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Le XVIIème siècle Le XVIIème siècle

De 1610 à 1715

lundi 6 juillet 2015 par Jean-François

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1- L’Europe politique

Dans l’article précédent sur les siècles de la Renaissance, nous avons vu deux tentatives de contrôle hégémonique de l’Europe :
- celle du Saint Empire et de Charles Quint,
- celle de l’Espagne et de Philippe II.
Elles ont échoué, sans doute par le jeu des alliances entre nations refusant cette mainmise sur l’Europe. Mais, surtout, elles ont échoué parce que les Etats prédateurs n’étaient pas « mûrs », ils n’avaient pas une épine dorsale suffisamment forte pour soutenir leurs ambitions : c’est Charles Quint, épuisé par les oppositions et abdiquant en 1555 ; c’est l’Espagne, inondée par l’or des Amériques et incapable de l’investir pour produire des richesses.

La situation va être toute autre au XVIIème siècle et nous allons voir quatre nations se constituer par et pour la guerre, et se heurter jusqu’à ruiner le territoire européen : l’Allemagne, l’Angleterre, les Provinces Unies et la France. Le XVIIème siècle est souvent placé sous le sceau du classicisme et de la culture française ; c’est aussi celui des guerres, des famines et de la paupérisation des peuples...

Pour conter cette histoire de l’Europe politique, je vais m’appuyer sur trois éléments fondateurs :
- La guerre de Trente Ans en Allemagne.
- L’absolutisme en France.
- Les révolutions en Angleterre.

1.1- La Guerre de Trente Ans en Allemagne

La paix d’Augsbourg (1555) a certes permis la reconnaissance des princes luthériens dans la Saint Empire mais la paix ne règne pas : « réformés » et « papistes » y apparaissent irréconciliables. Des ligues armées se forment en 1608-1609 (Union évangélique protestante et Sainte Ligue catholique). La situation devient explosive avec l’empereur Ferdinand II, élu en 1619, qui vise l’élimination du protestantisme et la transformation de l’Empire en un vaste Etat centralisé et catholique.

Tout commence à Prague par un incident banal, le 23 mai 1618.

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La défenestration de Prague

Lors d’une réunion de conciliation qui tourne mal, des nobles Protestants pénètrent dans la salle et « défenestrent » deux négociateurs catholiques et leur secrétaire (ils vont tomber sur un tas de fumier et n’être que légèrement blessés). Il s’ensuit une violente répression anti-protestante, les armées de la Ligue catholique battant les Tchèques et l’électeur palatin à la bataille de la Montagne Blanche.
Le roi de Suède et le cardinal Richelieu interviennent alors pour soutenir les princes Protestants, la guerre devenant dès lors européenne, sur fond de vieil antagonisme entre la maison des Habsbourg et la France.

Le traité de Westphalie (1648) met fin aux conflits, il affirme la souveraineté des 350 Etats allemands qui deviennent de fait indépendants. Le Saint Empire, diminué des Provinces-Unies (la Hollande) et de la Confédération helvétique, est pratiquement réduit à l’impuissance.

1.2- L’absolutisme en France

On a vu au siècle précédent la suprématie de l’Empire germanique (avec Charles Quint) puis celle de l’Espagne (avec Philippe II). Le XVIIème siècle va connaître cette même volonté hégémonique, cette fois à l’initiative de la France.

  • Louis XIII et Richelieu

Après l’assassinat d’Henri IV en 1610, la régence de Marie de Médicis et le début du règne de Louis XIII se heurtent aux intrigues des « Grands » et aux soulèvements des Protestants, jusqu’à l’arrivée de Richelieu comme chef du Conseil (en 1624).

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Le duc de Richelieu

Richelieu, avec la confiance et l’appui du roi, met en oeuvre le programme qu’il s’est fixé :
- déjouer les conspirations nobiliaires,
- mater les Protestants, mais en maintenant leurs acquis civils et religieux de l’Edit de Nantes,
- contrecarrer la puissance des Habsbourg, y compris en Espagne, persuadé qu’il en va de l’existence même de la France en tant que grande nation.

  • La régence et la Fronde

Richelieu meurt en 1642, puis Louis XIII quelques mois plus tard en 1643, Anne d’Autriche assurant la régence avec l’appui de Mazarin.
Les graves troubles de La Fronde éclatent alors et vont durer pendant toute la minorité de Louis XIV. Ils répondent à la montée de l’autorité monarchique en France (depuis Henri IV et surtout Louis XIII et Richelieu). La Fronde tient aussi à une situation financière et fiscale difficile, due aux prélèvements pour alimenter la guerre de Trente Ans.
Une première période correspond à la montée de l’opposition parlementaire, elle est suivie par une révolte des princes : Condé, Conti, Longueville... et même Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII.
Turenne, rallié au roi, défait les armées de Condé, que ses partisans abandonnent progressivement. En 1652, Louis XIV rentre triomphalement à Paris et peut s’installer au Louvre.

