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Sommaire

Rénovation des logements basse consommation

mardi 24 avril 2012 par Myriam

Il y a 2 messages en réponse à cet article.

Résumé de l’article
Le projet Renaissance vise à diviser par 4 la consommation d’énergie dépensée dans les logements anciens.
Par quelle technique ?

Isolation (murs, vitrages, ventilation mécanique double flux),
chaudière ou pompe à chaleur performantes,
changement de comportement

Comment y arriver ?

Travaux lors de vente, plan d’ensemble pour copropriété,
autofinancement du programme

Rôle des différents acteurs : l’état, les entreprises, les propriétaires

En guise de conclusion :
des exemples concrets

Est-ce vraiment réaliste ? nos remarques

Cet article a été écrit d’après le projet Renaissance
Programme européen CONCERTO
Août 2007
Olivier SIDLER (ENERTECH)

Dans le chapitre sur le projet, les remarques de Myriam et Jean sont en italique

Introduction

Nous sommes confrontés à un double problème : le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources fossiles. Que faire ? Rechercher de nouvelles sources d’énergie ou économiser ? Les deux !
Que peut-on faire pour économiser ?
En France, l’énergie dépensée dans les logements représente 45% de la consommation totale d’énergie et 23 % des émissions de gaz à effet de serre.
Réduire la consommation d’énergie dans le bâtiment serait assez facile et spectaculaire : 80 % des bâtiments anciens (construits avant 1975) sont des passoires thermiques.

Le projet

1 Les objectifs à atteindre : diviser par 4 la consommation d’Energie

- Pour le chauffage, il faut atteindre une consommation d’environ 50 kWh/m²/an pour satisfaire les conditions de l’équilibre en carbone.

A noter pour les constructions neuves : dans notre région quand on construit en BBC (Bâtiment à Basse Consommation) il y a une obligation de résultat à 60 KWh/m²/an, contrôlé pour avoir le label. Les maisons individuelles répondant à la réglementation 2011 peuvent avoir un coefficient autour de 80 ou 100, mais il n’y a pas d’obligation de résultat. Donc 50 KW/m2/an est un objectif très ambitieux.

Actuellement la dépense d’énergie pour le chauffage des bâtiments anciens est de 328 KWh/m²/an.

Ce coefficient nous semble très élevé : ainsi pour l’immeuble de Jean datant des années 1970 non isolé, nous avons calculé un coefficient de 138 kWh/m²/an.

- Pour l’eau chaude la dépense est de 36 kWh/m²/an, l’objectif serait de diviser la consommation par 3.
Pour économiser, il y a bien sûr le chauffe-eau solaire mais il n’est pas opérationnel partout et tout le temps. Les excès de consommation sont surtout dus aux gaspillages (usages au fil de l’eau)

On ne voit pas bien réduire autant la consommation d’eau chaude, si c’est surtout comportemental. Une des solutions peut être d’installer des Chauffe-eau thermodynamiques qui récupèrent l’air chaud de la VMC avec une petite pompe à chaleur… à chiffrer.

- Pour les consommations en énergie spécifique (les appareils électriques)
Actuellement on dépense : 1000 kWh/personne/an, l’objectif serait de diviser cette consommation par 4. (lampes basse conso, moteurs électroménager moins gourmands…)

Là aussi l’objectif nous semble très ambitieux, certes les lampes basse consommation permettent de diviser par 4 la consommation en éclairage mais cela ne représente que 2% d’économies. Pour l’électroménager : une nouvelle génération de frigo serait peut-être moins consommatrice…

Les caractéristiques du parc à rénover :

Le Parc de logement ancien (avant 1975) constitue 67% du parc total dont 73 % de petites unités.
Dans l’objectif d’avoir tout rénové en 2050, il faudrait rénover 417 000/an logements par an : c’est à peu près le nombre de logements anciens qui sont vendus chaque année.
Une loi obligeant la rénovation de tout logement ancien lors de la vente permettrait de rénover le parc d’ici 2050 avec l’avantage de faire les travaux à un moment où le logement est inoccupé.

Qui paiera ? Le propriétaire vendeur est déjà tenu de donner le coefficient thermique de son appartement. Si le coefficient est mauvais son appartement perdra de sa valeur, donc le nouveau propriétaire achètera moins cher mais sera-t-il contraint à faire les travaux (avec obligation de résultat) ?

2 La stratégie de rénovation à mettre en place

Il faut rénover à 50 kWh/m²/an et non pas faire les choses à moitié ! Car on ne rénovera pas une seconde fois pour atteindre l’objectif !

On fait l’hypothèse que le parc bâti sera rénové par l’intérieur, car on ne peut pas défigurer l’aspect des villes et des villages en plaquant les isolants à l’extérieur.

3 quelles solutions techniques ?

