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Naples et la Campanie Naples et la Campanie

De Gaeta Messine (du jeudi 9 au dimanche 19 septembre)

dimanche 19 septembre 2010 par Jacqueline, Myriam

Il y a 7 messages en réponse à cet article.

Aprs une dpression (en France, vous l’avez ressentie aussi, semble-t-il) qui nous a valu un vent allant jusqu’ 25 nœuds de Gaeta Procida, le beau temps s’est tabli mais le vent a bien faibli aussi.

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Rparation de Popaul

_ Heureusement, Popaul, le pilote automatique, est de retour aprs rparation, ce qui nous permet de vaquer nos petites occupations (en dehors des heures de quart, bien sr !) : leons d’italien ou de grec, informatique, couture, lecture, criture, musique et des grande sieste …

Ce n’est pas toujours que le beau port pittoresque fait le bon havre. Ses habitants, orgueilleux de leur site, ne font pas d’effort pour accueillir le visiteur, tandis que le port rput laid fait tout pour se rendre aimable : accueil au ponton, douches tincelantes et mme machine laver. La gentillesse des habitants qui saluent d’un signe de tte paie le marin de ses peines. Ainsi fut Camerota qui racheta largement Agropoli.

Peu de contacts avec les autochtones mais quelques rencontres marquantes, entre autre, celle de Nunzio, qui nous a accueillis Agropoli (on venait de se faire jeter de trois pontons privs), comme l’archange du mme nom et s’est trs vite rvl un anti-berlusconien viscral ( Paese di merda ) ce qui nous l’a rendu encore plus sympathique.

Navigation et tourisme alternent agrablement : aprs Gaeta, on dcouvre la petite le de Procida en face de Naples, qui est une base idale pour aller visiter la capitale de la Campanie ; puis d’Agropoli, on se rendra Paestum (une petite demi-heure en bus), une magnifique ville grecque du 6me sicle av. JC. Une halte technique Cetraro permettra de nous prparer la traverse jusqu’ Messine en passant par les Lipari.

Procida

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Procida, cte sud

Quel bonheur, aprs une dure journe de navigation au prs, o secous et gels on a cru ne jamais arriver, de trouver appontage dans un port accueillant. C’est ce que nous a offert Procida, o il y avait plthore de places vacantes. Ce petit port, avec son large quai pav de grosses dalles descendant en pente douce vers l’eau, o se balancent quelques barques de pche, voque celui o Scapin dans la Naples du XVIIme sicle se dmne pour perptuer ses Fourberies, tel que l’a mis en scne Coggio. Les fils des armateurs partis au loin en ont profit pour tomber amoureux de jolies brunettes qui se rvleront de bonne famille et tout fait mariables. Pour s’y croire, il suffit d’effacer les ferries et de les remplacer par des galions aux lourds grements chargs d’huile et de vin.

Naples

Arriver dans une ville qu’on a longtemps imagine expose des dconvenues. J’avais rv de la Naples du seizime sicle pleine de marchands et de populace, de charrettes et de cris. Ne voulant pas cder la dception, j’ai dcid de transposer : les pauvres russ, toujours en qute d’une pice, sont aujourd’hui des Roms qui courent nous montrer un guichet que nous avions dj identifi. Les embouteillages persistent, nous mettons plus de temps en bus qu’ pied pour arriver la vieille ville. La superstition et la foi sont toujours prsentes : chaque carrefour des statuettes de la Vierge environnes de bougies et de fleurs artificielles, d’innombrables glises, dont le Gesu Nuovo baroque dor et surcharg et la Santia Chiara gothique plus dpouille aprs sa reconstruction.

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Le cloitre de l’glise Santa Chiara

Jouxtant l’glise, un beau clotre riant avec ses colonnes ornes de majoliques aux motifs de branches et de fleurs. On imagine les clarisses, les mains dans les manches, et leurs pas glissant sur les dalles, jeter des coups d’œil effars aux fresques bibliques puis reposer sagement leurs yeux sur les paysages champtres des majoliques. Dans les rues toujours aussi troites, les Vespa et les Fiat 600 ont remplac les charrettes. Bien sr beaucoup de linge aux fentres, croire que les mnagres passent leur temps la lessive, en tmoignent les machines laver d’occasion qui encombrent le trottoir du marchand.

Mais quoi de plus que toutes les villes du sud ? Serait-ce un air de gaiet, un refrain entendu ici et l, temprament du peuple napolitain qui passe de la joie aux larmes ?

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Comme dans cette procession, croise au hasard d’une rue, o les hommes en transe portent au son d’une fanfare la Madone en tanguant, ce qui imprime la Vierge une danse trange. Les ptards allums clatent aussi fort que des salves de canon. Le lent balancement des bannires reprsentant chaque quartier ferme la procession. L’me de Naples rside peut-tre l tout comme dans cette saisissante statue de Christ mort, sous son voile de marbre si lger qu’il laisse deviner ses plaies.

Paestum

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Le temple de Posidon

A douze kilomtres d’Agropoli, cette ville grecque (originellement appele Posidona ) se trouvait autrefois au bord de la mer (d’o le culte rendu au dieu de la mer). A l’approche du site, on est bloui par deux temples grecs admirablement conservs, en particulier celui de Posidon aux colonnes d’un blond dor : la simplicit, la grandeur et l’harmonie qui s’en dgagent nous laissent admiratifs et nous nous plaisons imaginer le chantier d’il y a 2500 ans avec les hommes et les btes tranant des blocs de 20 25 tonnes.

