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Maman en 2006

dimanche 24 décembre 2006 par Jacqueline

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Je vous propose donc cet article, que j’essaierai de compléter régulièrement en vous donnant des nouvelles récentes de Maman.
Mais chacun d’entre vous peut également saisir une autre nouvelle : il suffit de cliquer sur la mention « répondre à cet article » qui figure en bas du présent article.

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Au parc de la Tête d’Or
Dans la roseraie juste avant l’orage

Vous pouvez également compléter une nouvelle existante en cliquant sur « répondre à ce message », qui figure en bas de chaque encadré.

J’espère que cette initiative vous intéressera, je vous embrasse.
Jacqueline

23 décembre

On fête Noël avec Maman !
Nous sommes allés chercher Maman ce matin avec Myriam, elle nous attendait dans le hall avec son sac, pensant venir à la maison pour deux jours (je ne lui avais pas dit ça mais elle en était persuadée. La prochaine fois, on essaiera de satisfaire son vœu).
Malgré sa déception, la journée s’est très bien passée. Bien sûr la montée de l’escalier, et surtout la descente, ont été épiques ! Bon déjeuner arrosé juste comme il faut, petite sieste et causerie devant un bon feu de bois.

19 novembre

Ce dimanche, je suis allée voir Maman avec l’intention de l’enregistrer sur un petit dictaphone ; je ne l’avais pas prévenue mais elle s’est prétée au jeu sans se faire prier ! Je lui ai donc demandé de me parler de sa jeunesse, de ses parents, de la vie à Montpellier ...
Si vous voulez l’écouter, vous pouvez utiliser le petit "player" ci-dessous.

MP3 - 1.6 Mo
Ecouter Antoinette


- Cliquez une fois sur le bouton de gauche pour lancer l’écoute (éventuellement une deuxième fois si le son ne se lance pas)
- Cliquez sur le bouton de pause (les deux barres verticales) ou le bouton d’arrêt (le petit carré).
Bien sur il faut que le haut parleur de votre micro soit allumé et que le volume sonore ne soit pas coupé.

MP3 - 1.6 Mo
Ecouter Antoinette

30 octobre

Aujourd’hui, j’avais rendez-vous avec la psychologue de la résidence (Séverine Barberet), j’y suis allée avec Jean-François. Cet entretien nous a paru positif. On a parlé des difficultés que vit Maman.

- Son angoisse de « perdre la tête » :
Avec la psychologue, elle n’en a pas parlé ; elle parle de ses problèmes physiques (les mains, ...) ou des problèmes psychologiques des autres résidents. Mais avec moi, elle l’a exprimé fortement.
Selon la psychologue, on peut l’aider en mettant des mots sur sa souffrance, en lui disant qu’on a des problèmes de même nature (oublier un mot, ne pas retrouver ses clés), que cela n’a rien à voir avec la folie (rien à voir avec la sœur de son père) et que, même si c’est angoissant et pénible, c’est un problème de vieillesse.
Lui dire que c’est une bonne chose de lire, sortir avec elle aussi longtemps que ce sera possible (aller au café, faire une course, ... pour être dans une relation commerciale, et pas seulement de dépendance), lui parler de l’actualité, voir comment la faire participer aux élections ... Pour la période de Noël, prévoir un repas particulier (peu importe la date exacte) pour faire fête. Il faudra voir avec le médecin si un médicament pourrait la soulager de son angoisse, mais attention, un tel médicament pourrait être contradictoire avec ce qu’elle prend déjà.
Pour la psychologue, même si elle est mal, elle garde quand même le goût de la vie : dans le couloir elle remarque ce qui se passe, elle s’intéresse à ses enfants, elle s’intéresse à mon métier et prend part à mes difficultés (les copies à corriger, ...) ; c’est aussi un moyen pour elle de vivre par procuration.
Il est possible (mais non certain) que la maladie évolue : ne plus comprendre le téléphone (comme déjà maintenant la TV ou la radio), trouver un déplacement (dans la rue ou chez moi) trop perturbant.

- Maman dans la résidence :
Selon la psychologue, Maman n’est pas dans le refus systématique vis à vis du personnel, il y a des jours avec et des jours sans ; les agents l’ont bien compris et la trouvent plutôt attachante.
Le changement de chambre a pu la perturber (même si elle l’a choisi), en voyant une chambre non finie (difficulté à se projeter dans la chambre finie)
Il faudra dire à la directrice de nous prévenir avant le changement, pour qu’on puisse l’accompagner au mieux.

- La relation de Maman avec Françoise :
(Suite à la visite de Jean hier, Maman a appelé Françoise et a donc renoué le contact).
Pour la psy, plusieurs raisons différentes peuvent expliquer son refus actuel de la voir (tout en notant que Françoise garde une place, qu’elle n’en fait pas abstraction) :
Maman sent que Françoise a besoin d’aide et qu’elle ne peut pas lui apporter.
Françoise lui fait peur parce que, si Maman était dans la même situation, elle ne pourrait pas assurer une telle prise en charge.
Vis à vis de Françoise, elle ne veut pas se montrer en position d’infériorité liée à sa dégradation, elle ne veut pas que les rôles s’inversent, Françoise devenant la mère aimante et protectrice.

