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Ce qui nous attend (2/2) Ce qui nous attend (2/2)

Deuxime article, consacr la mondialisation

mercredi 13 mai 2020 par Jean-Franois

Il y a 11 messages en réponse à cet article.

Mon prcdent article "Ce qui nous attend (1/2)" tait consacr la relance de l’conomie. Je voudrais aborder dans ce deuxime article (2/2) la mondialisation, en en regardant les consquences mais aussi les conditions pour qu’une re-localisation se passe dans des conditions acceptables

La mondialisation, qu’est-ce que a recouvre ?

Wikipedia dfinit la mondialisation comme la libre circulation des marchandises, des capitaux, des services, des personnes, des techniques et de l’information. Je ne vais analyser que les deux points suivants :
- La mondialisation des productions industrielles.
- La mondialisation des productions agricoles.

1. La mondialisation des productions industrielles

Pour maximiser leurs profits, les entreprises ont int ?r ?t ? faire produire dans les pays o ? les co ?ts de production sont les plus faibles, et notamment les co ?ts de main d’oeuvre. Les entreprises du monde entier ont ainsi fait produire en Chine.
A noter que cette d ?localisation des productions ? l’autre bout du monde n’a ?t ? int ?ressante que gr ?ce au co ?t ridiculement faible des transports maritimes, une aberration ?cologique.

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La valse mondiale des productions

Cette d ?localisation s’est ensuite accentu ?e avec l’ ?clatement de ce qu’on appelle les ?cha ?nes de valeur ? : la conception d’un produit, sa production, son marketing... sont r ?partis dans les pays o ? ?a co ?te le moins : conception d’une robe en Italie, fabrication du fil de coton en Turquie, confection au Bangladesh, etc.

Derni ?re optimisation : supprimer les stocks interm ?diaires. C’est le "juste ? temps" : chaque sous-produit est livr ? ? l’assembleur au dernier moment. C’est tr ?s rentable si tout marche bien. Sinon, toute la production de l’entreprise est bloqu ?e !

2. La mondialisation des productions agricoles

Pendant des d ?cennies, les productions agricoles visaient ? r ?pondre aux besoins alimentaires des populations locales. Cette organisation n’ ?tait certes pas optimale, l’histoire ?tant ?maill ?e de famines dues aux al ?as climatiques, ? l’ ?puisement des terres, aux guerres r ?gionales...
Au XIX ?me si ?cle, une r ?organisation de l’agriculture a ?t ? mise en oeuvre. Malheureusement, elle n’a pas ?t ? faite pour r ?gler les probl ?mes ci-dessus, mais pour maximiser les profits agricoles, en sp ?cialisant les productions par zones : le riz en Chine et en Orient, le coton en Turquie, le bl ? aux Etats-Unis et en France, etc. Une organisation favorisant la sp ?culation sur les stocks, avec les risques que cela entra ?ne : lors de la crise alimentaire de 2008, le prix du riz a doubl ? en Afrique de l’Ouest.

Les besoins alimentaires de la Chine, li ?s au d ?veloppement de sa classe interm ?diaire, ont ?galement eu des effets n ?gatifs :
- Achat de terres cultivables en Afrique et r ?affectation des cultures pour r ?pondre aux besoins chinois et non aux besoins d’alimentation locaux.
- Importations massives de porcs entra ?nant une industrialisation de l’ ?levage porcin. En Bretagne, par exemple, l’ ?pandage des lisiers pollue les rivi ?res et les nappes phr ?atiques, d ?veloppe les algues vertes et d ?truit les r ?serves halieutiques.

Quelles sont les cons ?quences de cette mondialisation industrielle et agricole ?

  • Il faut reconna ?tre des aspects positifs
    • Les pays ? bas co ?ts ont pu fournir du travail ? leur population, la sortant, un peu, de la mis ?re (exemple du Bangladesh).
    • Quelques pays en "voie de d ?veloppement" ont su profiter de ce syst ?me pour investir dans l’enseignement, acqu ?rir des comp ?tences propres et finalement "damer le pion" ? leurs commanditaires : la Chine, ?videmment, en passe de devenir le premier acteur ?conomique mondial, l’Inde, aussi, dans le secteur des services.
    • Les pays d ?velopp ?s ont globalement b ?n ?fici ? d’une baisse de co ?t des produits industriels : voitures, ?lectrom ?nager, ?lectronique... Et d’une baisse des produits issus de l’agriculture.
  • Mais les effets n ?gatifs sont flagrants et pour certains catastrophiques
    • Dans le domaine de l’ ?nergie, les Etats europ ?ens n’ont pas soutenu leurs entreprises innovantes (par exemple en leur garantissant des commandes publiques)
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      Culture de subsistance en Afrique

      et des secteurs essentiels ont ainsi disparu : les panneaux solaires maintenant fabriqu ?s en Chine, les ?oliennes, les batteries au lithium, etc.