Débarrassé de la Fronde, Mazarin reprend la politique extérieure de Richelieu : il entreprend d’isoler l’Espagne et recherche l’appui de l’Angleterre de Cromwell. Les armées françaises, commandées par Turenne, remportent la victoire des Dunes (près de Dunkerque) en 1658. Le traité des Pyrénées (1659) permet à la France d’annexer une série de territoires espagnols (Roussillon, Artois, ...), l’Espagne cessant de compter au rang des grandes puissances européennes.

  • Louis XIV
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Louis XIV

A la mort de Mazarin (1661), Louis XIV décide de gouverner sans Premier ministre et affirme l’absolutisme royal : tout l’appareil d’Etat est contrôlé par le roi, grâce à ses Secrétaires d’Etat (Colbert, Louvois...) et ses Intendants. Conscient de la place de premier plan de la France en Europe, Louis XIV entend conforter cette domination par la force des armes :

- En 1672, il déclare la guerre à la Hollande pour réduire sa puissance économique. Guillaume d’Orange (Stathouder, c’est à dire gouverneur général des Pays-Bas) réunit une première coalition contre la France comprenant les Pays-Bas, le Saint-Empire, le Brandebourg et l’Espagne.
Le traité de Nimègue rétablit la paix : la Hollande y gagne l’abrogation du tarif douanier français qui lui était défavorable, la France restitue la plupart de ses conquêtes mais acquiert la Franche-Comté et plusieurs villes des Flandres.
Louis XIV n’a pas réussi à conquérir les Pays-Bas et l’Europe est maintenant unie contre lui.

- En 1688, Louis XIV ordonne l’invasion du Palatinat. La ligue d’Augsbourg, à laquelle se joignent l’Espagne, la Suède, l’Angleterre et la Hollande déclare la guerre à la France. Épuisés financièrement, les belligérants signent les traités de Ryswick, par lequel la France perd tout espoir d’hégémonie sur l’Europe.

- S’ouvre alors la crise de succession d’Espagne, pour laquelle Louis XIV et l’empereur Léopold ont des droits comparables. Louis XIV soutient la candidature de son petit-fils (Philippe d’Anjou) mais l’empereur s’y oppose. A l’initiative (à nouveau) de Guillaume d’Orange, l’Angleterre, les Pays-Bas et l’Empire constituent la Grande Ligue de La Haye et déclarent la guerre à la France et à l’Espagne.
La France est à deux doigts du désastre mais la coalition ne peut atteindre Paris, permettant à Louis XIV d’obtenir une paix, sinon satisfaisante, du moins honorable : par les traités d’Utrecht et de Rastadt, Philippe d’Anjou est conforté comme successeur des Habsbourg au trône d’Espagne mais doit abandonner les Pays-Bas, le Milanais, Naples, la Sardaigne et la Sicile. La France cède à l’Angleterre les terres américaines de la baie d’Hudson, l’Acadie et Terre-Neuve.

Un nouvel équilibre européen se dessine donc, dans lequel aucune puissance ne peut imposer son hégémonie sur le continent.
L’échec politique de Louis XIV a en partie été masqué par l’éclat de la culture française, mais le roi a mésestimé trois nouveaux aspects de la situation européenne :
- la puissance anglo-hollandaise, nations certes concurrentes au niveau maritime mais réconciliées contre l’ennemi commun, notamment lorsque Guillaume d’Orange devient roi d’Angleterre (voir ci-après).
- les forces nationales et religieuses des Allemagnes, morcelées au niveau des princes mais unies dans la détestation française (notamment après les massacres du Palatinat).
- la renaissance des Habsbourg d’Autriche, débarrassés de la pression turque (par les traités de 1699 et 1718, les Turcs ont abandonné à l’Autriche la Hongrie, la Transylvanie et la Serbie) et qui peuvent se ré-intéresser à la politique européenne.
On entrevoit déjà les forces qui vont agir dans les prochains siècles !

1.3- Les révolutions anglaises

A la mort d’Elisabeth Ière en 1603, Jacques Stuart puis son fils, Charles Ier, veulent gouverner sans le Parlement. Il s’ensuit une véritable guerre civile qui va durer plusieurs années et aboutir à la victoire de l’armée du Parlement, commandée par Olivier Cromwell.

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Cromwell

Le roi est arrêté, jugé et exécuté. Cromwell instaure la République et dissout le Parlement en 1653.
- Son objectif est d’unifier l’ensemble des Iles Britanniques, avec l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande, ce à quoi il échoue.
- Il promulgue « l’Acte de Navigation », essentiellement dirigé contre la Hollande et qui va faire de l’Angleterre la principale puissance maritime européenne.
- Il développe l’industrie et le commerce.
- Par contre, il ne peut résoudre les problèmes tenant à la structure de l’Etat et à l’organisation religieuse, le pays sombrant de fait dans l’anarchie.

A la mort de Cromwell en 1658, son fils Richard gouverne médiocrement pendant un an puis est chassé par l’opinion publique, lassée des guerres civiles et demandant la restauration des Stuart.

Charles II inaugure alors une politique favorable au catholicisme, les troubles recommencent et le roi est contraint d’accorder « l’habeas corpus » en 1679, dans la continuité de la « Magna Carta » acceptée par Jean sans Terre en 1215.
Son successeur Jacques II essaie d’instituer l’absolutisme royal mais est finalement destitué par le Parlement qui fait appel à Guillaume d’Orange (stathouder des Pays-Bas et époux de la fille de Jacques II). Cette « Glorious Révolution » se fait sans effusion de sang.