Elles sont complexes et difficiles à mettre en œuvre par des PME françaises peu formées opérant sur de nombreux petits chantiers. Une Solution Technique Universelle pourrait faciliter la tâche des petites entreprises.
Cette Solution Technique Universelle qui impose non des solutions ou des matériaux mais seulement des résistances thermiques préconiserait :
- Des vitrages triples.
- Une ventilation double flux avec récupération de chaleur impérative.
- L’isolation des murs et planchers bas avec une résistance conforme à la réglementation
- L’isolation des combles et toitures avec résistance conforme.
- Pour le chauffage : soit une chaudière à gaz à condensation, soit une chaudière à fioul haut rendement, soit une pompe à chaleur sur l’air extrait, soit une chaudière à bois à plus de 70% de rendement.

Depuis 2007 la capacité et la technicité des bureaux d’études s’est beaucoup améliorée, il paraît douteux qu’on oblige à appliquer du nord au sud de la France une STU, alors qu’elle peut être adaptée au moins à chaque département. De plus la profession est de plus en plus sensibilisée et compétente.

Le problème des copropriétés ?
Les propriétaires font de petits travaux en particulier le changement des fenêtres, mais pour arriver à un bon coefficient thermique , il faut que l’immeuble soit isolé dans son ensemble, que le mode de chauffage s’il est collectif soit revu. Donc il faut un plan d’ensemble pour la copropriété : la réglementation doit laisser un temps nécessaire pour que les co-propriétaires provisionnent des échéances, et il faut prévoir des aides pour les personnes à faibles ressources.

Le confort d’été
Un bâtiment très bien isolé est une bouteille thermos en été car l’air intérieur se réchauffe peu à peu et ne se refroidit pas !! Il y a peu de solutions actuellement si on exclut la climatisation ….à part ouvrir les fenêtres la nuit…. !

4 Coût et financement du programme

Après calculs, le coût d’une rénovation reviendrait à 200 € /m2.
Soit 15 000€ pour 75 m2 superficie moyenne des logements.
Si l’on choisit un financement par un emprunt sur 20 ans au taux actuel 4, 5c Cela donne 15 € de remboursement par m2 par an (1125 € pour 75 m2)

Cette dépense devrait être compensée par les économies sur la facture.
On économise en moyenne 280 kWh/m2/ an ce qui représente au prix actuel du baril : 15 € d’économie.
Donc dès la première année le budget serait en équilibre, les économies d’énergie remboursant les travaux engagés.

5 Quels enjeux et quelle stratégie pour les différents acteurs ?

Les enjeux sont énormes : ce serait le plus gros projet industriel français, mais aussi un début de solution pour l’environnement, et la prévention d’une crise sociale. En effet, les rénovations entraineraient une création potentielle de 200 000 emplois non délocalisables.C’est un plan qui ne devrait rien coûter à l’état si le coût de l’énergie ne baisse pas et si les prêts ne dépassent pas 4, 5 %. Avec la STU, il est facile à réaliser par tous les professionnels du bâtiment. Même les banquiers peuvent y trouver leur compte.

Qui va se décider à commencer ? C’est à l’ETAT de donner un signal clair : une date butoir pour l’obligation de rénovation des logements mis en vente ; par exemple 2015 qui est un délai suffisant pour que le secteur se prépare.

L’Etat doit aussi préparer l’opinion publique.
Il faut aider à mettre en œuvre : la formation et l’embauche dans le BTP. Il faut expérimenter et évaluer, afin que les rénovateurs construisent ensemble leur savoir- faire. Il faut aussi conduire une politique des prix raisonnables afin de ne pas provoquer une révolte du public et un arrêt des efforts.

Légiférer c’est bien mais la politique d’incitation (crédits d’impôts, subventions) doit continuer, menée par l’état ou par la région . Par ailleurs, il ne faudrait pas que le coût de la rénovation dérape !

6 L’expérience allemande

Depuis 2003 L’Allemagne a lancé des programmes de rénovation d’abord expérimentaux puis de plus en plus ambitieux. Une réglementation a été mise en place. Les atouts allemands sont la qualité des bureaux d’étude, le sérieux et le savoir-faire des entreprises qui rendent possible l’approche fondée sur le Calcul Thermique. L’Allemagne a acquis un savoir-faire unique au monde.Un programme ambitieux de rénovation de 300 000 logements a déjà permis de créer beaucoup d’emplois. Ce qui est déterminant c’est qu’il y a une forte volonté politique qui transcende les clivages des partis. Les financements sont fait par le biais d’un équivalent de notre de Caisse des Dépôts (alimentée en partie par les Landers.) Les aides sont conditionnées à l’objectif que se fixe le propriétaire. Celui-ci reçoit une subvention directe et un financement à taux préférentiel.

Les programmes sont en augmentation spectaculaire et l’Allemagne devrait arriver à rénover son parc ancien dans les 20 ans.

Remarques générales faites à partir de cet article

- Il serait souhaitable de faire une comparaison avec d’autres propositions pour la France.
- Comparer à d’autres expériences à l’étranger.
- sera-t-il si facile de légiférer sans provoquer un tollé des propriétaires ?Remarquons que, que l’Allemagne procède beaucoup par incitation.