    • Dans le domaine industriel, les d ?-localisations en Chine ou en Europe de l’Est ont entra ?n ? des pertes d’emploi : en 10 ans, l’industrie fran ?aise a perdu plus de 500.000 emplois industriels.
    • Dans le domaine agricole, la mondialisation a mis en p ?ril les cultures de subsistance n ?cessaires ? la survie de populations fragiles, notamment en Afrique.
    • Surtout, dans le domaine de la sant ?, la d ?-localisation en Chine de nos productions strat ?giques a contribu ? ? la catastrophe actuelle : insuffisance des masques de protection, des produits de tests, des respirateurs...

Quelles re-localisations faut-il envisager ?

Pour ma part, je vois trois priorit ?s :

  • Le stockage et si possible la production en France (? d ?faut en Europe) des produits indispensables ? notre sant ? : masques, produits de tests, respirateurs, vaccins, produits d’anesth ?sie...
  • La production des ?l ?ments n ?cessaires ? notre s ?curit ? ?nerg ?tique. Ca suppose de reconstituer, au moins au niveau europ ?en, les fili ?res qu’on a laiss ? d ?p ?rir, panneaux solaires, ?oliennes terrestres et maritimes, hydroliennes, moyens de stockage de l’ ?nergie...
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    Garantir nos sources d’nergie

    Il faut aussi une information transparente et un d ?bat sur les co ?ts r ?els de l’ ?nergie nucl ?aire (y compris la s ?curisation des centrales et le d ?mant ?lement), compar ?s aux co ?ts des ?nergies renouvelables (y compris les co ?ts de stockage et de prise en compte de l’intermittence).

  • Le maintien des productions agricoles locales n ?cessaires ? notre s ?curit ? alimentaire. Il faut soutenir les agriculteurs (une population vieillissante), face au risque de mainmise capitalistique et de sp ?cialisation des productions en vue de l’exportation. Cela suppose de d ?velopper la rentabilit ? des fermes, trop d ?pendantes des ?nergies fossiles et des intrants chimiques, de soutenir l’agriculture biologique, de d ?velopper les circuits courts de distribution (AMAP...). Cela suppose aussi de d ?velopper une recherche (technique et ?conomique) visant ? rendre l’agriculture biologique efficace et r ?mun ?ratrice.

Quelles seront les cons ?quences ?conomiques et comportementales de cette re-localisation ?

Re-localiser des productions devrait avoir des effets positifs en termes d’emploi (sous r ?serve de salaires suffisamment attractifs). Mais ne nous leurrons pas : re-localiser en France va avoir deux cons ?quences difficiles ? faire accepter : :

  • Une hausse du prix des produits de consommation.
  • Une moindre disponibilit ? de certains produits, notamment agricoles.
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Souvenirs, souvenirs...

En fait, la re-localisation va nous forcer ? retrouver un type de consommation que nos parents (nos grands-parents, pour les plus jeunes) ont connu au sortir de la guerre : produits en vrac, pas de produits exotiques transport ?s par avion, pas de fruits ou l ?gumes hors saison, voitures moins consommatrices et aussi moins confortables (la clim...), restrictions des voyages en avion, etc.

Il peut s’en suivre une consommation certes r ?duite, mais aussi mieux cibl ?e, plus durable et capable de soutenir notre ?conomie. On peut avoir aussi une consommation bloqu ?e au profit d’une th ?saurisation dict ?e par la peur de l’avenir, avec le risque d’une r ?cession durable de notre ?conomie (Bruno Lemaire a exprim ? cette crainte).
Pour ?viter cet encha ?nement, il nous faudra retrouver la confiance (le point faible de nos concitoyens), ce qui suppose une grande transparence dans les choix de d ?veloppement qui seront faits. C’est tout un nouveau mod ?le ?conomique et social qu’il va nous falloir concevoir collectivement, accepter et mettre en oeuvre.

