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Hasard de J.M.G Le Clézio 1999 Hasard de J.M.G Le Clézio 1999

vendredi 18 septembre 2015 par Jacqueline

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Est-ce le hasard qui fait se rencontrer Juan Moguer, le navigateur solitaire, et Nassima qui embarque clandestinement à bord de son grand voilier ? Ne serait-ce pas plutôt une nécessité, autrement dit le destin ?

Au point du jour, en prenant son quart, Juan Moguer eut son regard attiré par ce qu’il crut d’abord être un tas de chiffons posé sur le pont, à bâbord, contre le rebord du rouf. La mer était calme, une vague lueur éclairait un nuage à l’est. La côte était déjà loin, seules les hautes montagnes enneigées étincelaient au soleil.
Moguer ouvrit la porte du cockpit et pointa sa torche sur l’objet insolite. Dans la pénombre, le tas de chiffons se défit un peu dans le vent et deux grands yeux noirs brillèrent dans un petit visage sombre qui paraissait celui d’un enfant.

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C’est ainsi que Le Clézio décrit la rencontre entre Juan Moguer et l’enfant. Qui sont ces deux personnages ? Quel chemin vont-ils accomplir ensemble ?

L’enfant s’appelle Nassima. Elle est la fille de Nadia et de Kergas, un médecin antillais. Un jour, Kergas les a quittés, il s’est engagé sur un voilier comme médecin. Nadia et sa fille sont rentrées en France à Villefranche. Nadia a perdu le goût de vivre et Nassima passe son temps à attendre, sans savoir vraiment ce qu’elle attend. Jusqu’au jour où apparaît le Azzar, un splendide voilier, dans la baie de Villefranche et que Nassima, sans en parler à personne, décide d’embarquer clandestinement à bord, déguisée en garçon.

Juan Moguer, lui, est un producteur de cinéma, devenu riche et célèbre après une enfance difficile en Espagne. Il a eu une vie tumultueuse que sa femme Sarah a supportée jusqu’à une liaison avec une très jeune fille, Maté, qui s’est donné la mort. Son épouse a demandé le divorce et il ne l’a plus revue ainsi que sa fille, Sarita. Désormais seul, il a décidé de vendre tous ses biens pour faire construire un superbe voilier et y vivre avec, pour seul compagnon, un marin malgache efficace et silencieux, Andraimana.

Au début, Moguer rejette ce « garçon » clandestin qui vient rompre sa solitude puis, peu à peu, naît une sorte de complicité et même de tendresse entre eux. La fraîcheur de Nassima dont il a vite découvert la vraie identité, son caractère sauvage et sa passion pour la mer le rapprochent de la jeune fille. Commence alors une longue traversée hors du temps où rien n’existe en dehors du vent et de la mer...

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On retrouve dans ce court roman les thèmes chers à Le Clézio : la recherche d’un ailleurs, la nature et le sentiment de liberté qu’elle procure, le hasard (c’est le nom du bateau) qui fait se rencontrer deux êtres, l’une en quête d’un père disparu, l’autre, solitaire et père doublement orphelin des deux filles qu’il a perdues, Sarita et Maté.

Dans ce livre, j’ apprécie les descriptions de la mer qui me rappellent les souvenirs de notre croisière en Grèce et aussi le mystère qui entoure les personnages en quête d’une autre vie qu’ils ne trouveront pas. Cette nouvelle est suivie d’une autre « Angoli Mala » que Le Clezio relie à celle-ci et dont je vous laisse découvrir les similitudes.


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