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La crise économique La crise économique

Conférence de B. Benoit

lundi 11 novembre 2013 par Jacqueline

Il y a 1 message en réponse à cet article.

Cette conférence est la première d’une série de huit portant sur les grands dossiers contemporains. Dominique, Marie-Noëlle et moi-même suivons ce cycle à l’UTA.

La crise actuelle remonte aux années 70 et comporte trois « couches » qui se superposent comme dans un « gratin ».

1 La crise monétaire

- L’étalon-or

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L’étalon or
Un beau pavé !

Jusqu’en 1914, l’étalon-or équilibre le système et assure une croissance de 1 à 1,5% par an. Mais la guerre provoque l’endettement de l’Allemagne qui n’a plus rien pour nous dédommager. Ce sont les Américains qui prêtent de l’argent aux Allemands pour qu’ils nous remboursent.
Arrive la crise de 1929, une des plus graves crises jamais connues. Le système américain s’effondre. Les Américains demandent qu’on les rembourse ce qui entraînera la chute du système allemand d’où naîtra le nazisme.

- Le dollar américain

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Le dollar américain

Après la seconde guerre mondiale, en 1945, le monde se divise en deux : d’un côté le monde communiste, de l’autre le monde américain. Contrairement à l’Europe, les Etats Unis ont gardé intactes leurs réserves d’or (ils possèdent 2/3 du stock d’or mondial). A la conférence de Bretten Woods (juillet 44), ils imposent un nouveau système monétaire international (le SMI). Celui-ci met en place un taux de change fixe (pour toutes les monnaies adhérant au SMI), ajustable à + ou – 1% fixé sur le dollar américain, lui-même rattaché à l’or sur la base de 35 dollars pour un once d’or. Le dollar devient donc la référence. Quand une monnaie dépasse -1%, on la dévalue, et inversement on réévalue (la France ne rentrera dans ce système qu’à partir de 1959 avec l’arrivée du nouveau franc).

- L’effondrement du système de Bretton Woods

A partir de 1960, Le système commence à se dérégler. L’aide Marshall inonde l’Europe de dollars. Devenu plus abondant, le dollar est moins recherché. Les pays qui ont trop de dollars les échangent contre de l’or. Du coup, le cours de l’or monte tandis que celui du dollar baisse. Pour enrayer le déficit de la balance commerciale, Johnson déclare en 68 que le dollar n’est plus convertible en or pour les banques privées et en 71, Nixon décrète que le dollar n’est plus du tout convertible en or.

Le SMI retrouve un équilibre provisoire à la conférence de Washington le 18 décembre 1971 : le dollar est dévalué de 8% et on élargit les marges de fluctuation des monnaies (+ ou - 2,25%) par rapport au dollar. Mais le nouveau régime ne résiste par à une nouvelle spéculation en 73 et les accords conclus à Kingston (Jamaïque) en janvier 1976 consacrent l’effondrement du système de Bretton Woods tout en légalisant le flottement généralisé des monnaies et l’abandon de l’or comme étalon monétaire.

2 La crise de la dette

- Premier choc pétrolier en 1973

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1973 : Le premier choc pétrolier

Suite à l’offensive arabe du Kippour contre Israël, l’OPEP décide d’augmenter ses tarifs pour sanctionner les pays occidentaux qui ont soutenu Israël. Le baril passe de 3 à12 dollars. La crise qui s’ouvre en 1973 est originale par rapport aux crises antérieures du capitalisme : la production diminue, c’est la récession. Mais loin d’entraîner une baisse des prix, ceux-ci augmentent. C’est l’inflation. D’où le néologisme « stagflation ». La priorité des gouvernements devient la lutte contre l’inflation et non plus la croissance et l’emploi. Margaret Thatcher en Angleterre et Reagan aux Etats Unis pratiquent l’austérité salariale, les baisses d’impôts pour les riches et les sociétés, la répression syndicale. La dette américaine explose, tout en restant « supportable », les Etats-Unis faisant supporter cette dette par les pays émergents (notamment la Chine).