Le Parlement impose aux nouveaux souverains la « Déclaration des Droits » (Bill of Rights, 1689), selon laquelle la Loi ne peut être ni suspendue ni abolie par le roi. L’Angleterre entre dans un régime de monarchie constitutionnelle, fondé sur la collaboration entre la monarchie et le Parlement.

2- L’économie européenne

2.1- Le mercantilisme

C’est la doctrine économique du XVIIème siècle, fondée par Antoine de Montchrétien, un auteur français. Elle vise à développer le commerce et l’industrie, si besoin par une politique extérieure agressive, comme on l’a vu ci-dessus. L’idée sous-jacente est que la richesse d’une nation dépend de son stock de métal précieux et qu’il faut donc avoir une balance commerciale excédentaire. Il s’agit donc à la fois de :
- mettre en place un système protectionniste visant à décourager les importations et favoriser les exportations,
- disposer des matières premières nécessaires, soit sur le sol national, soit dans les colonies, ce qui explique l’intense effort de colonisation (voir ci-après).
- développer les productions industrielles nationales pour éviter les importations de biens manufacturés.
Les mercantilistes veulent démontrer aux princes que les marchands sont leurs meilleurs alliés et que le commerce est la continuation de la guerre avec d’autres moyens

Différentes stratégies sont alors mises en oeuvre :

  • L’Angleterre et la Hollande favorisent le développement économique par l’initiative privée.
    - La bourgeoisie d’Amsterdam s’enrichit considérablement, la ville devenant un des principaux ports d’Europe et une des principales places du commerce, avec la création de la Banque d’Amsterdam en 1609.
    - L’Angleterre transforme son agriculture par le mouvement des « enclosures », qui substitue la propriété privée à l’usage commun des sols. Il s’ensuit un net appauvrissement des populations rurales mais un formidable essor des productions de laines et des industries associées.
    Par ailleurs, l’Angleterre mène une politique d’Etat très volontariste pour favoriser sa marine et son commerce national (cf. Le « Navigation Act », pris à l’initiative de Cromwell).
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    Colbert
  • La France choisit une autre voie, en ne mettant pas l’accent sur l’initiative privée mais sur une politique industrielle volontariste à l’initiative de l’Etat, avec la création (par Colbert) des Manufactures Royales : Gobelins (tapisseries), Beauvais et Abbeville (draps) etc.
    D’autres pays européens (Prusse, Autriche, Suède) vont s’inspirer de ce modèle colbertiste pour développer des industries qui leur sont propres (notamment dans le domaine métallurgique)

Le mercantilisme se trouve ainsi en cohérence avec une politique étrangère agressive, telle que je l’ai rappelée ci-dessus : au cours du siècle l’Angleterre a déclaré trois fois la guerre à la Hollande, la France a cherché à ruiner ses nations concurrentes (l’Angleterre et surtout la Hollande).
Le mercantilisme nécessite aussi la recherche systématique des matières premières manquant à chacun des pays, d’où le développement du colonialisme au XVIIème siècle.

2.2- Le colonialisme

  • Au début du XVIIème siècle et dans la continuation des grandes découvertes, L’Espagne et le Portugal sont les principales puissances colonisatrices européennes.
    - Le Portugal va rapidement perdre ce statut, ses colonies étant constituées de comptoirs isolés (sauf le Brésil) et difficiles à défendre.
    - L’Espagne déclinante ne va pouvoir tirer parti de ses possessions d’Amérique du Sud, compte tenu de l’affaiblissement économique et financier du pays, ruiné par l’abondance de métaux précieux et l’absence d’investissements productifs.
  • La Hollande se taille alors un riche empire colonial au détriment du Portugal et de l’Espagne :
    - La Compagnie des Indes Orientales est fondée en 1602 et s’établit à Java, au Japon, à Ceylan, au Cap de Bonne Espérance...
    - En 1621, la Compagnie des Indes Occidentales combat l’Espagne dans les Amériques, au Brésil, aux Antilles, dans la baie d’Hudson (Nieuw-Amsterdam).
    Vers le milieu du XVIIème siècle, la Hollande (les Provinces Unies) est la première puissance maritime et coloniale d’Europe, ce qui ne va pas sans inquiéter l’Angleterre.
  • L’Angleterre s’est engagée dès la fin du XVème siècle dans l’aventure coloniale (Madras, Sierra Leone, Gambie...) mais c’est surtout vers l’Amérique du Nord que se tourne l’attention du pays :
    - Les Anglais qui fuient les persécutions anglicanes traversent l’Atlantique sur le Mayflower (1620) et fondent le Massachusetts, puis c’est la Virginie, le Maryland, le Connecticut... au total sept colonies sur le territoire américain.
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    Le Mayflower


    - En 1664, le comptoir de Nieuw-Amsterdam tombe aux mains des Anglais. qui le rebaptisent New-York.
    - En 1662, l’Angleterre acquiert Bombay et étend peu à peu ses possessions dans les Indes qui deviennent, après l’Amérique du Nord, la deuxième grande colonie anglaise.
    - A partir de 1665 et suite aux trois guerres anglo-hollandaises, le déclin des Provinces Unies est manifeste et l’Angleterre devient la principale puissance coloniale européenne.

