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Ouzbékistan 2014 1/3 Ouzbékistan 2014 1/3

mercredi 12 novembre 2014 par Dominique V

Il y a 2 messages en rponse cet article.

De retour d’un magnifique voyage en Ouzbékistan, le pays au cœur des routes de la soie, de nombreuses questions habitent le voyageur, qui, sans oublier les merveilles architecturales de l’âge d’or de l’Islam, s’interroge sur la réalité moderne du pays, le quotidien de la vie de ses habitants, son potentiel économique et son avenir.
Bien évidemment, un voyage d’une dizaine de jours ne permet pas d’apporter des réponses exhaustives mais oblige le voyageur à approfondir pour qu’un voyage « touristique » devienne aussi une expérience qui le rapproche d’un pays oriental, certes, mais que l’Histoire a, de gré ou de force « occidentalisé ».

Ce premier article porte sur la géographie et l’économie du pays. Les deux suivants évoqueront son identité.

La situation géographique

L’ Ouzbékistan fait partie d’un ensemble de pays, « cinq Républiques sœurs » musulmanes situées entre la Mer Caspienne à l’ouest et la province chinoise du Xinjiang à l’est. Au sud, les montagnes du Pamir de l’Afghanistan forment une frontière naturelle.

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Carte de l’Ouzbékistan

C’est un pays enclavé, c’est-à-dire sans accès à une mer ouverte, doublement enclavé puisqu’aucun des pays limitrophes (le Kazakhstan au nord, le Turkménistan au sud, le Tadjikistan à l’est) n’ont, eux-mêmes, d’ouverture sur la mer. Pays de 28 millions d’habitants, aussi grand que la Suède.

Il occupe le fond d’une immense mer asséchée. La mer d’Aral au nord et la mer Caspienne à l’ouest témoignent de cette origine. Les villes que nous avons visitées, Tachkent, Samarkand, Boukhara, Khiva sont d’anciennes oasis surgies au milieu d’étendues arides, de déserts comme le Kyzylkoum, ou semi-désertiques comme la steppe.

Une steppe étonnante

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Vue de la steppe

Le magnifique TGV qui nous conduit de Tachkent à Samarkand en deux heures traverse cette steppe. Rien à voir avec ces prairies où l’herbe ondule sous le vent. C’est plutôt un paysage gris et terreux, voire sablonneux, à peine recouvert de petits buissons, gris aussi. Cependant la moindre maisonnette possède une tonnelle où grimpe une vigne qui procure de beaux raisins et aussi une ombre bénéfique.
On peut voir aussi des jardins bien entretenus, entourés d’une ou plusieurs rangées de fleurs cultivées, de magnifiques fleurs de cana rouge au feuillage vert. Donc, du raisin à profusion, des fleurs, des montagnes de pastèques et de melons à la chair blanche, voilà ce que nous voyons sur la route.
Dans les marchés des villes, tous les légumes et fruits de saison sont présents en abondance : tomates, aubergines, concombres, oignons, carottes jaunes…pommes, poires, kakis et melons bien sûr.

Tout cela est rendu possible par une irrigation continue et prolongée, à ciel ouvert. En effet, dans toute la steppe, des canaux d’irrigation circulent et alimentent chaque petite ferme ou village isolé. Toutes ces habitations s’entourent d’un rideau d’arbres, des peupliers qui bordent le canal. Ils ombragent quelque peu une pauvre étendue d’herbe sèche où paissent une ou deux vaches maigres. Le fourrage nécessaire à leur alimentation (impossible à récolter dans la steppe) arrivera par le train.

En ville

La première surprise en arrivant à Tachkent-la capitale- à l’est du pays, immense ville moderne entièrement reconstruite par les soviétiques après le tremblement de terre en 1966, c’est l’omniprésence de la végétation : parcs immenses plantés d’arbres de toutes espèces (mais surtout de platanes, d’ormes et de pins), pelouses vertes, parterres de fleurs bien entretenues.

De toutes les villes des républiques islamistes, c’est Tachkent la plus verte, nous dit le guide. Là encore les canaux d’irrigation sont partout et les femmes y puisent l’eau avec laquelle elles arrosent continuellement les pelouses et le pied des arbres tout en balayant les feuilles mortes.