La condition : r ?duction des in ?galit ?s et justice sociale

La crise de 2008, l’aust ?rit ? qui s’en est suivi, les contraintes ?cologiques, les erreurs politiques effectives ou per ?ues (le Pr ?sident des riches...)... ont mis en ?vidence nos in ?galit ?s sociales. La concentration des richesses constitue maintenant un vrai d ?fi pour la coh ?sion sociale. Il va devenir intol ?rable (et potentiellement explosif) que certains soient contraints ? une certaine mod ?ration et que d’autres aient les moyens financiers de s’en affranchir.

De nouveaux choix salariaux et fiscaux vont donc s’imposer :

  • Au niveau des salaires :
    • il va falloir mieux r ?mun ?rer celles et ceux qui sont en premi ?re ligne dans la crise sanitaire : tous les personnels soignants, bien s ?r, infirmi ?res, aides-soignants...
      Mais aussi les acteurs de seconde ligne dont on a vu ? quel point ils ?taient indispensables ? la bonne marche de notre soci ?t ? : caissi ?res, transporteurs, manutentionnaires, aides aux personnes ?g ?es...
    • Cela suppose de faire des choix dans la r ?partition des richesses produites par les entreprises, entre dividendes, investissement et salaires. Je pense que les syndicats doivent ?tre associ ?s ? ces choix, avec leur participation effective aux conseils d’administration des entreprises. On doit parier sur leur responsabilisation et leur conversion au r ?formisme, comme l’a fait l’Allemagne ? qui ?a n’a pas trop mal r ?ussi.

      La monnaie hlicoptre

      C’est une image invente par Milton Friedmann : un hlicoptre largue des milliers de dollars en billets depuis le ciel ! Plus srieusement, c’est un concept assez proche du revenu universel, propos par plusieurs conomistes (et Mario Draghi) : une banque centrale cre de la monnaie et la distribue directement aux citoyens.

    • Il faut peut- ?tre r ?-envisager le revenu universel (voir aussi la ?monnaie h ?licopt ?re ? dans l’encadr ? ci-contre). Il pr ?sente de nombreux avantages :
      - En ?tant automatique, sans condition de ressources, rempla ?ant et compl ?tant des aides pas toujours coh ?rentes, il ?chappe aux lourdeurs administratives de gestion de ces aides.
      - Il permet de toucher directement et facilement toutes les personnes qui en ont besoin, alors que 30% des aides actuelles ne sont pas demand ?es par leurs b ?n ?ficiaires (manque d’information, complexit ?).
      - Il pr ?sente peu d’effet d’aubaine pour les m ?nages ais ?s, l’aide ?tant reprise par l’imposition de leur derni ?re tranche d’imp ?t.
      - Ce surcro ?t de ressources doit permettre de relancer la consommation et de conforter la reprise ?conomique.
      - On pourrait craindre un effet d’assistanat avec par exemple une moindre propension ? chercher un emploi. C’est un risque ? courir sans doute marginal au regard des avantages.
  • au niveau fiscal. Les imp ?ts et taxes ont trois objectifs :
    - Fournir ? l’Etat ou aux collectivit ?s les ressources n ?cessaires ? leurs actions.
    - Assurer une certaine redistribution des richesses au sein de la population.
    - Orienter les comportements de tout ou partie de la population

Je n’ai aucune des comp ?tences requises pour envisager les r ?formes fiscales n ?cessaires dans ce nouveau monde qui serait le notre. Je peux tout au plus vous proposer quelques pistes de r ?flexions.

- L’Etat doit consacrer une r ?elle priorit ? ? la lutte contre les in ?galit ?s sociales. Cela fait partie du ?plus rien ne sera comme avant ?.
- Sans entrer dans une rh ?torique guerri ?re, la p ?riode me para ?t appeler des mesures fiscales hors normes, avec un imp ?t sur les revenus et les patrimoines fortement progressif (ainsi que Roosevelt avait su l’imposer apr ?s la crise de 29). Crier ? l’imp ?t confiscatoire me semblerait ind ?cent.
- Enfin, la trag ?die sanitaire que nous vivons ne doit pas occulter la crise environnementale et climatique dans laquelle on s’enfonce. Pour s’en tenir aux aspects fiscaux (il y en a bien d’autres), il faut taxer les ?missions de CO ?, en aidant ?videmment les populations les moins ais ?es ? r ?duire leurs consommations ?nerg ?tiques : isolation des logements, transports en commun, acquisition de voitures peu consommatrices, etc.

