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Birmanie : agriculture, pêche, artisanat Birmanie : agriculture, pêche, artisanat

mercredi 15 avril 2015 par Claude et Hubert

Après notre retour de Birmanie et un peu de recul, que reste-t-il de ce pays dans nos souvenirs ? Quelles images s’imposent ?
Essentiellement deux :
- celle d’un pays très religieux dans lequel le bouddhisme occupe une place essentielle dans son histoire : en témoignent le très grand nombre de constructions telles que temples, pagodes, stupas et d’innombrables statues de bouddhas mais également les files de moines qui sollicitent les offrandes matinales et la ferveur dont font preuve les populations par leurs dons et leurs prières.
- celle d’un pays rural dans lequel agriculture, pêche et artisanat constituent l’essentiel de l’activité humaine et c’est sur ce point que je m’attarderai.
Ainsi au cours de ces deux semaines de voyage nous sommes allés de visite de temples et pagodes en découvertes de petits villages et d’ateliers d’artisans.

N’oubliez pas de cliquer sur les photos pour les agrandir !

Agriculture

Une fois franchie la ville de Rangoon et son activité vibrionnante, ses embouteillages redoutables, notre chauffeur nous lance sur des routes étroites peu ou mal asphaltées.

  • Une agriculture encore traditionnelle
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Que voyons-nous à l’horizon ? Des champs verts et cultivés, des paysans courbés sous leur chapeau conique, des attelages de bœufs sous le joug trainant des charrettes en bois, des surfaces irriguées, des zones marécageuses avec des envols d’oiseaux, des canards qui barbotent, des pêcheurs qui lancent leurs filets depuis leurs barques. Aucune machine, pas la moindre silhouette d’usine, même l’usage d’un motoculteur est encore rare semble-t-il. Les véhicules motorisés ne sont pas nombreux mais pris d’assaut lorsqu’ils se présentent.
Grâce à Pio , notre guide, et aux informations papier, nous apprenons qu’ici 70% de la population vit de l’agriculture.

  • Les cultures
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Le riz qui occupe 60 % des surfaces cultivées. Ainsi à Ava, en janvier, les paysans repiquent les jeunes plants que les femmes ont arrachés et mis en bottes. Deux récoltes sont possibles par an.

En route, nous longeons une belle plantation d’agrumes et goûtons aux pamplemousses géants.
Au cours de la visite du village Mao nous voyons d’énormes balles d’arachides qui seront broyées dans des machines fabriquées artisanalement pour en récupérer l’huile ; il en sera de même avec les graines de sésame.

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Quelques jours plus tard en bordure de la route qui conduit au mont Popa, dans une vaste plantation d’habiles grimpeurs aux pieds nus, munis de calebasses, escaladent des palmiers verticaux pour en recueillir la sève sucrée que l’on fait cuire, c’est cette mélasse qui fournira du sucre, des bonbons et de l’alcool par distillation.
Du palmier, rien ne sera perdu : ni les branches, ni les fruits, ni les palmes : tout sera utilisé pour chauffer, nourrir ou couvrir les toitures.

Janvier, à Hého, c’est aussi le moment de moissonner le blé à la faucille et les épis sont ensuite vannés sur place dans le champ. Thé, maïs, millet, sésame, coton et tabac font partie des cultures birmanes et sur les marchés, comme à Nyaung U nous pourrons apprécier la grande variété et l’abondance des fruits et légumes : régimes de bananes, tomates, haricots, fruits du dragon, durians, mangues…

Mais quelle pauvreté et quelle tristesse dans un autre village beaucoup moins touristique où l’on semble manquer de tout : ni eau, ni électricité donc pas de moyen de conserver le porc que l’on engraisse et qu’il faudra vendre dès qu’il aura été abattu. A qui profite la prospérité de ce pays ?
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  • Les jardins flottants du lac Inlé

Sur les jardins flottants du lac Inlé que l’on parcourt en barque, comme les hortillonnages d’Amiens, on récolte fraises, tomates, courges, aulx, salades diverses, reines-marguerites qui seront transportés tout frais au marché flottant le lendemain matin.