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Québec
  • En France, il faut attendre la fin des guerres de religions et le ministère de Richelieu pour assister à la reprise de l’effort colonial entamé par François Ier.
    - Il se porte d’abord sur le Canada où Champlain fonde Québec en 1608.
    - Les Français établissent des comptoirs en Guadeloupe, au Sénégal, en « Iles de France » (La Réunion et l’Île Maurice).
    - Mais c’est Colbert qui va doter le pays d’un véritable empire colonial, notamment en Amérique du Nord avec l’occupation de deux grands axes : nord-sud du Canada à la Louisiane, est-ouest avec l’exploration du Mississippi, puis des Grands Lacs et du Saint Laurent.
    - En fait, cette expansion coloniale en Amérique du Nord s’avère trop vaste et incompatible avec le petit nombre de colons (80 000) répartis sur ce territoire immense.

Globalement, les profits tirés de la colonisation sont considérables, avec le commerce des épices, du thé, du sucre, du tabac, des fourrures... auquel va bientôt s’ajouter le sinistre « commerce triangulaire » pour fournir aux colonies la main d’oeuvre sans laquelle elles ne peuvent se développer.
La contagion coloniale gagne alors le Danemark, la Suède, le Brandebourg...

3- L’essor des sciences et de la pensée

Au XVIIème siècle, les sciences se transforment par l’expérience et la déduction mathématique. La pensée s’affranchit de la spéculation théologique et soutient une recherche de la vérité fondée sur la raison.
Ce double essor scientifique et philosophique est particulièrement marqué en Angleterre et en Hollande, où règne une relative liberté religieuse et politique.

3.1- Domaine scientifique

Les progrès de la science se fondent sur trois avancées :

  • La méthode expérimentale et le raisonnement inductif, dont les règles sont développées par Francis Bacon (1561 - 1626).
  • L’observation et la mise au point d’instruments nouveaux :
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    Le télescope de Galilée


    - Galilée construit un télescope lui permettant de découvrir les montagnes de la lune, les satellites de Jupiter, les phases de Vénus, ... De ses expériences, il conclut que la terre tourne sur elle-même et autour du soleil (voir ci-après ses déboires avec l’Inquisition).
    - Pascal découvre le pesanteur de l’air et la pression atmosphérique, Torricelli invente le baromètre.
    - Denis Papin invente le principe de la machine à vapeur.
    - Huyghens étudie la lumière et lui attribue une origine ondulatoire.

  • Les mathématiques, permettant de modéliser les phénomènes physiques et d’en appréhender le déroulement par le calcul :
    - Pascal invente les calculs de probabilités.
    - Descartes développe la géométrie analytique.
    - Neper invente les logarithmes et le calcul logarithmique.
    - Fermat et Monge développent le calcul différentiel et intégral.
    - Newton, le plus grand nom du siècle dans le domaine de la physique, formule la loi de l’attraction et de la gravitation universelles. Il faudra trois siècles et Einstein pour en dépasser les limites, avec les lois de la relativité généralisée !

3.2- Domaines philosophique et politique

Le XVIIème siècle marque le début d’une approche scientifique du monde, les penseurs visant à l’appliquer au domaine philosophique mais également politique.

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Thomas Hobbes
  • Thomas Hobbes développe une approche mécaniste et positiviste, s’efforçant d’expliquer le monde et les phénomènes par les seules lois des causes et des effets.
    Dans le domaine politique, il développe l’idée du « contrat », par lequel chaque individu accepte de transférer ses droits au « souverain », selon lui une nécessité pour vivre une vie publique apaisée. Hobbes théorise ainsi l’absolutisme, tout en reconnaissant que le souverain doit agir dans les limites de « droits imprescriptibles », établissant ainsi les bases de « l’Etat de droit ».
  • Descartes fonde sa réflexion sur le doute méthodologique et sur une méthode déductive visant à éviter les erreurs de raisonnement.
    - il propose une méthode inédite fondée sur le doute radical.
    - il fait reposer tout son système sur les deux seules vérités absolument certaines découlant de ce doute : la certitude de sa propre existence : « je pense, donc je suis » et l’idée de Dieu.
    - Cette approche systématique (et très française) est possible puisque « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ».
  • Spinoza cherche à séparer la morale de la religion, la théologie de la philosophie. Il estime qu’il faut appliquer l’esprit critique aux Écritures, aux institutions politiques et sociales.
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John Locke
  • Locke développe une théorie de la connaissance basée sur l’empirisme, considérant que l’expérience est la base de la connaissance.
    - Dans le domaine politique, il met l’accent sur les « droits de nature », que chaque individu possède et que la société à le devoir de protéger. Il énonce trois droits fondamentaux : droit à la vie et à fonder une famille, droit à la liberté, droit à la jouissance de ses biens et à l’échange.
    - L’institution politique ne peut contrevenir à ces libertés, Locke étant considéré à cet égard comme l’initiateur du libéralisme économique.
    - Le pouvoir législatif est le pouvoir suprême : il ne peut y avoir de pouvoir absolu (divergence avec Hobbes), ni d’arbitraire (en cela il le rejoint sur la notion d’Etat de droit). Où peut dire que Locke annonce déjà les « Lumières » du XVIIIème siècle.