En r ?sum ?

  • Il n’est sans doute pas possible ni peut- ?tre souhaitable de remettre en cause la mondialisation dans laquelle nous vivons.
  • Par contre on peut la corriger partiellement, en relocalisant en France ou en Europe les productions industrielles et agricoles qui sont les plus strat ?giques pour notre avenir.
  • Cette re-localisation va entra ?ner une augmentation du prix de certains produits que nous consommons. A nous d’adopter une consommation ?quilibr ?e, respectueuse de l’environnement et privil ?giant nos productions locales.
  • La ligne de cr ?te est ?troite entre le retour d’une ?conomie d ?brid ?e et le pi ?ge de l’aust ?rit ?. Les conditions de l’ ?quilibre sont dans la transparence des choix et un effort consid ?rable de justice sociale et de r ?duction des in ?galit ?s.

Messages

  • Cet article me semble frapp au coin du bon sens ! D’aprs mes sources d’information (essentiellement France Culture, les Confrences du collge de France...) ce sont les mmes constatations pour arriver aux mmes conclusions.
    Sans faire une rponse construite, je vais me livrer diffrentes rflexions.
    - D’abord, la plus pessimiste. Je me pose la question du poids de la finance, des entreprises capitalistes, des actionnaires qui n’ont qu’un intrt : voir les profits augmenter par tous les moyens. Les individus qui sont derrire (y en a-t-il encore o sont-ce des algorithmes ? ) se disent qu’ils s’en sortiront toujours mme si les pandmies font rage et que la plante brle... Je me demande comment peser face ces gants...
    C’est sr que manger des pommes et des carottes jusqu’au mois de mai et acheter des chaussettes Bleu Fort ne pse pas bien lourd face cela (j’espre que vous suivez mon raccourci : il s’agit de consommer local...)

    - Bon ne nous laissons pas aller au pessimisme ! l’Union Europenne compte quand mme 446 millions de citoyens et 446 millions de consommateurs !! (on perd les 68 millions de la GB...)
    loin derrire la Chine et l’Inde mais devant les Etats-Unis. L’Europe me semble la bonne chelle...si nous devenons des citoyens informs et des consommateurs avertis. Le Portugal est bien plac pour le textile, l’Espagne pour les primeurs, l’Europe de l’Est pour l’automobile...(il faudra bien sr accepter de payer plus cher pour arriver harmoniser les salaires) ... et La France ? l’ingnierie ? les tlcommunications, l’aronautique (ae il faut rduire les vols ariens)...enfin on n’a pas de ptrole mais on a des ides !
    - sur le revenu universel, je suis trs partage. Je trouve que les aides actuelles ne fonctionnent pas si mal...Par exemple la CAF donne 942 Euros (famille avec 3 enfants (en primaire) :
    300 d’allocation familiale + 250 de complment familial+ 383 de prime d’activit. 330 d’allocation logement qui ramne le loyer en HLM environ 150. Je trouve ces aides pas si ngligeables.
    Avec un salaire au SMIC qui est 1185...cela permet une famille de vivre modestement. C’est ce que font les familles roumaines intgres que je connais. Maintenant que plusieurs papas ont du boulot dans le nettoyage, cela va nettement mieux pour eux.
    Je ne comprends pas le revenu universel pour tout le monde...sans contrepartie de travail.
    Par contre, je pense qu’il faut trouver des solutions pour les 18-25 ans au lieu d’un RSA automatique pour tous : des aides l’apprentissage, aux tudiants, au premier emploi, au logement...

    - Bon, sur ce, je vais faire mes courses chez les producteurs du march de la Croix Rousse et retrouver un peu de tissu pour me faire une petite robe d’t, je vais aussi chercher un vlo d’occasion...histoire d’allger la charge carbone de la plante.
    Soyons inventifs !

    • Salut Mimi,
      Merci pour le bon sens dont ferait preuve mon article, Madame est trop bonne ! Merci aussi de nous faire connatre les excellentes sources qui t’inspirent.

