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Expression libre

Les pans de chemise Les pans de chemise

samedi 14 janvier 2006 par Myriam

Il y a 6 messages en réponse à cet article.

Billet l’usage des conjoints, frres, sœurs, fils, neveux, nices qui supportent des enseignants... et qui ont vu le film "Ouragan sur le Caine"

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Ouragan sur le Caine

Quand je m’acharne sur des lves qui arrivent en retard, ont fait la moiti du travail, oubli leur carnet, changent de place sans que je les y autorise, se tiennent avachis sur leur chaise, parlent entre eux dans leur idiome.... et que des bouffes de chaleur me montent au visage je me dis attention au syndrome des "Pans de chemise".
Le problme c’est que je voudrais bien tre le "premier commandant" aim de ses hommes et en obtenant le maximum, mais je voudrais aussi que la tenue soit impeccable et qu’on m’obisse au doigt et œil, que tout soit irrprochable au yeux extrieurs. Et l je sens que la folie me guette.

Un minent psychiatre lors d’une confrence des enseignants (dont j’tais) disait reprenant Winicott,- il n’y a rien de pire pour un enfant qu’une mre qui veut tre irrprochable, si les mres acceptaient seulement d’tre des mres "acceptables"-. Si les enseignants acceptaient d’tre des enseignants "acceptables".

Mais peut-on tre seulement "acceptable" quand on demande aux lves d’tre...irrprochables ?

Myriam


Messages

  • La solution ne serait-elle pas incluse dans la question ? Et si on demandait aux lves d’tre seulement acceptables eux-aussi ?
    Bravo pour ton article Mimi mais peux-tu m’expliquer ce que veut dire le syndrome "pans de chemise" ?

    • Eh, Midship, les pans de chemise flottants au vent, que le premier commandant (bon marin mais laxiste) acceptait (sans d’ailleurs s’en proccuper) et que Bogart ne pouvait supporter, a ne te rappelle rien ?

    • Répondre à ce message (29)
    • Je me permets d’apporter cette modeste contribution au dbat lanc par Mimi (et qui fait suite une revue attentive de Ouragan sur le Caine , scotchs que nous tions devant le poste !).
      Je suis d’accord avec Jacqueline, la bonne rponse est videmment d’accepter d’avoir seulement des lves acceptables. D’ailleurs le bon commandant est videmment le premier, qui accepte certes les pans de chemise flottants de ses matelots (que j’imagine avachis sur le gaillard d’avant et parlant entre eux dans leur idiome !), mais que l’on sait excellent marin, aim de son quipage (Ah cette montre ...), faisant confiance et sachant donner des responsabilits (cette dernire manuvre d’appareillage : vous le soin ...).
      Mais alors, pourquoi cette tentation de l’irrprochable incarne par Bogart jusqu’ la folie (clic clac clac font les billes) ? On peut y voir bien des raisons, j’en propose deux (qui n’en font d’ailleurs qu’une) :
      - La crainte (srement justifie) de se faire dborder par des matelots-lves moins qu’acceptables.
      - L’impossibilit de savoir o finit le pan de chemise et o commence l’ouragan (si je peux me permettre cette mtaphore hardie) ou plus prcisment : que peut-on accepter et quand doit-on devenir intransigeant.

      Mais tout ceci ne doit pas occulter une autre thse, peine suggre la fin du film : Bogart a aussi t un bon marin (tient bon la barre, matelot, Hisse et Ho !) et c’est la duret du mtier qui l’a fait sombrer (le stress, la solitude du gardien de but la passerelle de son navire ... Euh non, l je m’gare).
      La faute au mtier ? Je propose une autre interprtation : la faute l’institution, (la Marine, bien sr, pas l’EN !) qui a valoris le respect de la Rgle au dtriment de l’acceptable ; ou, pire, qui n’a pas su expliquer ses Midship comment se sentir l’aise dans l’acceptable, faire avec et en matriser les ventuels dbordements.

      Mais ceci est une autre histoire, il nous reste 999 nuits pour en dbattre.

    • Répondre à ce message (30)



    Répondre au message 28 du 15 janvier 2006, 13:09, par Jacqueline


  • j’ai pris beaucoup de plaisir lire les rponses mon article et comme chacun sait que le moteur de tout tre humain c’est le plaisir, Jean-Franois peut esprer voir son site prosprer...

    rponse Jacqueline :
    c’est trs difficile, il me semble que l’institution nous demande toujours des ples d’excellence... et que notre surmoi qui est la seule chose qui nous fait bosser, en demande toujours plus...

    rponse J-F
    rponse point par point
    - est-on vraiment sr que le bon commandant est le premier ? il me semble que toi-mme en mer tu es bien "tatillon" sur l’ordre et la propret...raisons de scurit ?!? (entre le pan de chemise et l’ouragan...?)

    j’ai bien aim "les marins avachis sur le pont et parlant dans leur idiome."

    d’autres raisons de tentation de l’irrprochable :
    est-ce que l’institution n’a pas tendance nous juger sur l’aspect ? tenue du cahier de texte silence dans la classe, discipline...et non intrt des lves, du
    contenu pdagogique...plus difficile apprcier...

    "faisant confiance et donnant des responsabilits" c’est le contraire de l’EN qui nous infantilise...

    P.S.qu’est-ce que c’est qu’un(e) Midship ?

    • Je persiste pour le "bon" marin, qui me parat l’vidence tre le premier (avoue quand mme que Bogart, dans l’ouragan, ...) ; et je ne prtends pas, hlas, tre de la trempe de ces "bons" marins, qui matrisent suffisamment pour ne s’attacher qu’ l’essentiel (mais il est vrai que l’ordre et la propret sont proches de cet essentiel : chaque chose sa place, plutt que rechercher les jumelles dans le quatrime tiroir o elles n’auraient jamais dues tre !)
      A dfaut de "bon" marin, je me contenterais du qualitatif "d’amateur" (au sens de celui qui aime ...).

      Quant au midship, c’est un officier (ou lve officier ?) dans la marine anglaise ou amricaine.

    • Répondre à ce message (34)
    • C’est vrai que a devient difficile avec l’ge : rappelle-toi qu’on se contentait beaucoup mieux de l’acceptable quand nous nous sommes connues (en tout cas, pour ce qui me concerne). Je ne suis pas sre que cette exigence vienne de l’institution. Car,comme tu le dis toi-mme, que demande cette dernire en fin de compte ? Que a "fontionne"...on est donc un bon fontionnaire si on se contente de l’acceptable (et pas forcment meilleur si on se torture en ressassant un cours qui n’a pas march ou si on se creuse la cervelle pour trouver des ides originales pour faire bosser les lves...). Donc, mon avis, l’institution est un faux prtexte pour expliquer le fameux symptme.
      Tu parles aussi du "surmoi"...un autre terme pour dsigner l’ide, l’image que nous nous faisons du "bon prof" ? Ma "conscience professionnelle" serait le moyen d’avoir une bonne image de moi-mme. Sans doute. Mais pourquoi ce maudit surmoi en demanderait-il toujours plus ? Moi, je ne crois pas qu’il en demande toujours plus mais je pense qu’il accepte moins les faux-semblants. Notre mtier, plus qu’un autre peut-tre, a cette particularit de nous renvoyer sans cesse nous-mme , l o a fait mal. Quand on a vraiment touch du doigt l o a fait mal, les choses s’clairent et parfois les syndromes disparaissent.

    • Répondre à ce message (35)



    Répondre au message 32 du 16 janvier 2006, 18:14


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