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La "Grande Traverse"

D’Antibes Bastia

lundi 19 juillet 2010 par Jacqueline

Il y a 6 messages en réponse à cet article.

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Mardi 13 et mercredi 14 juillet.

Merci encore Chris et Jean-Louis pour leur gentillesse et leur disponibilit. Ils nous ont cocoon pendant deux jours et nous avons eu le plaisir de revoir Tatie, Ccile, Thibaud et leurs enfants.
Nous voil fin prts pour la grande traverse . Notre objectif est un petit port du Cap Corse, Macinaghio situ 115 milles d’Antibes. Certes, ce n’est pas la transatlantique mais si on fait une moyenne de 4 nœuds, cela reprsente quand mme 28 heures de navigation !

Il faut attendre que le voilier ait fini de rparer le spi et la capote pour mettre les voiles et nous appareillons 12h50 (prcises) d’Antibes. Un vent de SSE force 3-4 nous fait naviguer au bon plein, une allure idale o le bateau est portant et ne gte pas. Au fur et mesure qu’on quitte la cte, les gros culs se font plus rares et finissent par disparatre . On ne croisera pratiquement plus aucun bateau, part le Corsica ferries et quelques chalutiers.
La croisire hauturire nous engage davantage. On dcide de mettre en place une organisation par quarts : deux quipes (Jean et Mimi, JF et moi-mme) alterneront d’abord sur des quarts de quatre heures jusqu’ midi (20h/24h ; 24h/4h ; 4h/8h ; 8h/12h) puis de midi quatorze et de quatorze seize (et reprise des quarts de quatre heures).

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Quand le soir tombe, le capitaine nous fait mettre nos harnais et nous rappelle les rgles simples de la navigation nocturne Rouge sur rouge rien ne bouge, vert sur vert, tout est clair, vert sur rouge mfiance ! . En d’autres termes, il faut tre attentif aux feux de bateau et les observer longuement pour comprendre si oui ou nous nous faisons route de collision.

20h/24h : Un tout petit croissant de lune apparat et bientt la voie lacte occupe tout l’espace. JF me rappelle l’ordre car j’ai un peu trop le nez dans les toiles et pas assez sur le cap. Vers vingt-deux heures, joie, j’aperois mon premier dauphin ! Son dos luisant apparat et disparat pendant quelques instants vingt mtres du voilier. Allons, le monde n’est pas foncirement mauvais si on y croise encore des dauphins… !

24h/4h : Tout se passe bien jusqu’ deux heures o le vent tombe. Jean et Mimi veulent enrouler le gnois pour mettre le moteur. Ae, ae, ae, a coince… impossible d’enrouler, il va falloir affaler. En pleine nuit, ce n’est pas chose aise.

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JF affale le Gnois

JF monte sur le pont pour aider la manœuvre. C’est sans doute le roulement billes de l’merillon de l’enrouleur qui est foutu. Il faudra rejoindre Bastia pour le changer. En attendant, on met le moteur en route.

4h/8h : Ce quart nous offre un double spectacle :
- une longue trane claire sur la gauche du bateau tandis que la droite reste plonge dans une brume obscure annonce l’arrive de l’Aurore aux doigts de rose .
- deux jets d’eau puissants 100 mtres du bateau ; je retiens ma respiration avant de crier deux baleines  ! On voit leur dos immense et souple s’arrondir la surface des flots avant de plonger nouveau. Quel spectacle : je ne vous referai pas le paragraphe sur la beaut du monde mais tant de splendeur vous rend philosophe. Un peu inquite tout de mme, je demande JF si une baleine peut renverser un bateau. Il me rassure en me rappelant le caractre pacifique de ces splendides ctacs !

8h/12h : A 8h30, Mimi annonce Terre en vue ! C’est elle qui aura droit une rasade de rhum (a tombe bien, c’est son alcool prfr).

12h/16h : RAS, toujours pas de vent : calme plat. Les quarts se poursuivent au moteur.

16h/20h : Vers 16h, le vent commence souffler et forcir svrement jusqu’ 28 nœuds sur la girouette… c’est un vent d’est , on ne peut plus faire cap direct et on tire des bords sous grand voile et moteur. Comme toujours au pr, on se fait rgulirement asperger quand l’trave rentre dans la houle. On n’en finit pas de passer l’le de Giraglia et la boue de Finachiarola. Enfin, on vire cette dernire et prenons le cap au 118 vers l’entre du port . Le vent passe au sud-est et mollit. JF qui craignait une entre de port difficile retrouve le sourire. A 20h, on s’amarre au quai du port de Macinaghio aprs 31 heures de traverse !
Le quatorze juillet se rappelle notre souvenir : feux d’artifice sur le port et bal musette. On fait un petit tour avant de nous effondrer sur nos couchettes.

Jeudi 15 juillet et vendredi 16 juillet

de Macinaghio Bastia

Rveil moins matinal, ce matin. On tlphone au shipchandler de Bastia pour commander la nouvelle pice. En principe, elle doit arriver demain. Dpart pour Bastia par calme plat. On n’aura pas besoin de drouler le gnois et Popaul sera de service aujourd’hui. On longe la cte du Cap Corse : les villages se succdent dans un dcor montagneux et verdoyant et certains descendent tout au bord de l’eau.
Avant d’arriver Bastia, on arrte le moteur pour se baigner autour du bateau.

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Baignade au large de Bastia

un haku de Mimi

Baignade divine
Au large de Bastia
Le bateau l’arrt
Danse sur sa quille
Avec palmes et masque
Nous voluons autour de la coque.

Le port de Bastia n’est pas trs grand mais attachant : on n’y voit pas de gros culs prtentieux comme Antibes, les bateaux sont taille humaine (voiliers, petits bateaux moteur et chalutiers cohabitent en bonne harmonie) et on est accueilli avec gentillesse.
Le port forme un bel ovale d’o les faades colores des hautes maisons se dtachent travers les mts et tout au fond se dresse la sobre faade de l’Eglise . La vieille ville est assez dlabre mais ses ruelles ombrages sont pleines de charme et gayes par les rires et les jeux des gamins . Le soir, on s’offre un bon repas corse chez Mm .

un autre haku de Mimi

Vieux port
Doux balancement du navire
Echo des voix des pcheurs
Par le hublot
Aperu des maisons hautes
Des jardins mditerranens
En terrasses
Palmiers, figuiers, hibiscus.

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La nuit, les lumires de la ville clairent un vritable dcor d’oprette sur fond de chants corses. Au petit matin, je monte sur le cockpit pour assister au lever du jour. Le plancton crpite contre la coque interrompu par le teuf-teuf discret des premiers chalutiers qui partent travailler en mer. L’un d’eux plus press fait soulever le clapot, balancer les coques et tinter les drisses dans les mts.
La journe de vendredi se passe dans l’attente du fameux roulement qui tarde arriver. La chaleur nous oblige nous rfugier dans un bar o j’cris cet article.


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