      Quelques remarques sur le fonds de ta rponse :
      - Nous sommes videmment d’accord sur ton pessimisme et le poids de la finance, sa capacit maintenir le "monde d’avant" etc., face nos capacits d’actions locales. Encore que la crise actuelle soit bien diffrente de la crise financire de 2008, et que certains acteurs conomiques et politiques soient maintenant conscients d’erreurs ne pas reproduire.
      - Concernant les rapports de force entre la Chine, les Etats Unis et l’Europe, je ne pense pas que la population soit le paramtre dterminant. Ce seraient plutt la puissance conomique (en gros le PIB), l’indpendance vis vis de l’nergie et des matires premires, la pertinence et la cohrence des modles politiques. C’est d’ailleurs ce que je voudrais explorer dans un prochain article.
      - Pour le revenu universel, il ne faut videmment pas y voir la panace. Je voulais le mentionner en tant que concept trop vite cart, aprs l’chec de Benoit Hamon. Les aides que tu cites resteront srement ncessaires, mais je suis intress par le caractre automatique du revenu universel, l ou 30% des bnficiaires potentiels n’y accdent pas, faute de conseil et d’un suivi attentifs.

    • Répondre à ce message (2651)



    Répondre au message 2649 du 14 mai, 11:33, par myriam


  • merci, Jean-Franois pour cette analyse.
    c’est clair, mesur et document comme toujours.Je ressens une forme d’apaisement au vu de ce "retour" si on peut dire une consommation dite " d’aprs guerre". j’ai toujours t choque par le gaspillage effrn et sans rflexion des produits notamment celui de la nourriture.gaspillage la maison mais aussi gaspillage dlibr dans les cantines ou les restaurants. que dire des melons en hiver ou des cerises Nol que la grande distribution a imposs ? etc etc. . .
    Revenir une consommation plus "morale" c’est l’adjectif qui me convient, nous rendrait plus libres, moins avides ( les prix tant "faibles", il y a comme un appel d’air incessant acheter ) et peut-tre plus heureux qui sait ?
    et voici ce que je pense : jean-Franois, tu devrais envoyer ces articles et surtout celui -ci, au ministre ( conomie).Bien -sr il ne serait pas lu par le ministre mais srement par u fonctionnaire dont c ’est la fonction qui lui mme le transmettra ou s’en inspirera . . .Je suis sincre et. . .optimiste !
    En tout cas bravo !
    bises.

    • Bonjour Dominique,

      Merci de ton apprciation. Et aussi de ta prsence sur le blog, d’autant que tu y es rare.

      Nous sommes bien d’accord sur la consommation dite d’aprs-guerre, et le rejet du gaspillage (je ne serais donc pas le dernier des Mohicans ?). J’adhre compltement ton ide d’une consommation plus "morale", de ce qu’elle sous-tend de modration, de comprhension vis vis de notre environnement, vis vis des autres... As-tu suivi (ou lu) "Un t avec Homre", de Sylvain Tesson ? Pour moi, la consommation morale, c’est le refus des dchanements et de la dmesure de l’Illiade, c’est le retour d’Ulysse vers Ithaque...

      A la fin de ton message, tu parles de transmettre l’article un fonctionnaire qui s’en inspirerait ? J’espre qu’ils ont des sources d’informations autrement plus pointues. D’ailleurs la difficult est moins de trouver l’information que de choisir la ligne la moins pire ( dfaut de la meilleure), de s’y tenir sans trop se laisser balader, de savoir aussi en changer... Bref, la quadrature du cercle !

