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Libralisme et capitalisme

Les vrits qui drangent

jeudi 13 février 2014 par Jean-Franois

Comte rendu d’un dbat organis par la "Villa Gillet", Lyon, dans le cadre du cycle "Les vrits qui drangent".
Ce dbat "Capitalisme et libralisme, un tat des lieux", avait pour objet de questionner la rationalit de notre systme conomique, peut-on lui donner foi, faut-il chercher le rguler ou le transformer ?
Un dbat anim par Sylvain Bourmeau (journaliste Libration) avec trois intervenants : Pierre Larrouturou (conomiste), Joseph Vogl (enseignant l’universit Humboldt de Berlin), Jean-Claude Volot (conomiste et chef d’entreprises).

Remarques pralables

- Dans l’article, certains mots sont souligns. En les survolant doucement avec la souris on fait apparatre une petite bulle d’information complmentaire, comme ici. Et pour agrandir une photo ou un schma, il faut cliquer dessus.
- J’ai indiqu quelques sources d’informations externes pour tayer (ou relativiser) certains propos des intervenants. Elles apparaissent en retrait, prcdes d’un chevron ; de mme certaines remarques personnelles.
- Attention, c’est un article assez technique (j’ai dit "technique", j’ai pas dit "emm..." !). Quand mme, accrochez vous aux branches.

1- Les points de vue exprims

1.1- Joseph Vogl

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Joseph Vogl

Il enseigne les lettres modernes l’universit Humboldt de Berlin. Dans son seul livre paru en France, Le Spectre du Capital (Diaphanes, 2013), Joseph Vogl interroge le systme capitaliste, ses modes de fonctionnement, la manire dont il se perptue.

Il propose quatre thmes de rflexion

  • Le pouvoir de la finance se dveloppe dans une zone grise, entre le pouvoir politique et le pouvoir conomique.
  • Lorsqu’elle doit agir dans l’urgence et pour rsoudre certaines crises, l’UE (Union Europenne) fait appel des instances (BCE, Troka, ...) qui n’ont pas de statut officiel pour le faire et fonctionnent sans lgitimit dmocratique.
  • L’UE connait un dficit de gouvernance : en cas de crise, elle agit sous la pression des marchs et sans vritable contrle politique. D’une certaine faon c’est un coup d’Etat permanent.
  • On assiste une financiarisation de l’Etat de droit. Les banques centrales nationales jouaient auparavant un rle de supervision de la finance, sous contrle des Etats. Ce rle n’a pas t repris par la BCE.

    JF Ce n’est pas tout fait vrai. Depuis la rcente mise en place de l’Union Bancaire, la supervision des principales banques europennes (130) a t confie la BCE.

Deux remarques complmentaires de J. Vogl :

  • On assiste une prise de pouvoir de la BCE dans la zone euro.
  • Depuis les annes 70 et la drgulation de la finance voulue par les no-libraux, le monopole de gestion de l’argent, de la production des liquidits s’est dplac des banques centrales vers les banques prives.

    JF Ce n’est vrai que dans la zone euro, o la BCE n’a pas le droit de prter directement aux Etats (c’est dire racheter de la dette souveraine mise par un Etat). Si elle le faisait, les taux ne seraient pas fixs par les marchs financiers. Par contre, les risques en dernier ressort reviendraient aux principaux actionnaires de la BCE, c’est dire essentiellement l’Allemagne (et la France). La BCE contourne partiellement cette interdiction en rachetant massivement de la dette souveraine sur le march secondaire.

1.2- Pierre Larrouturou

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Pierre Larrouturou

Homme politique, conomiste et conseiller rgional d’le-de-France. Il a contribu la cration de la loi Robien (amnagement du temps de travail en1996). Auteur avec Michel Rocard de La gauche n’a plus droit l’erreur (2013).

1. Le constat

  • En matire conomique et sociale, le pire est devant nous, avec le dveloppement du chmage et la perte de comptitivit des entreprises.
  • En matire financire, aucun enseignement n’a vraiment t tir de la crise de 2007, et on peut trs bien avoir une crise systmique, malgr les discours rassurants des dirigeants politiques, notamment en France.
    Il faudrait instituer une vraie sparation des activits bancaires : gestion des dpts et prts d’une part, gestion d’actifs et pour comptes propres d’autre part.
    Cela a t fait de faon beaucoup plus timide en France que dans les autres pays europens (Allemagne, Royaume Uni, ...) et mme aux USA. Et ce quoiqu’en dise le ministre actuel de l’conomie !