3.3- Domaine religieux

  • La controverse galiléenne
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Le procès de Galilée

J’ai évoqué dans l’article sur le Renaissance les travaux de Copernic, démontrant la pertinence du modèle héliocentrique à l’encontre du modèle géocentrique. Galilée est un fervent défenseur de cette théorie copernicienne et son attitude aboutit au fameux procès de 1633 où il est condamné à la prison à vie par la Congrégation du Saint-Office (le bras judiciaire de l’Inquisition). Il accepte alors d’abjurer le système héliocentrique et Urbain VII transmue cette peine en assignation à résidence. Galilée a-t-il vraiment murmuré « E pur si muove » ?

En 1741, le pape Benoît XIV abandonnera l’idée du modèle géocentrique. En 1757, les livres de Copernic et Galilée seront retirés de l’Index. Galilée sera réhabilité en 1784.

  • Le Jansénisme

Le principal débat théologique du XVIIème siècle porte les conditions de l’accès au Salut : prédestination par le Grâce divine ou Libre Arbitre ?
En 1628, Cornelius Jansen développe l’idée de la prédestination, que soutiennent en France la Sorbonne, l’abbaye de Port Royal et Pascal, tandis que les jésuites s’y opposent.

De purement religieuse au départ, la querelle janséniste devient politique, le rigorisme étant vite perçu comme une critique des fastes de Louis XIV et de sa Cour. En 1661, Louis XIV ordonne la dispersion des pensionnaires de Port-Royal, et les principaux responsables jansénistes s’exilent.
Un siècle plus tard, cette lutte ne sera pas étrangère à la Révolution Française, les partisans de la constitution civile du clergé étant jansénistes pour la plupart.

  • La révocation de l’Edit de Nantes

En 1685, feignant de croire qu’il n’y a plus de Protestants en France, Louis XIV signe l’Edit de Fontainebleau qui interdit le protestantisme sur le territoire français (excepté en Alsace).
Cette révocation entraîne l’exil d’au moins 200 000 Protestants, accueillis par les pays voisins (Provinces-Unies, Angleterre, Brandebourg, Suisse...). Cette politique, inacceptable au plan humain et absurde au niveau économique, entraîne en Europe une violente critique de la tyrannie de Louis XIV et favorise la formation de la deuxième coalition contre la France (celle de 1688).

4- Population et société

4.1- Evolution de la population

La population européenne est restée pratiquement constante de l’Antiquité au début du XVème siècle (l’augmentation du XIIème siècle ayant été annihilée par la peste noire des années 1350).

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Evolution de la population

Après une timide reprise au XVème siècle (0,6% par an), la population stagne à nouveau jusqu’à la moitié du XVIIème (0,35% par an), l’Europe comptant environ 100 millions d’habitants. Plusieurs causes expliquent cette stagnation :

  • L’absence de nouveaux progrès des techniques agricoles et une longue détérioration du climat, entraînant des famines répétées :
    - Avec l’assolement triennal, pratiquement un tiers des territoires est improductif.
    - De plus le XVIIème siècle connaît le « petit âge glaciaire ». Dans toute l’Europe, les mauvaises récoltes entraînent une hausse des prix et une spéculation sur les produits. Les disettes succèdent aux famines, non par manque de nourriture mais par manque de moyens pour s’en procurer.
    Sait-on que le pain va même manquer sur la table de Louis XIV ?
  • L’état de la médecine, incapable d’évoluer depuis Gallien :
    - L’Église interdit la dissection qui permettrait pourtant de progresser dans la connaissance de l’anatomie.
    - On pratique des saignées, des purges, des lavements ou des régimes qui contribuent à affaiblir le malade.
    - L’espérance de vie est très faible (25 ans en moyenne), notamment du fait de la mortalité infantile.
  • Le nombre et la durée des guerres : la guerre de trente ans en Allemagne, les guerres anglo-hollandaises, celles dues à la politique de Louis XIV.
    Sur son lit de mort, le roi n’aurait-il pas confié tâchez de conserver la paix avec vos voisins. J’ai trop aimé la guerre, ne m’imitez pas en cela ? Lucidité un peu tardive.

4.2- Une société d’ordres et de privilèges

Les éléments qui suivent sont typiques de la société française et ne peuvent être complètement extrapolés au reste de l’Europe, même si la France, par son rayonnement, en constitue le principal modèle.

  • Une Europe rurale

Près de 90% de la population européenne vit à la campagne. C’est aussi la campagne qui produit l’essentiel des richesses, malgré les avancées notables de l’industrie et du commerce en Angleterre et aux Pays-Bas.

Les richesses et le pouvoir sont toutefois très différemment répartis selon les « ordres » : clergé, noblesse et Tiers Etat (comprenant les bourgeois, artisans et paysans).