- Deuxième choc pétrolier en 1979

Suite à la révolution en Iran puis de la guerre entre l’Irak et l’Iran, le prix du baril passe à 30 dollars en 80. Pour stopper la dépréciation du dollar, Volcker nommé directeur de la FED (banque centrale américaine), décide d’inverser la politique monétaire américaine. Il relève le taux d’intérêt et, de là, le taux de change du dollar. C’est à ce moment là que le Mexique déclare qu’il ne peut plus payer sa dette (juillet 82). En quelques semaines, plusieurs dizaines de pays débiteurs font de même. Les banques américaines, préoccupées surtout de leurs intérêts arrêtent sur le champ tout nouveau versement. Pour traiter le problème de l’endettement, on organise simplement un report des remboursements arrivant à échéance (accords de rééchelonnement). Dans ce contexte, le secrétaire d’état américain, J. Baker propose en 1985 de nouvelles mesures pour stimuler la croissance des pays endettés pour qu’ils continuent à rembourser la dette (programmes d’ajustement structurel). Mais la dette des pays contraints à l’ajustement continue de croître…

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La dette publique française

Parallèlement à la dette du Tiers Monde, une autre dette, celle des pays riches progresse (notamment en Europe). En effet, pour maintenir la protection sociale, ces pays s’endettent (dette souveraine), faute de pouvoir équilibrer leurs comptes par la seule augmentation des impôts. De 1975 à 2010, la dette souveraine française passe de 20% du PIB à 80%. Chaque année, elle doit payer 47 milliards d’euros d’intérêt, soit l’équivalent de 89% de l’impôt sur le revenu !

3 La crise financière

Cette crise est la plus récente, la plus perverse aussi. On peut la comparer à un cancer dont les différentes crises constituent les « métastases ».

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La crise londonienne (1987)

- Minikrach de Londres, le 19 Octobre 1987, le Dow Jones chute à –22,6%. G. Soros gagne un milliard d’euros en une heure en spéculant contre la livre sterling ! Alan Greenspan, nouveau président de la Réserve fédérale joue le pompier.

- Crise mexicaine en 1994 Le peso s’effondre. Bill Clinton intervient pour stopper la crise et les Etats Unis prêtent 50 milliards de dollars au Mexique dont 18 milliards via le FMI.

- Crise asiatique en 1997 « Au lieu d’éteindre les flammes, le FMI a crié « Au feu ! » en plein théâtre » (Jeffrey Sachs). Avec la crise, 24 millions de personnes se retrouvent au chômage, ce qui entraîne une vague de suicides, particulièrement chez les personnes de plus de soixante ans. Les conséquences se font encore sentir dix ans après.

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La crise des subprimes

- Crise des subprimes en 2007-2008 Elle concerne des prêts à taux variable accordés à des américains aux revenus modestes voulant accéder à la propriété. Au début, ces derniers bénéficient de taux d’intérêt très bas (1,5%) mais qui augmentent jusqu’à 4,5%. Ne pouvant plus les payer, les gens revendent leur maison ce qui entraîne l’effondrement des prix. Par ailleurs, les banquiers vendent les subprimes en les titrisant. Les titres étant proposés à d’autres organismes financiers, ces produits toxiques gagnent ainsi toute la sphère financière mondiale, d’où la crise des subprimes (voir article de JF sur le blog).

Conclusion

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Y a-t-il une solution ???

Selon T. Piketty, on ne connaîtra plus de croissance supérieure à 1,5%, ce qui nous met dans l’impossibilité de faire reculer la dette et le chômage. Le seul moyen d’améliorer la situation, ce serait l’inflation mais on n’arrive pas à la faire repartir !

D.Graeber dans :« La dette, 5000 ans d’existence » envisage quatre possibilités pour sortir de la crise :
- La BCE achète les créances des Etats (bons du trésor, obligations d’Etat…), mais l’Allemagne refuse.
- La BCE prête aux banques privées qui rachètent ces créances, mais l’Allemagne s’y oppose. Toutefois et depuis la prise de fonction de M. Draghi à la présidence de la BCE, un accommodement a été trouvé et la BCE a prêté sans limites aux banques européennes qui en faisaient la demande.
- Christine Lagarde (directrice du FMI) propose de taxer les 10% des ménages les plus riches.
- L’effacement de la dette. C’est cette solution que D. Graeber semble retenir.


Messages

  • Très intéressant, ton article, d’autant qu’ayant snobé l’UTA (pour cause d’inscription à l’UO), j’en profite comme si j’y étais !

    J’aime bien les solutions refusées par Angela et que, de fait, Mario reprend en douce sans lui en parler...
    Et pourquoi pas un petit peu d’inflation (mais pas trop, je suis à la retraite !), rien de tel pour relancer la consommation et l’investissement !
    Quant à la croissance, c’est vrai qu’elle ne pourra être que faiblarde (heureusement du point de vue écologique, malheureusement pour l’emploi), et il faudrait que quelqu’un se dévoue pour dire à François d’aller la chercher du coté de la transition énergétique.

    Pour celles ou ceux qui voudraient approfondir les causes et le déroulement des principales crises que tu évoques, je conseille le livre de Elie Cohen "Penser la crise". J’aime bien cet économiste, simple, pédago et qui ne se prend pas au sérieux.

    JF



    Répondre au message 2080 du 11 novembre 2013, 20:57, par Jean-François


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