    JF En France, la Loi de sparation des activits bancaires ne va toucher qu’environ 4% des activits spculatives des banques. De plus, la sparation est cense rendre plus tanches les activits bancaires. Mais, que se passera-t-il si la filiale qui gre la spculation pour compte propre fait faillite et engendre de lourdes pertes pour la maison mre ?

  • On est face une vraie crise du libralisme et on court la catastrophe si on ne change pas radicalement de modle conomique :
    La bonne sant annonce pour certains pays soi-disant en plein boom conomique est en fait un trompe l’œil :
    • En Allemagne, la croissance du PIB par tte a t de 0% en 2013. L’volution du PIB aurait t ngative si l’Allemagne n’avait pas accept une immigration massive.
    • Aux USA, le taux d’activit s’est effondr, et le problme du chmage subsiste, malgr une baisse apparente.

      (La tribune, mars 2013) Le taux de chmage du pays est tomb son niveau le plus faible depuis dcembre 2008, selon le rapport officiel sur la situation de l’emploi. Mais sur plusieurs mois, le nombre de demandeurs d’emplois, lui, ne diminue pas vraiment reconnat le gouvernement.
      JF Cette diminution semble de aux chmeurs dcourags de trouver un emploi et qui ne s’inscrivent plus au chmage.

    • En Chine la bulle immobilire devient trs proccupante et peut clater (comme a a t le cas en Espagne), avec toutes les consquences sur l’activit conomique. Le risque serait alors que l’Etat chinois utilise ses formidables rserves de liquidits pour relancer l’conomie par les industries militaires.

2. les analyses

La crise n’est pas d’origine financire, elle est due au chmage de masse :

  • Le chmage entrane un dsquilibre de la ngociation salariale. La part des salaires diminue dans le PIB au profit d’une augmentation des dividendes.
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    L’volution des salaires
  • Ces revenus ne vont pas l’investissement ou la RD (Recherche et Dveloppement), mais la spculation sur les marchs financiers. Et ce d’autant plus que la drgulation mise en oeuvre par Thatcher/Reagan, sous l’influence des no-libraux, a permis le dveloppement de nouveaux produits financiers avec des rendements extravagants.
  • La baisse de la consommation (et donc de la production) a t vite en distribuant par la dette ce qui ne pouvait plus tre fourni par les salaires.
  • La croissance de la dette devenant insoutenable, la crise financire s’est installe.

3. Les solutions

Pour P. Larrouturou, les rponses seraient donc les suivantes :

  • S’attaquer frontalement au problme du chmage. Dans son livre La gauche n’a plus droit l’erreur, P. Larrouturou prne la rpartition du travail avec la semaine de 4 jours. Les plus bas salaires seraient maintenus, les autres rengocis entreprise par entreprise.
  • Revenir une rgulation des marchs financiers, afin de contenir leurs excs et le dveloppement des produits drivs auxquels plus personne ne comprend rien !

1.3- Jean-Claude Volot

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Jean-Claude Volot

Chef d’entreprises, il a occup la fonction de Mdiateur national des relations inter-entreprises, puis de Commissaire gnral l’internationalisation des PME et ETI et d’expert auprs du Commissariat gnral l’investissement. Depuis juillet 2013, il a t vice-prsident du MEDEF en charge de l’internationalisation des entreprises (poste dont il a rcemment dmissionn)

Tout en admettant le bien fond des analyses de P. Larrouturou, JC Volot ne veut pas se placer sur ce terrain macro-conomique et veut s’exprimer en tant que chef d’entreprise, soumis au quotidien la dictature du compte d’exploitation.

Pour lui, l’entrepreneur est co-responsable de la situation sociale et ne doit pas se dfausser de cette responsabilit, ds lors que l’Etat cre un environnement lgislatif et rglementaire favorable et stable.

JF C’est suite un dsaccord sur cette co-responsabilit que JC Volot aurait dmissionn de son poste de vice-prsident du Medef.


Par ailleurs les chefs d’entreprise doivent renoncer cette schizophrnie selon laquelle ils demandent l’Etat une libert totale, tout en lui rclamant des subventions.