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Les trois Ordres

Environ 30% du territoire appartient à la noblesse, 10% à l’Eglise, 20% à la bourgeoisie et 40% aux agriculteurs. Ce dernier chiffre doit être relativisé : les paysans sont très nombreux (80% de la population), aussi leurs propriétés sont fort petites, le plus souvent moins de 1ha, alors qu’il en faudrait au moins 5 pour vivre dignement.

  • Le clergé

Le clergé constitue un ordre puissant mais en nombre limité : 200.000 personnes en France, soit moins de 1% de la population. Ses financements proviennent de la dîme (environ 12% prélevés sur les revenus agricoles de la noblesse et des paysans) et des revenus de ses propriétés.

Il est hiérarchisé en classes, ayant peu de relations entre elles (ni d’ailleurs de considérations réciproques) :
- Le Haut clergé (cardinaux, évêques, archevêques), essentiellement composé de nobles nommés par le roi, et quelques membres de la bourgeoisie (Bossuet...). Il accapare l’essentiel des revenus de l’Eglise : 25% des revenus pour 0.1% de la population ecclésiastique !
- Le clergé régulier, composé de frères et de sœurs essentiellement voués aux soins des malades ou à l’enseignement. Ils sont rattachés à des communautés : Lazaristes, Visitandines, Filles du Calvaire...
- Le Bas clergé, comprenant les curés, pouvant être relativement aisés, les vicaires et les prêtres, qui forment un véritable prolétariat dont les revenus sont limités à la « portion congrue », redistribuée par les curés.

  • La noblesse

La source de la noblesse est en théorie la naissance : est noble celui qui peut faire remonter sa noblesse à quatre générations nobles. On peut aussi être « anobli », pour services rendus ou par l’achat d’un titre de noblesse. Au XVIIème siècle, il y a en France 80.000 familles nobles totalisant 400.000 personnes, soit environ 2% de la population.

C’est une population disposant de nombreux privilèges : possession d’un « fief » et des revenus et droits associés, prééminences honorifiques, exemptions fiscales totales (taille, corvées... ) ou partielles (capitation, vingtième...), accès réservés aux hautes fonctions ecclésiastiques et militaires.

La noblesse ne constitue toutefois pas un groupe homogène et est constitué de strates très différentes :
- La noblesse de Cour, qui bénéficie des plus grands privilèges, des charges et pensions les plus lucratives et qui mène un train de vie fastueux.
- La noblesse provinciale, avec de grandes diversités selon l’importance des propriétés seigneuriales. Une partie de ces nobles est aisée, beaucoup sont pauvres et ont un train de vie comparable à celui de leurs métayers.
- La noblesse de robe, issue de la bourgeoisie et constituée de personnes anoblies par leurs fonctions parlementaires ou administratives. C’est une noblesse qui bénéficie de revenus élevés et d’un patrimoine supérieur à la noblesse provinciale.
La noblesse parlementaire a souvent acheté ses diplômes et ne dispose pas nécessairement des compétences correspondantes. Elle est très attachée au maintien de ses avantages et hostile aux évolutions. La noblesse administrative, issue de la bourgeoisie, est souvent cultivée, hostile aux privilèges de la noblesse traditionnelle.

  • Tiers Etat : la bourgeoisie

C’est une classe sociale difficile à définir : citadine, n’exerçant pas (ou plus) de métier manuel, disposant de revenus réguliers et ayant une influence dans la société. Elle comporte des strates relativement ouvertes, permettant une ascension sociale continue et joue un rôle croissant au XVIIème siècle.
Souvent cultivée et diplômée (juristes, avocats, notaires...), c’est une population privilégiée par Louis XIV dans le choix des fonctionnaires (vous connaissez le jugement désabusé de Saint Simon). Elle constituera le « fer de lance » de la contestation des privilèges au siècle suivant.

  • Tiers Etat : l’artisanat

L’artisanat rural est composé de petits artisans-paysans qui trouvent un complément de revenus avec des productions locales : forgerons, charrons, maçons...

L’artisanat citadin est beaucoup plus structuré avec les « corporations », qui organisent l’exercice des métiers :
- relations entre maîtres, compagnons et apprentis,
- accès à la maîtrise (il est défendu aux « compagnons » de travailler pour leur compte) et règles d’apprentissage,
- relations entre les maîtres et les donneurs d’ordres, etc.
Ces règles sont contrôlées par les « jurés » des corporations, ou par l’autorité municipale ou seigneuriale. Globalement, les corporations constituent un système très malthusien de défense des maîtres, limitant les accès à la profession et décourageant les innovations (d’où le terme de « corporatisme »).

Je rappelle par ailleurs que la production industrielle privée est rare en France (à la différence de l’Angleterre), souvent limitée à une extension de l’artisanat rural (production drapière notamment). Comme on l’a vu ci-dessus, la production industrielle est essentiellement développée à l’initiative de l’Etat dans le cadre des Manufactures, alors qu’elle est prise en charge par l’initiative privée en Angleterre et en Hollande.