    • Répondre à ce message (2652)
    • Bonjour ! En fait le fonctionnaire dont je parle (celui du ministre ) ne s’"inspirerait" pas de ton article, pour les raisons que tu donnes (il est dj trs inform ) mais lui et les "dcideurs" ont besoin de se rendre compte de la mentalit d’au moins une partie de la population ; Si le dsir de changement apparat rgulirement, s’il se confirme et s’inscrit dans des actes ( cf la librairie de Trvoux ),s’il apparat de plus en plus partag par nos concitoyens , il sera confort pour mettre en oeuvre quelques dbuts de renversements dans les choix conomiques.
      Je pense que "ils" sont trs conscients que la priode qui s’ouvre devant nous, la fois porteuse d’espoirs et toujours charge d’angoisses diffuses ( la mort, la ntre, celle de la plante ou plutt de l’espce humaine car la plante terre nous survivra . . .),est un moment "historique", un tournant dans notre civilisation.Mais comment oprer ce changement ? il y faudrait l’appui de toute la population. Mais comme il a t dit la crise de nos modles dmocratiques est trs srieuse et pas seulement cause des nombreuses erreurs de dcision des gouvernants. Elle est profonde comme si ce modle que nous avons export dans le monde entier tait en bout de course et sans alternative.Le peu d’intrt que l’on porte aux prochaines lections municipales en est un exemple certain.Il y a aussi un manque certain de figures charismatiques qui incarneraient des valeurs crdibles. Angela Merkel est fatigue, et Obama lui mme ( ! ) a vieilli. . .Et E. Macron qui mes yeux , serait capable d’incarner disons une autre conomie, ("rien ne sera plus comme avant ") ne dispose pas et plus du crdit indispensable pour faire accepter des mesures qui seraient difficiles.La confiance n’est plus l et malgr le langage mtaphorique on n’est pas en temps de guerre ni mme d’aprs guerre. . .et donc la discipline collective, l’altruisme , une forme d’acceptation du rel ( on ne peut pas tout ), la patience, la "vertu" sont quasi absentes de notre socit. s’il y a un consensus pour revaloriser tous les mtiers de la sant, ceux du "soin" et de l’aide aux anciens, il faudra aussi ne pas oublier tous ceux dont le travail "invisible" est, cette fois -ci et pour longtemps je crois, reconnu. et cela fait beaucoup de personnes ; Et que dire de la revalorisation de la profession d’enseignants qui, elle aussi redevient indispensable et pas seulement quand l’un des ntres passe un examen !
      il y a eu et il y a encore un dsir de rflexion, un dsir de justice sociale, un dsir d’prouver du respect et de le faire savoir, dsirs manifestes. A nous de ne pas les laisser se dissoudre avec le retour du beau temps ( ! ), avec l’urgence de reconstruire une conomie , dans les ncessits d’un retour " la normale". Car nous nous sommes tous pos la question qu’est ce qui est "normal " ?

    • Répondre à ce message (2657)



    Répondre au message 2650 du 14 mai, 11:53, par dominique videt


  • Merci JF pour cet article clair et percutant.
    En ce qui me concerne, dans cet univers trop mondialis, jai trouv un peu de rponse locale mes dsirs de justice et de partage. Jai dcouvert ce quon appelle lconomie sociale et solidaire. Ce rseau a permis notre groupe dhabitants de monter la librairie, La Folle Aventure Trvoux, ce qui nest pas rien.

    - Localement cest le PTCE (Ple Territorial de Coopration Economique) DombInnov qui nous a aids et inspirs.
    - Au niveau rgional, la Cress, Chambre rgionale de lESS.
    - Et aussi lUrscop pour les coopratives.
    - Les Cigales ont permis de complter le financement.

    Personnellement, la dmarche de lESS me semble porteuse despoir et ma permis de rencontrer des personnes entreprenantes et positives.

    Note de JF : pour en savoir plus sur l’ESS, Marie Nolle nous a indiqu plusieurs sites intressants. Vous trouverez les liens vers ces sites en haut de page, colonne de droite, dans l’encadr "Dans cette rubrique / Sites rfrencs".

    • Salut Marie No.

      Merci de ces informations sur l’conomie sociale et solidaire. C’est effectivement une rponse locale et concrte aux excs de la mondialisation, o on voit qu’on peut vraiment agir (avec beaucoup de volont !).
      J’ai trouv particulirement intressante ton exprience de dveloppement pour la librairie de Trvoux. Bravo. C’est vraiment un lieu sympa et vivant et qui est une vraie richesse pour la ville.

      En cliquant sur le lien de la librairie, a fait plaisir de la voir, sur la petite place en haut du vieux village. On tait pass l’t dernier avant que les travaux ne soient finis, en escale Trvoux sur le Petit Prince. Et bien sr l’automne, avec toi et les Dominique(s).