JC Volot constate cinq volutions importantes dans le fonctionnement des entreprises :

  • Un meilleur partage du capital et des dcisions dans l’entreprise : actionnariat des salaris, reprsentation dans les conseils d’administration, revendication des salaris pour participer aux choix stratgiques.
  • La multiplicit des modes de gestion des entreprises, depuis le statut d’auto-entrepreneur jusqu’ la financiarisation du capital (proprit du capital par des fonds d’investissement...)
  • L’volution des modes de management, avec une diminution du management vertical, au profit du management horizontal ou en rseau.
  • Le manque de comprhension des hommes politiques et des syndicats (avec une exception pour la CFDT) quant aux effets pervers des dcisions prises : en favorisant les salaris ayant un emploi (hausse des salaires par exemple) on contribue dvelopper le chmage.

    JF C’est vrai dans la mesure o la hausse des salaires diminue la comptitivit, notamment dans les entreprises soumises la concurrence internationale. Mais la hausse des salaires (ou des prestations sociales) est aussi favorable la consommation, donc la production et l’emploi, sous rserve du patriotisme national cher Montebourg ou Bayrou


    JC Volot apparat partisan de la mthode Schrder en Allemagne : mieux vaut une somme de petits boulots mal pays que le chmage.

  • On n’a pas encore pris la mesure des formidables volutions venir avec l’explosion du numrique :
    • Concentration du capital dans ce secteur.
    • Considrables gains de productivit (dans la banque, le commerce, ...).
    • Dveloppement catastrophique du chmage induit par ces gains de productvit.
      En ce sens et, paradoxalement, il rejoint P. Larrouturou sur l’envole du chmage et la ncessit de partager le travail.

2- Rponses aux questions de Sylvain Bourmeau

S. Bourmeau est directeur adjoint de la rdaction de Libration et producteur de La suite dans les ides sur France Culture.

2.1- Comment voyez-vous le march du travail en Allemagne ?

J. Vogl

  • La politique de Schrder et de Hartz a ruin la social-dmocratie et a t la cause de la non-rlection de Schrder.
  • La pauvret s’est dveloppe avec l’apparition des "petits boulots" trs mal pays.
  • Certes la rduction des salaires a amlior la productivit des entreprises et favoris les exportations, mais l’Allemagne a besoin de pays europens suffisamment riches pour acheter ses produits, et une gnralisation des politiques d’austrit n’est pas viable en Europe, y compris terme pour l’Allemagne.

    (AFP 09/12/2013) La vigueur des exportations allemandes a t ces dernires semaines fortement montre du doigt la fois par les Etats-Unis et par Bruxelles, qui a ouvert une enqute sur le sujet la mi-novembre, ces dtracteurs soulignant un effet nfaste pour l’conomie europenne, voire mondiale, du succs l’tranger des produits allemands, alors que le pays ne consommerait pas assez les fabrications de ses voisins.

JC Volot

  • On dirait que les Allemands culpabilisent de leur russite. La mise en place d’un smic allemand va rquilibrer les situations.
  • En France, la mise en place des 35 heures a conduit les entreprises ne pas faire de modration salariale (et les chefs d’entreprise en portent la responsabilit), et de ce fait accrotre le chmage.

    JF Il me semble que les 35 heures ont t mises en place dans les entreprises avec une modration salariale. Globalement les salaires moyens ont certes progress (plutt moins sur les dernires annes), mais je ne vois pas pourquoi ce serait d aux 35 heures. A noter que la hausse du salaire moyen est surtout due celle des hauts salaires (comparaison des salaires pour les 10% de la population la moins rmunre et les 10% la mieux rmunre).

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    Evolution des salaires en France
    Source Insee


    Pour JC Volot, la dure du travail doit tre ngocie au niveau des entreprises et non pas au niveau national, mais videmment dans le cadre d’une rgulation du march du travail.

P. Larrouturou

  • En Allemagne, les plus bas salaires se situent 240€ par mois, ce n’est pas supportable. Certes le pays exporte, mais a ne peut durer que si les autres pays, en particulier europens, ont les moyens de consommer les produits allemands.
  • En France, la mise en place unilatrale des 35 heures a tu toute tentative europenne de mettre en place une politique commune de rduction du temps de travail.
    De plus, la France, lors de la cohabitation Chirac-Jospin, n’a jamais voulu rpondre aux demandes allemandes de passer une Union politique et dmocratique, dont on voit bien a quel point elle manque actuellement.