Mais on se demande si ces vastes espaces verts, ces bosquets en pleine ville (forcément gourmande en eau alors qu’on sait qu’il ne pleut pas de juin à novembre) arriveront à créer une sorte de microclimat ou bien, malheureusement, à assécher la nappe phréatique toute proche. Car dans les villes que nous avons visitées, l’eau est très présente : canaux, bassins, fontaines, plans d’eau miroir, jardins raffinés reconstitués à l’ancienne comme à Boukhara autour de la mosquée Bala Havun.

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Le bassin de Boukhara

Bien sûr, on s’efforce de recréer la poésie des jardins orientaux « ornements du monde » mais à la fin de l’été, les parterres de roses, les plantations de peupliers blancs accusent le caractère implacable de l’ensoleillement sans fin.

L’ « or blanc » de l’Ouzbékistan

La monotonie de la steppe est interrompue par d’immenses étendues d’un vert sombre émaillé de taches blanches : ce sont les champs de coton. inaccessibles pour le touriste (on ne doit pas s’arrêter à côté d’un champ). Ils s’animent à la fin du mois de septembre par la présence de la population pour la cueillette du coton qui n’est pas mécanisée, malgré ce que disent les guides.

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Un champ de coton

Cette culture est la plus grande richesse du pays : la récolte est de 5 millions de tonnes par an et fait de l’Ouzbékistan le cinquième pays producteur mondial et le deuxième exportateur.
Mais cette richesse a aussi son revers : c’est une culture qui demande beaucoup d’eau. L’Amou Daria, un des plus grands fleuves de l’Asie centrale (2580 kms) traverse tout le sud du pays pour se jeter dans la mer d’Aral au nord-ouest. Aujourd’hui nous voyons ce grand fleuve, devenu très lent et sans force, s’épuiser et se perdre dans les sables, déjà à la hauteur de Khiva. Les multiples canaux d’irrigation ont eu raison de lui. Et la mer d’Aral au nord-ouest du pays a perdu la moitié de sa superficie en quarante ans ! C’est une catastrophe écologique sur laquelle les Ouzbeks s’expriment très peu.

On peut conclure -sous réserve d’informations plus complètes- que l’Ouzbékistan que nous avons traversé est un pays de grande production agricole coton, fruits, légumes et même vin ! Elle assure à la population une vie qui reste pauvre certes, mais sans véritable misère.
Cependant le problème de l’eau est tel qu’il pourrait à la longue ruiner le pays. Des millions de tonnes de sel et de sable transporté par le vent agrandissent les zones désertiques, menacent les oasis d’ensablement et rendent le sol de plus en plus impropre à la culture. La disparition de la moitié de la mer d’Aral est à l’origine de la perte de la richesse poissonneuse du pays, de l’augmentation de la salinité des eaux et accentue encore le caractère continental du climat.


Messages

  • J’ai lu cet article avec avidité comme les champs de coton boivent l’eau de l’Amou Daria. J’ai vu les petites fermes, avec leur vigne et leurs peupliers, comme si j’y étais. J’ai envie d’en savoir plus.
    quelques questions : pourquoi les touristes ne peuvent-ils pas s’arrêter à proximité d’un champ de coton ?
    On se dit qu’il faudrait des canaux couverts et de l’irrigation au goutte à goutte...
    Remarque : Peu de mécanisation donc du travail manuel et pas de misère, c’est ce que nous avions constaté au Vietnam, grand exportateur de riz. Trop de progrès tue le progrès ! pourvu que les grosses machines n’arrivent pas trop vite là-bas.
    A bientôt pour la suite des aventures du trio féminin !



    Répondre au message 2390 du 13 novembre 2014, 10:16, par Mimi


  • Il nous a été précisé lors de mon voyage en Ouzbékistan que la culture intensive du coton dans ce pays a été imposée par l’URSS avec la systématisation propre à ce type de régime, faisant fi des problèmes d’eau et requérant lors de la cueillette toutes les mains d’œuvre les plus inattendues : élèves et professeurs de tous niveaux et ce durant la période scolaire.Il semble aussi que ce soit devenu plus strict car nous avions pu nous arrêter et participer à la cueillette..très brièvement ; d’ailleurs cela chatouille fort désagréablement les narines.



    Répondre au message 2391 du 13 novembre 2014, 16:33, par Colette SIMON


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