arbre de la connaissance), à celui de se substituer à Dieu. Le serpent tentateur symbolise la fascination de la transgression laquelle représente une expérience de liberté par rapport à l’interdit (conçu comme une frustration, un arbitraire).
Dans les tentations du christ dans le désert, le tentateur lui fait miroiter successivement le plaisir des sens, celui de la puissance et de la gloire et pour finir l’idolâtrie.
Il y a un plaisir sensuel dans la transgression, un frisson d’aventure ! Il y a aussi une idée de scandale qui renvoie à la vanité : ce qu’on fait, les autres ne sont pas capables de le faire…

Si psychologiquement la culpabilité fait partie de nous, dans le christianisme, elle devient spirituelle. Cependant, le péché est toujours présenté dans la perspective du Salut (v. la parabole de l’enfant prodigue : on a la faute et son remède). Il ne dépend donc que de nous de revenir à la raison. Les évangiles apportent la « bonne nouvelle » cad le moyen de sortir de la culpabilité morbide.

3 Satan

C’est le tentateur. Aujourd’hui, on ne croit plus à lui et cependant, il y a de plus en plus de sectes sataniques !
Satan est une créature de Dieu. La figure de Satan permet de dédramatiser la tentation car avec Satan, je ne suis plus dans un rapport avec mon seul désir mais face au tentateur. J’extériorise en quelque sorte l’origine du mal, j’ai un adversaire.



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