2.2- Quelle analyse faites-vous de l’volution des entreprises ?

JC Volot

  • Il y a une multitude de situations des entreprises. La France compte environ 3,5 millions d’entreprises, dont 2,5 millions avec avec zro salari, et prs de 1 million avec mois de 10 salaris.
  • Sur cette masse, seulement 18.000 entreprises exportent et font vraiment de la RD. Les entrepreneurs franais sont particulirement timors cet gard, et les taux d’investissement et de RD sont dsolants (sauf dans les 18.000, qui travaillent trs bien).
  • Il manque en France un tissu de PME entreprenantes et exportatrices (comme en Allemagne), mais c’est aussi une consquence du fonctionnement des grands groupes issus des politiques industrielles antrieures (dans les domaines du transport, de la sant, de l’nergie...). Ces grandes entreprises exploitent leurs sous-traitants qui n’ont plus de marges suffisantes pour investir, et : Sous les grands chnes ne poussent que des glands...
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    Nombre d’entreprises exportatrices

J. Vogl

On voit en fait deux sortes d’entreprises :

  • Celles qui rinvestissent une part de leurs bnfices pour renouveler l’outil de travail ou faire de la RD.
  • Celles qui placent leurs liquidits sur les marchs financiers, en considrant que les rendements y sont plus intressants que dans la production de biens ou services.
    En fait ces entreprises font un mtier de banquier, sans vision entrepreneuriale et sans vise sociale.

2.3- Les charges sociales peuvent-elles baisser ?

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Et un peu de croissance ?

JC Volot

  • En France, le taux de charges est au total d’environ 1,85. C’est dire que lorsqu’un salari touche 1000, l’entreprise verse 1850.
    On peut envisager d’autres sources de financement que la contribution des entreprises mais, globalement, les masses collecter n’ont aucune chance de diminuer, compte tenu de :
    • L’impossibilit de revenir un taux de croissance suffisant,
    • La ncessit de financer le chmage.

P. Larrouturou

  • La baisse de la protection sociale n’est pas une rponse la crise : Aux USA, il n’y a pas de charges sociales, et pourtant le taux d’activit s’effondre.
  • De mme les politiques montaires laxistes n’apportent rien : cf les situations aux USA et surtout au Japon. Au Japon, depuis 20 ans et malgr des injections montaires massives par la Banque Centrale, le pays n’arrive pas sortir de la dflation.
  • Par contre, la protection sociale peut tre finance par des conomies dans d’autres domaines : la sant (la France est le plus gros consommateur mondial de mdicaments), le fonctionnement administratif territorial (pourquoi maintenir des Conseils Gnraux ?).

3- Conclusions personnelles

J’ai regrett qu’il n’y ait pas eu un dbat plus direct entre Larrouturou et Volot, qui aurait permis de mieux comprendre leurs divergences (et certains consensus) et de reprer ventuellement les faiblesses de leurs argumentaires.
Faute de ce dbat, j’en suis donc rduit ces remarques personnelles, qui n’engagent que moi !

- Rpartition des revenus capital/travail

Une bonne part de l’argumentaire de Larrouturou repose sur l’volution compare des salaires et de dividendes :

  • les actionnaires ayant ponctionn une partie du PIB au profit de la spculation
  • et au dtriment des salaires, de l’investissement productif et de l’Etat.

Volot n’est pas rentr dans ce dbat, tout en soulignant l’investissement insuffisant des PME et des TPI
Pour essayer d’y voir plus clair, je suis all voir les travaux de Thomas Piketty, l’conomiste qui a le plus travaill sur ce sujet.

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La rpartition capital-travail en France

Qu’en rsulte-t-il ?

  • sur trs longue priode, on constate une assez grande stabilit de cette rpartition revenus du capital/revenus du travail.
  • Par contre et depuis les annes 80, on constate effectivement que les revenus du travail s’rodent au profit de ceux du capital, ce qui donnerait plutt raison Larrouturou.