    • Répondre à ce message (2654)



    Répondre au message 2653 du 15 mai, 16:15, par Marie Nolle Epelly


  • Bonjour Jean Franois
    Merci impressionnant de connaissance et de style merci, les photos super

    Un petit partage
    - Je me demande si les syndicats vu leur poids actuel sont encore lgitimes ( cf individualisme forcen ) pour ngocier de telles volutions qui dautre ?
    - Notre rapport largent et au bien commun est revoir aussi en //, quelle circulation des pour qui ? ( je parle de moi aussi la dedans, ce que je cre ou non avec cet argent ).
    - Le revenu universel me semble une trs belle ide qui devrait sinscrire dans un systme ce que je veux dire il me semble que nous ne sommes pas conscients, plus, pas assez des protections, des ressources que ltat apporte garantit ducation culture, maintien emploi +-, tant cela parait naturel et acquis. Sans doute un manque de culture politique et conomique, philosophique

    beaucoup de choses sont critiquer et remettre en question / aberrations injustices /SDF gaspillage
    + voir de plus prs ce que comble en nous la consommation, la consommation effrne, le leurre

    Bisous bisous
    Gene

    • Salut Gene,
      Merci pour ton message. Il soulve des questions pineuses et justes. J’aimerais bien que d’autres lecteurs y ragissent (comme d’ailleurs aux autres messages ci-dessus). Aprs tout, le blog est fait pour a.

      En ce qui me concerne, trois ides suite ton message :
      - La participation des syndicats aux conseils d’administration des entreprises. Je remarque d’abord que les ngociations patron-syndicats sont gnralement plus apaises dans les entreprises qu’au niveau confdral, y compris avec la CGT. Par ailleurs, je crois un enchanement positif : plus de participation syndicale, plus de sens des responsabilits, meilleure reprsentativit syndicale...
      - D’accord avec toi sur les apports mconnus (sous-estims) de l’Etat. Il suffit de voir la diffrence avec le neo-libralisme en GB ou aux USA, en matire de sant, d’ducation, de maintien de l’emploi...
      - Pourquoi une sur-consommation dbride ? . On peut trouver des causes externes objectives : la publicit, autrement efficace pour saisir nos ressorts intimes que du temps de nos parents. L’obsolescence programme (a tombe en panne, il faut bien racheter), etc. Mais ta vraie question : que comble en nous cette consommation ? L’ennui, faute d’engagement idologique, politique, religieux ? L’isolement, l’clatement de la famille ? La fausse promesse des nouveaux moyens de communication ? ... Un Roi sans divertissement est un homme plein de misres (Pascal)

    • Répondre à ce message (2656)



    Répondre au message 2655 du 17 mai, 11:21, par Genevive


  • Quelques commentaires
    Dans le paragraphe "faire le choix de la rpartition des richesses...."
    Je pense que malheureusement (et c’est bien dommage) ni les chefs d’entreprise,ni certains syndicats n’accepteront d’tre associs dans les conseils d’administration.
    Pourquoi les franais n’arrivent’ils pas comme les allemands dialoguer vraiment et se mettre ainsi d’accord. Cela semblerait pourtant la meilleure solution pour faire progresser le pays. Je crois que nous sommes un vieux pays encore imprgn de monarchisme se soumettant longtemps puis se rvoltant et prt tout casser !!

    Une petite remarque concernant" les populations vieillissantes d’agriculteurs ", la relve arrive avec leurs enfants pleins d’ides novatrices. J’ai vu une mission trs chouette sur Arte sur 4 jeunes agricultrices qui n’avaient pas froid aux Yeux. Pour l’une d’entre elles cependant, l’obstacle venait de leurs parents hsitants cder leur pouvoir avec les terres et leur faire confiance.

    • Bonjour Franoise,
      Merci pour ton message en rponse l’article.
      Comme toi, je pense que ce n’est pas facile en France d’arriver un meilleur dialogue patron-syndicat en entreprises. Concernant la participation des syndicats dans les conseils d’administration, c’est surtout le MEDEF qui s’y oppose. Il me semble que certains syndicats rformistes y seraient favorables. Et peut-tre mme d’autres, comme la CGT ou FO, dont les reprsentants locaux sont moins "jusquau-boutistes" que les responsables de leurs centrales.

      Avec Jacqueline, on a vu le documentaire sur les agricultrices que tu mentionnes (trs intressant). Avec du soutien, on peut penser que beaucoup de jeunes sont prts repenser une agriculture plus respectueuse de la sant et de l’environnement.

    • Répondre à ce message (2659)



    Répondre au message 2658 du 19 mai, 18:01, par Potevin Franoise


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