La psychologue retournera prochainement voir Maman, elle s’est engagée à nous tenir au courant en cas de problème.

22 octobre

Ce matin Françoise m’a appelée pour me dire que Maman ne souhaitait pas la voir, parce-qu’elle ne se sentait pas bien. Cela a évidemment fait bien de la peine à Françoise, qui n’est peut-être pas prète de revenir à Lyon pour la voir.
Cet après-midi, nous sommes allés voir Maman avec Jean-François. Au début, elle était vraiment perturbée, peut-être du fait de son coup de fil à Françoise, mais surtout parce-qu’elle sent qu’elle perd la mémoire des choses. Elle s’est beaucoup plainte de ne pouvoir parler avec personne à la résidence et de sentir que ça ne fonctionne plus bien dans sa tête. De fait on l’a trouvée assez perdue : elle ne savait plus où j’habitais, si Jean-François avait été marié, etc.
Plus tard et après qu’on ait un peu parlé, elle a semblé se remettre et s’est remise à raconter les histoires du passé comme elle le fait d’habitude.
En principe, Maman devrait changer de chambre dans les prochains jours, la nouvelle chambre donnant sur la rue et étant beaucoup plus claire. Il est possible que ce changement la perturbe aussi.
J’ai prévu de prendre prochainement rendez-vous avec la psychologue.

18 juin

Pour la première fois, on a utilisé le fauteuil roulant que Claude m’avait donné, et Antoinette a accepté de l’utiliser. L’expérience s’est d’ailleurs avérée concluante, le fauteuil permettant d’aller plus loin et plus vite.
On est allés respirer le bon air du parc de la tête d’Or, où il faisait très beau, du moins jusqu’à l’arrivée d’un gros orage ... Le fauteuil nous a permis de courir jusqu’à la voiture et de passer (presque) entre les gouttes. Maman était partagée entre le plaisir de râler et le plaisir tout court.

30 avril

Joyeux anniversaire !

Avec 20 jours d’avance, on a fêté aujourd’hui les 90 ans de Maman, avec Chris, Jean, Jean-François et ma pomme. Elle a monté gaillardement les 38 marches qui conduisent à notre deuxième étage de la rue Ruplinger. Elle a descendu goulûment la flûte de champagne. Heureusement que Jean était là pour modérer ses ardeurs. Le menu avait été choisi par elle :
- foie gras (offert à Jean-François par Mimi)
- pamplemousse crevettes, sauce aurore
- foie de veau, purée de navets (dommage que Chris n’ait pas surmonté ses dégoûts de petite fille !)
- fromage
- fraisier meringué avec une bougie qu’Antoinette a soufflée vigoureusement.
Le tout suivi d’une bonne sieste réparatrice...

Suite à une idée de Jean, on lui a offert un cadre de photos numériques qui défilent les unes après les autres dans lequel on a chargé plein de photos de la famille (arrière petits enfants, petits enfants, enfants et conjoints, soeur...).

Bref, une bonne journée qui a semblé lui faire bien plaisir et à nous aussi.

25 mars

Jean-François et moi avons vu Maman aujourd’hui. Elle était en bonne forme et enjouée (bien qu’elle s’attendait à voir Jean ...). On est sortis jusqu’au bistrot du coin, où elle a mangé avec appétit une crêpe au sucre et bu une bolée de cidre.
JF a changé les heures de toutes les pendules et réveils (en se gourant d’abord de sens, heureusement qu’on s’en est aperçus !).
Jean a téléphoné pendant notre visite : il vient le WE prochain pour le plus grand plaisir de Maman (mais elle n’est pas plus bavarde au téléphone avec lui qu’avec moi !) d’autant qu’il n’a plus son TRES GROS rhume.

Quand Jean viendra, ce serait bien d’examiner si on peut installer un petit frigo, soit dans la salle de bains, soit dans la chambre. Maman a l’air d’y tenir pour avoir des boissons fraiches.