- Relation franco-allemande et fdralisme

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Evolution des relations franco-allemandes
  • On peut certes s’interroger sur la stratgie de l’Allemagne dans l’conomie europenne :
    • Cavalier seul en matire d’exportation. L’exportation allemande est certes brillante mais ses performances sont aussi obtenues grce aux cigales (France et pays du sud) qui s’endettent pour consommer et peuvent ainsi acheter les produits allemands. Si tous les pays de la zone euro tombent en rcession, l’Allemagne pourra-t-elle reconvertir vers le reste du monde les 63% de ses exportations qui vont vers l’Europe ?
    • Retard l’allumage pour la solidarit financire, notamment l’gard de la Grce.
    • Refus d’un assouplissement des rgles de la BCE, alors mme qu’avec des politiques d’austrit gnralises, l’Europe court la dflation en Europe.

      La dflation conduit une paralysie de l’conomie : pourquoi acheter aujourd’hui si demain les prix baissent ? Les entreprises n’investissent plus et se dbarrassent de leurs stocks, accentuant la baisse des prix. Depuis 30 ans et malgr des injections massives de liquidits, le Japon n’arrive pas se sortir de cette spirale dflationniste. Pour viter d’y tomber, de plus en plus d’conomistes demandent que les pouvoirs publics europens se substituent une demande en panne en lanant des grands projets (transition nergtique, transports, interconnexion des rseaux lectriques...). Cela suppose que la BCE soit en mesure de les financer, par l’emprunt ou la cration montaire.

  • Mais on doit aussi s’interroger sur les occasions manques par la France lorsque l’Allemagne lui proposait d’avancer sur la voie du fdralisme :
    • Proposition de Wolfgang Schable en 1994

      En 1994 le trs francophile dput Karl Lamers signe, avec Wolfgang Schuble, un document proposant la France une intgration politique plus pousse au sein de l’Europe. L’initiative ttanisa la classe politique franaise, qui ne lui donna aucune rponse (cohabitation Mitterrand-Balladur).

    • Proposition de Joshka Fischer en 2000.

      Dans son discours prononc le 12 mai 2000 l’Universit Humboldt de Berlin, Joschka Fischer demande le passage de la Confdration de l’Union une Fdration europenne ; et cela avec un parlement et un gouvernement europens qui exerceraient effectivement le pouvoir lgislatif et le pouvoir excutif au sein de la Fdration. L encore il n’y eut aucune rponse franaise (cohabitation Chirac-Jospin)

Quand est-ce que les politiques franais (de gauche ou de droite) oseront aborder la question du fdralisme (ventuellement limit certains pays) et engageront la pdagogie et les dbats ncessaires ?
Pas demain la veille si, comme disait Rocard sur la rforme des retraites, il y a l de quoi faire tomber dix gouvernements !

- Innovation et exportation

J’ai trouv trs intressante la remarque de Volot sur le manque d’investissement des PME et ETI en matire de RD, et sur le cot prdateur des grands groupes l’gard de leurs sous-traitants ( la diffrence de l’Allemagne).

Cela pose tout le problme de la nouvelle stratgie de l’offre voulue par F. Hollande (si toutefois elle ne se rduit pas une tactique destine seulement renforcer la zizanie droite).
Est-ce que les apports financiers de l’Etat : allgement de charges, CICE (Crdit Impt Comptitivit Emploi) iront en priorit aux PME (ce qui serait favorable l’emploi, mais non l’export), ou aux entreprises intermdiaires (ce qui serait favorable la RD et l’export mais moins l’emploi), voire aux grands groupes (mais en ont-ils besoin ?).

- Transition nergtique

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Gaz de schistes

Mon grand regret lors du dbat est que ce thme n’ait t pratiquement pas t abord, sauf marginalement la fin en rponse une question de la salle.

Les intervenants m’ont paru d’accord sur un constat : on ne connatra plus de croissance importante dans le cadre du modle conomique actuel :

  • soit parce que les principaux besoins dans les pays dvelopps sont globalement satisfaits,
  • soit par la rarfaction des ressources primaires (encore que ce ne soit plus aussi vident pour l’nergie, avec le boom des gaz et ptroles de schistes aux USA, au grand dam du climat !).

Faute de croissance, la rsorption du chmage ne peut vraiment venir, me semble-t-il, que d’un renouvellement important de la pense conomique. Donner une vraie priorit la transition nergtique pourrait entrer dans cette catgorie.

Mais comme disait l’autre, ceci est une autre histoire. Et je ne l’aborderai pas plus dans cette conclusion que les intervenants dans leur dbat. Reprenant Rocard et Herg, je dirai mme plus : il y a l matire 10 autres articles... Auxquels vous chapperez peut-tre !

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