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Exit le fantôme

Philip Roth 2009

mardi 16 février 2010

par (Jacqueline)

Il y a 1 message de forum.

Le « fantôme », c’est le narrateur lui-même, Zuckermann, un écrivain juif américain de 71 ans qui assiste, impuissant, à sa propre « sortie » de la vie.
Après onze ans d’absence, Zuckerman, revient à New-York pour subir une petite intervention, censée améliorer son problème d’incontinence (suite à l’ablation de la prostate). Contre toute attente, ce retour réveille en lui le désir de revivre et d’aimer. Il rencontre un jeune couple d’écrivains qui admirent son œuvre et il tombe amoureux fou de la jeune femme Jamie. Afin de maintenir le contact avec elle, il décide, sans réfléchir, d’échanger sa maison du Massachusetts avec leur appartement en ville…

Le livre aborde une réalité qu’on évite de regarder en face : la vieillesse inéluctable avec la déchéance physique et morale qui l’accompagne. Sans complaisance, la narrateur montre l’écart insupportable entre le désir toujours vivace de vivre et d’aimer et l’impossibilité de le faire.
La rencontre de Zuckerman avec Amy Bellette, l’ancienne maîtresse d’un auteur célèbre qui avait été un modèle dans sa jeunesse, le replonge dans son passé et rend d’autant plus douloureuse le constat de la déchéance : tant celle d’Amy (atteinte d’une tumeur au cerveau) que la sienne. Elle lui permet aussi d’exprimer son dégoût face au biographe sans vergogne (Richard Kliman) qui s’empare d’une œuvre pour la réduire aux secrets honteux de la vie privée de son auteur.
Quant aux scènes inventées par le narrateur pour décrire les rencontres fantasmées avec Jamie elles expriment de manière crue et immédiate à la fois son désir pour la jeune femme et son impuissance à l’assouvir. Ces dialogues (l’ébauche d’un futur roman ?) montrent aussi le rôle de l’écriture, ultime exutoire du narrateur face à la mort : Exit le fantôme.

Vos commentaires

  • Le 16 février 2010 à 11:38, par Elisa En réponse à : Exit le fantôme

    bonne anlyse du livre que je n’ai pas lu, mais cela ressemble tellement aux obsessions de PH. Roth déjà mises en lumières dans la "tâche",que j’imagine bien le roman. Je le lirai peut-être plus tard. Là, je sors de "mon chien stupide" de John Fante, les écrivains nombrilistes américains, j’en ai ma dose. Cependant, je reconnais à Roth, toutes ses qualités d’écriture.

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