26 février

par Jean-François

Aujourd’hui, Jacqueline étant à Nice pour passer le week-end avec sa tatie, c’est moi qui suis allé voir Antoinette. Je l’ai trouvée plutôt en bonne forme. Elle se souvenait bien que je devais venir, que Jacqueline était à Nice, etc. Elle a beaucoup parlé en s’exprimant bien et clairement ; souvent des histoires que je connaissais déjà, mais aussi d’autres épisodes de sa vie que je n’avais jamais entendus : son séjour à Bordeaux avec son mari au début de leur mariage, les passages de Catherine à la maison ...
Bien sûr il faut être attentif car Antoinette fait souvent des associations d’idées immédiates : elle commence une phrase en parlant d’une personne et la finit en parlant d’une autre, associées par une même opinion qu’elle porte à l’une et l’autre.
Je l’ai quittée en passant le relais à Jacqueline qui doit venir mardi et à Jean qui est attendu pour vendredi. Il faudrait d’ailleurs que Jacqueline et Jean la rassurent quant aux médicaments qu’on lui donne le soir à 18h00 : elle croit qu’il s’agit d’un somnifère (et ne comprend pas qu’on lui donne si tôt), il s’agit en fait d’un anti-coagulant pour traiter la phlébite. Ce serait bien de lui rappeler que ce médicament est à prendre régulièrement.
Antoinette est contente de ces futures visites, mais un peu inquiète de la période qui va suivre pendant laquelle nous serons tous à la montagne, et donc sans que ni nous ni d’autres enfants ne viennent la voir avant le mardi 7 mars.

31 janvier

Quand je suis arrivée aujourd’hui, Maman n’était pas bien. Elle était habillée mais dans son lit et ne savait plus si c’était le matin ou l’après-midi. Elle avait l’impression qu’elle perdait la tête et cela l’angoissait. Je l’ai un peu rassurée et ensuite, cela allait mieux et nous sommes sorties, avons acheté une carte et sommes allées boire un thé au café du coin. Au retour, elle était fatiguée et s’est à nouveau mise au lit ; nous avons parlé un bon moment et elle se sentait bien.
Je suis descendue voir l’équipe soignante qui m’a informée de deux problèmes :
- Comme elle a oublié qu’elle avait eu une phlébite, elle refuse parfois de prendre son médicament (anti-coagulant) et la dernière prise de sang n’était pas bonne.
- L’hygiène du matin est également problématique, car Maman est souvent dans l’opposition et refuse que l’aide-soignante l’aide à faire sa toilette. Parfois, celle-ci la retrouve le matin toute habillée avec sa robe qu’elle a gardée pendant la nuit.

Il faudrait que Jean et moi nous lui rappelions régulièrement qu’elle doit prendre ce médicament et qu’elle aura des prises de sang régulières pendant tout le traitement de sa phlébite (je crois encore 2 ou 3 mois).

24 janvier

Aujourd’hui, Maman avait déjà mis son manteau quand je suis arrivée, visiblement impatiente de sortir. Nous avons inscrit Jean pour le repas de samedi et nous avons fait notre petit tour habituel ; elle est rentrée dans un magasin et nous avons bu un thé au bistrot du coin. Je l’ai trouvée vraiment en bonne forme. Est-ce la venue de Jean qui la dynamise ainsi ?...

Hier, lundi matin, j’avais rendez-vous avec la psychologue (Madame Barberet) qui travaille à la résidence (j’avais demandé à la rencontrer). L’échange a été riche. Cette personne a donc vu Maman à deux reprises (le 3 octobre et le 16 janvier). Elle m’a dit que malheureusement la "démence" de Maman évolue, qu’elle garde son caractère mais ne comprend plus vraiment l’environnement. Elle en a conscience ce qui se traduit par un stress ou un accès d’autoritarisme ou un sentiment de persécution. Ce qui l’angoisse, c’est donc moins la mort physique que la mort psychique (la "démence").
A sa seconde visite, Madame Barberet a ressenti que Maman voulait donner une bonne image d’elle-même. Elle ne s’est pas plainte et a même dit qu’elle devait rester à la résidence (elle ne m’a d’ailleurs plus jamais vraiment reparlé de quitter la résidence du 6ème) et avait une certaine confiance dans l’environnement. Par contre, toujours selon la psy, elle perd sa faculté de lire (problème de concentration) ; elle aurait aussi des difficultés avec le téléphone, ce qui expliquerait qu’elle ne nous appelle presque plus, ou qu’elle ne décroche pas, ou qu’elle décroche sans répondre.

Pour finir et en ce qui me concerne, j’ai l’impression qu’elle va beaucoup mieux physiquement et retrouve de l’énergie. Je trouve aussi qu’elle est plus tendre et que notre relation est affectueuse ; cela fait vraiment chaud au cœur !

22 janvier

Nous sommes allés voir Maman avec Jean-François ; elle avait oublié qu’on passerait cet après-midi et elle était montée au 7ème étage. On a trouvé qu’elle allait plutôt bien ; elle nous a même raconté l’histoire du sétier à Génolhac où elle s’ébattait dans l’eau avec Thérèse (la soeur de Marie Filleron qui est religieuse et qu’elle a revu avec Bernadette la semaine dernière).
Maman était contente de savoir que Jean allait venir samedi prochain.

16 janvier

Hier, samedi 14 janvier, je suis ressortie avec Maman : c’était la première fois depuis longtemps ; elle n’a pas voulu qu’on prenne le fauteuil et a marché en s’appuyant sur mon bras. On a fait un tout petit tour sans s’arrêter au café mais c’est un début.


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