  • Tiers Etat : les paysans
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Une famille de paysans
Louis Le Nain (1642)

C’est la population la plus nombreuse, en France comme dans toute l’Europe : environ 80%. On distingue trois statuts d’agriculteurs :

- Les laboureurs, propriétaires de leurs terres et qui disposent de surfaces cultivables suffisantes pour en vivre. C’est une minorité.
- Les métayers. Ils sont propriétaires de petites surfaces et doivent compléter leurs revenus en cultivant les terres appartenant aux classes privilégiées (nobles et clergé).
Dans le contrat de métayage, le propriétaire avance les semences et le bétail et récupère la moitié de la récolte. Le métayer doit parfois une redevance complémentaire en argent et des « corvées ».
En France, les propriétaires nobles n’exploitent pas directement leurs terres (au risque de « déroger » et de perdre les privilèges de leur statut)), ils doivent donc faire appel à ces métayers (ou fermiers).
La situation est différente en Angleterre où les propriétaires de grands domaines en confient l’exploitation à des entreprises capitalistes, les « farmers », en tirant parti du système des « enclosures ».
- Les journaliers. Ils ne sont pas propriétaires mais vendent leur force de travail pour une rémunération journalière. C’est une population très pauvre, la plus atteinte par les famines et les épidémies et qui forme souvent les contingents de mendiants et de vagabonds.
Les domestiques ont un statut comparable mais bénéficient généralement d’une situation mois précaire.

A noter que le servage a pratiquement disparu en France (alors qu’il est important en Europe centrale et en Allemagne), même s’il reste environ 1 million de « mainmortables », un statut apparenté pour lequel les enfants ne peuvent pas hériter des biens de leurs parents (biens qui reviennent au seigneur propriétaire du fief).

Fiscalité agricole
Les agriculteurs doivent acquitter
- la dîme seigneuriale (environ 1/10 des revenus)
- la dîme ecclésiastique, due par les seigneurs mais que ceux-ci reportent fréquemment sur leurs métayers.
- les péages, droits de marchés et de foires, qui entravent fortement le commerce et la circulation des produits.
- la taille royale (qu’ils sont seuls à supporter) ainsi que la capitation et le vingtième, théoriquement universels mais dont les nobles s’exonèrent souvent.

Modes de vie
Globalement, l’existence des paysans est misérable, du fait des statuts, de la fiscalité et de la faiblesse des revenus tirés des exploitations : parcelles trop petites, beaucoup de landes et de terres incultes, techniques obsolètes et peu de soins apportés aux cultures.

L’habitation est de mauvaise qualité, la plupart des maisons sont bâties en torchis et couvertes de chaume. L’alimentation est souvent insuffisante, basée sur le pain, la soupe, les laitages, le beurre, un peu de lard. La viande n’apparaît que rarement sur la table.

la population des campagnes est inculte, la grande majorité des paysans ne sait ni lire, ni écrire, beaucoup de paroisses ne possèdent pas d’écoles.

Et notre Europe, dans tout ça ?

Bossuet a écrit ma conclusion !
Je n’ai qu’à vous la retranscrire, sans rien y changer (ou presque...).

Considérez, messieurs, ces grandes puissances que nous regardons de si bas. Pendant que nous tremblons sous leur main, Dieu les frappe pour nous avertir. Leur élévation en est la cause ; et il les épargne si peu, qu’il ne craint pas de les sacrifier à l’instruction du reste des hommes.
Ô nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : l’Europe se meurt ! L’Europe est morte !

(Vous aurez reconnu l’oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre, suite à la mort de Madame : « Madame se meurt ! Madame est morte ! » Bossuet me pardonnera cette petite entorse, l’occasion était trop belle).

Pourquoi ce pessimisme, me direz-vous, pourquoi cette oraison funèbre en ce XVIIème siècle marqué par la magnificence du classicisme et l’éclat du Roi Soleil, que toute l’Europe envie, imite, craint et déteste à la fois ?

Nous avons vu l’Europe naître avec la Grèce, nous l’avons vu se construire avec Rome, nous avons vu Charlemagne tenter de la refaire, par les armes certes mais surtout par la cohérence de son administration...
Nous avons vu les Etats-nations se constituer progressivement à l’initiative de leurs souverains, en Allemagne, en Espagne, en Angleterre, en France ; à l’initiative de leurs souverains, justement, non de leurs peuples (« l’Etat, c’est moi », pourra dire Louis XIV)... Nous avons vu chaque Etat refuser, à juste titre, que l’un d’eux prenne l’ascendant sur les autres et ne crée l’Europe en vassalisant ses voisins.

Mais en ce XVIIème siècle nous voyons le triomphe de ces Etats-nations dans leur logique de guerre, entraînés par la double contrainte de l’économie et de la politique :
- Il faut s’enfermer dans le protectionnisme pour être prospère,
- Il faut faire la guerre à ses voisins pour accaparer leurs richesses.
On est aux antipodes de ce que Montesquieu appellera plus tard le « doux commerce ».

Le XVIIème est un siècle de faux semblants, masqués par l’éclat de Louis XIV et de sa Cour. Derrière les apparences somptueuses de Versailles, le XVIIème est un siècle de régression, marqué par la stagnation de la population, les guerres incessantes, les massacres du Palatinat, les famines, les épidémies, la paupérisation de la majeure partie de la population européenne.