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  • L’élevage et la pêche

Ce sont les volailles, les chèvres et les poissons de rivière et des lacs qui fournissent l’essentiel des protéines : le long des rivières, les filets tendus s’emplissent d’une pêche abondante de poissons qui sont vidés sur place et séchés au soleil puis mis en sachets ; sur le lac Inlé les pêcheurs basculent leurs nasses en tronc de cône tout en pagayant d’une jambe , la carte postale traditionnelle est incarnée au passage des touristes, toutefois ce mode de pêche semble toujours en usage ; d’après les écrits la pêche en mer est peu pratiquée alors que la Birmanie possède 2200 km de côtes …
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  • La forêt

N’oublions pas la forêt qui produit du teck que l’on a surexploité jusqu’au déboisement, les plantations de bambous qui seront transformés en meubles, en parois tressées aux motifs géométriques pour la construction des maisons sur pilotis et les forêts d’hévéas qui fournissent le latex pour la production de pneus mais dont les exploitants ne sont pas propriétaires, de même que la plupart des paysans car c’est le gouvernement qui possède la terre.
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Quant-à la production d’opium, elle est une des premières du monde mais nous ne la verrons pas au cours de notre itinéraire qui ne s’aventure pas dans le Triangle d’or.

Artisanat

La vie rurale s’accompagne d’un artisanat très actif.

  • Le tissage

A Mandalay, dans un atelier sombre, sur des métiers de bois ouvriers et ouvrières tissent manuellement des motifs traditionnels sur la soie et le coton.
Le long des rivières, près du lac Inlé, les tiges fibreuses des lotus, une fois transformées en fils serviront à fabriquer les robes des moines.
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  • Des métiers masculins
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Marbrier

Des forgerons fabriquent des outils tels que serpes, faux, haches et réparent les hélices de bateau, alors qu’un charpentier assemble le carénage d’une future barque.
A Mandalay, les marbriers, qui occupent tout un quartier, polissent, à la ponceuse et sans aucune protection contre la poussière, le marbre blanc de statues de bouddhas toutes identiques.
En utilisant la technique de la cire perdue, les bronziers coulent aussi des statues de bouddhas destinées aux offrandes que de riches particuliers feront dans les temples, les dinandiers repoussent l’argent en des motifs compliqués.
Dans un atelier qui sert aussi de magasin des ébénistes, assis à même le sol sculptent de grands panneaux de teck qui seront ensuite peints de couleurs vives ou recouverts de feuilles d’or pour la décoration intérieure.
L’or ici est très prisé pour les statues et provient d’un autre atelier où des ouvriers, torse nu, abattent sans interruption leur lourde masse pour amincir en feuilles des pastilles d’or grosses comme un petit cachet.
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  • Le travail des femmes
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De leur côté les Birmanes ne sont pas en reste et s’activent à la fabrication des bâtons d’encens, des cigares (cheroots), sorte de barreaux de chaises que nous les verrons fumer. Dans leur fabrication entrent du papier maïs, du tabac, des épices, du miel. Si elles parviennent à en produire 1000 par jour elles gagent 1€ et demi.
Elles cousent de longues jupes : les longwis, elles réalisent des décors gravés sur les objets recouverts de laque que fabriquent les hommes ; au tour elles montent des poteries utilitaires et à partir de feuilles de mûriers elles obtiennent, comme à Pindaya, du papier qui servira à la fabrication d’ ombrelles colorées et élégantes tandis que la réalisation du mécanisme est confiée aux hommes.
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A notre regret nous n’avons pas vu la taille des pierres précieuses dont la Birmanie est abondamment productrice.

Conclusion

Un climat favorable, des terres agricoles fertiles, des rivières poissonneuses et de nombreux paysans semblent pouvoir assurer des productions de nourriture en quantité suffisante. Quelques outils, peu ou pas de machines mais un savoir-faire sans doute ancestral permettent la réalisation de beaux objets décoratifs ou utilitaires toujours en usage. Ce que nous avons pu voir dans le domaine agricole et artisanal nous fait supposer que l’économie de ce pays a des ressources matérielles et humaines abondantes et prometteuses, mais sans doute en raison de prélèvements du gouvernement sur les productions, système d’impôts qu’on ne nous a guère expliqué, les Birmans qui les produisent paraissent n’en goûter que bien peu les fruits.


Galerie

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  • Marbrier

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