Des exemples concrets

L’appartement de Myriam

J’ai essayé de mettre à l’épreuve les données de cet article par rapport à mon appartement : 60 m2 non isolé (simple survitrages sur les fenêtres) et chauffé à 19° le jour 18° la nuit.
Ma facture de gaz s’élève à 482 €/an avec une consommation de 5768KWh/an soit un coefficient de 96 kWh/m²/an.

Le coût estimé des travaux pour isoler mon appartement :
fenêtres double vitrage, isolation des murs, dépose et changement des radiateurs : 15 900 €. Admettons que je paie comptant donc pas de frais de crédit.

Quelles économies vais-je réaliser ?
Si j’isole avec un coefficient de 50 kWh/m²/an, ma facture s’élèverait à 251 € ce qui veut dire que j’amortirai mes travaux en 63 ans…à moins que le coût de l’énergie monte en flèche je ne suis pas très incitée à faire des travaux aussi importants, même avec une sensibilité écologique !

Vous et votre appartement

Votre appartement est-il très mal isolé ? Votre facture est-elle très lourde ? Pouvez-vous faire des économies substantielles en isolant ?

Calculez votre coefficient énergétique : divisez le nombre de kw/h dépensé en un an par le nombre de m2 de votre appartement.
En option vous pouvez calculer si les travaux d’isolation seraient rentables pour vous :
- calculez le montant de votre facture si vous aviez un coefficient énergétique de 50 kw/h/m2/an, déduisez-en les économies que vous feriez chaque année.
- calculez le coût des travaux d’isolation : 200€ x le nombre de m2 de votre appartement.

Sur 20 ans arrivez-vous à financer vos travaux grâce à vos économies d’énergie ?

Conclusion

Cet article est intéressant parce qu’il sensibilise aux dépenses d’énergie dans l’habitat ancien. Cependant diviser la consommation d’énergie par 4 me paraît bien ambitieux… et peut-être pas vraiment réaliste. Par ailleurs, le financement des travaux d’isolation par les économies réalisées sur 20 ans n’est pas vérifié sur le cas de mon appartement ! il faudrait voir avec d’autres exemples.

A mon avis, pour une mise en route significative de la rénovation en isolation, il faut à la fois des incitations et des réglementations.

En ce qui concerne la réglementation, le diagnostic de performance énergétique est déjà obligatoire pour la vente de bâtiments existants depuis 2006, à partir du 1/01/2011 elle devient obligatoire dans les annonces immobilières. Des régions proposent d’ores et déjà des aides pour l’isolation. Cela avance !
Pour que le mouvement s’amplifie, il faut que chacun y trouve son intérêt : celui qui rénove son logement va faire des économies significatives sur sa facture et avoir un bon confort, les entreprises vont trouver une possibilité de se développer (autrement dit de faire de l’argent). Regardons le nombre de propositions que nous recevons pour changer les fenêtres !
La concurrence jouera-t-elle suffisamment pour maintenir les coûts à des taux raisonnables…ou les tarifs devront-ils être encadrés ? De toute manière, on ne peut que se réjouir de la création d’emplois dans le bâtiment car « Quand le bâtiment va tout va ! » c’est bien connu !

La France rénovera peut-être moins vite que l’Allemagne mais enfin le mouvement est lancé !

un site intéressant :www.lesecohabitants.fr
Site communautaire pour réaliser des économies d’énergie, calculer votre coefficient énergétique (sous l’égide de Gaz de France…quand même)


Messages

  • J’ai lu avec plaisir ton article sobre et clair et j’ai bien apprécié vos commentaires intégrés dans le développement.
    Par contre, une contradiction saute aux yeux : en théorie, le financement d’une rénovation serait compensé par les économies sur la facture ; en pratique, quand tu prends l’exemple de ton appartement, il te faudrait 63 ans pour amortir (et encore, tu n’aurais pas à rembourser un taux de prêt).
    Où est l’erreur ? Comme disait l’héroïne du film chinois, Je veux des explications !!

    • La première explication c’est que le coefficient thermique de mon appartement est de 90kwh/m2/an alors que l’article part d’un coefficient thermique de 328 KWh/m2/an pour les appartements anciens. Mon interprétation : mon appartement est bien orienté est/ouest et dès que le soleil brille, le thermostat arrête de chauffer, j’ai des survitrages et je ne chauffe qu’à 19°, ma facture chauffage n’est donc pas très lourde. Par conséquent, il n’est guère possible de faire les économies substantielles qui rembourseraient les importants travaux d’isolation. Je suis allée dernièrement chez mon voisin qui est orienté au Nord et malgré ses double vitrages, il faisait bien plus froid chez lui que chez moi (hors période de chauffage tous les deux). C’est pour cela que j’aimerais que des volontaires calculent leur coefficient thermique :regardez sur votre facture le nombre de KWh dépensés pour votre chauffage en un an et divisez par le nombre de m2 de votre appartement... avec plusieurs exemples on pourrait comparer...

    • Répondre à ce message (663)



    Répondre au message 660 du 24 avril 2012, 09:10, par Jacqueline


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