Oui, l’Europe est morte. Ou plutôt une certaine idée de l’Europe basée non sur l’adhésion des peuples mais sur la volonté de puissance de leurs dirigeants.

Heureusement, à la différence des hommes ou même des civilisations, les idées ne meurent pas ! Et quelques lueurs apparaissent qui, déjà, préfigurent les Lumières :
- C’est le Parlement d’Angleterre imposant au roi le « Bill of Rights », mettant fin à l’arbitraire.
- C’est Locke, affirmant la notion « d’Etat de Droit ».
- C’est Spinoza ou Descartes, voulant appliquer l’esprit critique aux écritures.
- Ce sont des mathématiciens et des scientifiques, mettant en place les bases d’une nouvelle compréhension du monde.
- C’est une classe moyenne bourgeoise qui prend conscience de sa valeur et de sa culture, et qui voit l’inanité de ces privilèges qui sclérosent la société.

Allons, rien n’est écrit.
Reprenant le titre de ce beau film de Tavernier, je peux dire : « Que la fête commence ! ». Elle va être terrible, mais aussi porter les espoirs d’une nouvelle Europe...


Non, je n’ai pas aimé ce XVIIème siècle de guerres et de régression.
Mais soyons juste, c’est aussi celui du classicisme et des splendeurs de la littérature, du génie de Molière et de Racine...

Pour clore cet article, je ne résiste pas au plaisir de vous rappeler ces quelques vers sublimes, où Phèdre avoue son amour à Hippolyte :

Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.
J’aime. Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,
Innocente à mes yeux, je m’approuve moi−même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison,
Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes.


Messages

  • Merci pour ce nouvel article, toujours aussi bien documente et bien ecrit, un regal a lire.

    J’aimerais proposer (un peu tard comme d’habitude) quelques commentaires et un bilan un peu moins negatif de ce XVIIeme siecle, et peut-etre deceler quelques germes de la constructions europeenne moderne.

    Je suis bien d’accord, Louis XIV etait une brute. Il a passe son temps a faire la guerre a ses voisins, l’acroissement de la gloire et de puissance de la France se faisait d’abord pas les armes, et la France a finalement perdu a ce jeu militaire sur le plan economique, politique, demographique.

    Mais si l’on se place du cote de la Hollande, on peut tirer des conclusions differentes. Sa politique de developpement passait par la croissance des echanges economiques avec ses voisins europeens plutot que par la guerre. Le libre-echange, l’un des piliers de la construction europeenne du XXeme siecle, a permis a la Hollande de s’enrichir considerablement au XVIIeme siecle. D’une certaine facon elle a montre l’exemple pour la suite.

    Et en France, meme si Louis XIV s’est fourvoye dans ses guerres ruineuses, il avait au moins bien compris que le rayonnement de la France passait aussi par l’exportation du bon gout francais, et que cela avait des retombees economiques importantes. Paris est devenue durant son regne la capitale europeenne de la mode, encouragee par les depenses somptuaires de la cour. De nombreux riches europeens achetaient en France, a distance ou bien se deplacant a Paris, attires par ses boutiques, sa gastronomie, son architecture, son mobilier de luxe. Les echanges de marchandises, d’idees, de personnes, permettaient dans une certaine mesure de contribuer a la creation d’une identite europeenne, en temps de paix.

    A suivre avec ton article sur le XVIIIeme siecle !

    • Salut Pierre,
      Merci pour ce message, qui vient utilement apporter un éclairage un peu optimiste sur ce XVIIème siècle que je trouve paradoxalement bien sombre.

      C’est vrai que la politique de libre-échange des Provinces-Unies a dû fortement contribuer à son essor économique et qu’elle préfigure une des bases de la construction européenne (on oublie souvent que l’UE est le premier espace commercial mondial - dommage qu’il lui manque les politiques sociale, fiscale... venant réguler son libéralisme anglo-saxon !).
      Je n’ai pas assez souligné l’importance de Guillaume d’Orange, un prince secret et méconnu (mais redoutablement efficace), aux antipodes de Louis XIV, qui le détestait cordialement (il faut dire qu’il était aussi souverain de la principauté d’Orange, territoire enclavé en Provence que Louis XIV n’a cessé de lui disputer) !
      Il n’a quand même pas été un grand pacifiste et lui aussi a passé son temps à faire la guerre et à monter des coalitions contre la France, avec d’autant plus de réussite qu’ayant épousé la fille de Jacques II, il était aussi roi d’Angleterre.

      Pour ce qui concerne le rayonnement français et ses retombées économiques, tu as évidemment raison, et les magnificences de la cour ont dû favoriser une industrie du luxe, qui reste un des fleurons de l’exportation française (au point d’occulter les succès d’autres secteurs moins flamboyants).

      En tous cas toujours heureux de lire tes mises au point argumentées... et à bientôt au XVIIIème siècle !
      JF

    • Répondre à ce message (2516)



    Répondre au message 2515 du 23 août 2015, 15:52, par Pierre


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