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Le muse complte bien la visite avec des sculptures et des peintures qui dcoraient les divers monuments, par exemple, la tombe du plongeur dont le couvercle reprsente un homme nu, se lanant du haut d’un tremplin dans l’eau bleue de l’au-del. A l’intrieur de la tombe, une scne de banquet funraire met en scne des personnages, buvant, jouant de la musique et s’enlaant tendrement ; Bacchus, les muses et Eros facilitateurs du passage vers l’autre monde ? Ou sont-ils simplement l pour tmoigner des plaisirs d’ici-bas ?

La traverse jusqu’ Lipari

Monsieur Baladin (le navigateur solitaire qui venait de Grce et qu’on avait rencontr Bastia) nous avait recommand Cetraro comme halte technique . Le port est accueillant et superbement entretenu mais le premier commerce est perpte. Cela nous aurait pos problme si nous n’avions rencontr un petit picier qui nous a gentiment prt sa bicyclette brinquebalante pour complter nos provisions.

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Conchita brossant la coque

Avant d’appareiller pour les les oliennes, on nettoie la coque couverte de coquillages et d’herbes en plongeant tour de rle avec un balai brosse et une raclette en bois.

Notre seconde grande traverse (90 milles de Cetraro Lipari) commence sous de bonnes augures avec un vent de WNW qui nous fait avancer au largue, l’allure idale pour le confort de la nuit. Les quarts de deux, puis trois heures se succdent. Et Hlios tomba et tous les chemins s’emplirent d’ombre…
Vers 22h le vent mollit et on doit se rsoudre le complter par une rise Yanmar (notre moteur diesel). Et la nef avanait sous le ciel toil qu’clairait une lune montante : La grande Ourse, la petite, Cassiope, le baudrier d’Orion tournaient lentement autour de l’toile polaire.

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Le Stromboli en ruption

C’est 1h50 que Jean aperoit les premires lueurs rougeoyantes du Stromboli. Cinq minutes aprs, Vulcain en remet une petite. Puis il faut attendre 27 minutes pour qu’il recharge le fourneau !
Et le miracle de l’aube s’accomplit une fois de plus, dcouvrant dans la brume le grand cne du Stromboli, les rochers dchiquets de Panari et la verdoyante Lipari o nous arrivons pour le petit-djeuner. Aprs nous tre reposs et douchs sur le ponton, nous partons nous balader dans les jolies rues de la ville, puis montons jusqu’ l’glise o nous visitons le plus ancien clotre d’Italie, construit avec des colonnes de maisons romaines. En descendant, nous nous arrtons pour goter une granita, spcialit du coin.

Le dtroit de Messine

Et pendant tout ce temps, dans la peine, sanglotant, nous entrons en ramant contre le courant dans le dtroit. A bbord Scylla et Charybde tribord, pouvantable dfil d’eau sale. Quand Charybde vomit, toute la mer bouillonne et retentit comme un chaudron sur un grand feu, quand son contenu gonfle et se soulve.

Aprs lecture du livre XII de l’Odysse, nous abordons tout palpitants et frissonnants le dtroit de Messine. Les hommes ont fait de savants calculs de mares afin de dterminer l’heure idale pour bnficier des courants portants. Mais nous arrivons plus tt que prvu et nous refoulons.

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Heureusement, comme nous ne sommes pas en vive-eau, le courant ne dpasse pas 1 nœud, d’aprs le GPS. A prsent, ce sont les tourbillons de Charybde qui font osciller le bateau mais notre pilote (automatique) reste imperturbable et ne change pas son cap. Quant Scylla, forts de l’exprience du subtil Odysseus, nous avons soin de rester distance de sa caverne pour ne pas nous faire happer par ses six longs cous surmonts de ttes horribles.

Pour nous remettre de toutes ces motions, nous faisons halte Messine. Nous n’y avons pas pch la sardine mais y avons vu deux merveilleux Caravage au museo regionale : la Rsurrection de Lazare et l’Adoration des bergers. Les dimensions impressionnantes des tableaux, la composition et le savant contraste entre l’ombre et la lumire accentuent l’effet dramatique ou touchant des deux scnes. Dans le premier, on ne voit du Christ plong dans l’obscurit, que son long bras tendu vers Lazare alors qu’il vient sans doute de lui dclarer Lazare, lve-toi et marche ! . Ce dernier, encore inanim, est tendu, les bras en croix, figure prmonitoire du Christ sur la croix mais le visage de ceux qui le portent et le pleurent est tourn vers le fils de Dieu et est rempli d’espoir.
Quelle intensit dans l’expression de ces sentiments contradictoires ! Dans le second, c’est la modestie de Marie, simplement allonge mme le sol et protgeant de son bras l’enfant qui tonne ; quatre vieux bergers au visage burin contemplent le nouveau n avec des regards d’adoration muette. On peut y voir l’amour de Caravage pour les humbles gens.

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La cathdrale et son campanile

Dans le centro turisto, nous avons bien aim la piazza del Duomo, avec sa belle faade en marbre rose et blanc, sa fontaine d’Orione (en restauration) et son campanile qui contient une horloge astronomique. A dfaut de sardine, nous avons mang de l’espadon, qui parat-il, passe dans le dtroit au cours de ses migrations.

PS : Nous ne captons plus aucune radio franaise et sommes sans nouvelles du pays. Est-ce chaque lecteur pourrait nous donner l’information qui lui semble la plus importante pour nous raccrocher un peu l’actualit ?


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