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Sommaire

Chers et retrouvés lecteurs.

Au cas ou vous l’auriez oublié nous avions prévu trois jours de battement entre notre arrivée à Aegine et la mise à l’eau de la Marie, afin de :
- Regréer le bateau après six mois d’hivernage.
- Poser l’antifouling sur les œuvres vives.
- Et surtout prendre en charge les travaux oubliés par le chantier, bien que Gregory nous ait affirmé au téléphone « don’t worry, all is ready ».

Après une nuit passée à l’hôtel, Jacqueline nous négocie une voiture pour trois jours : une minuscule Daewoo heureusement plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur (Jean prétend que le moteur fait un bruit de Mobylette, n’en croyez rien). Et dès le mardi matin, on s’entasse tous les quatre avec nos bagages, cap sur le chantier Asprakis. A notre arrivée, Grégory nous repère aussitôt et me tend la clé du bateau :
- Coup d’œil extérieur, l’enduit epoxy de la quille a bien été posé, on va gagner au moins un demi-nœud !
- Je monte à bord, les vannes d’eau des toilettes ont été changées : ouf !
- j’ouvre la capot moteur : le filtre à eau pour le gasoil est en place, la pompe à eau moteur ne fuit plus (il est vrai que, le bateau étant au sec, le contraire serait étonnant).

Pendant que le capitaine s’occupe de choses sérieuses, savez-vous ce qui inquiète Jacqueline ? Son bambou… ! Faut vous dire que ce bambou, c’est tout un symbole. Un petit coin de verdure dans le désert bleu, une touche de douceur dans le monde âpre et rude de la marine. _ Eh bien, figurez-vous que la tige, bien qu’un peu desséchée a résisté… Jean-François va devoir le supporter quatre mois de plus ! Il a beau le brutaliser à chacun de ses passages dans le carré, le bambou vit toujours. Jean, qui est un vrai frère, a l’idée d’installer un petit support pour le fixer sur le pied de mât.

Bref, all is ok ! On va pouvoir buller et faire du tourisme à terre pendant trois jours… C’est alors que Grégory se repointe et nous énonce les nouvelles données du problème :
- Aujourd’hui il fait beau et il n’y a pas de vent.
- Demain il pleuvra et ce sera difficile de passer l’antifouling.
- Après-demain il y aura beaucoup de vent du nord et la darse de mise à l’eau sera intenable.

Je vous propose donc, dit-il, de mettre l’antifouling et de faire la mise à l’eau dès cet après-midi.

Aussitôt dit, aussitôt fait. On a juste le temps de poser les anodes et de mettre les voiles dans leurs enrouleurs respectifs, pendant que les ouvriers s’activent avec leurs pinceaux. Grégory arrive avec tracteur et remorque et amène la Marie Sereine sous le travelift.
Avant de descendre le bateau il me fait un petit signe en se frottant le pouce et l’index : il faut d’abord passer à la caisse. Le prix est celui prévu (antifouling un peu cher).

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Mise à l’eau


Le travelift nous dépose délicatement dans la darse. Le chief engineer lance le moteur qui tourne comme une horloge (sans fuites) et on quitte le chantier Asprakis, pendant que Mimi reprend la voiture pour nous attendre dans le port d’Aegine.

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Mise a l’eau


En route vers l’ouest, pour une petite croisière sans histoire (cinq milles). Mimi nous attend au ponton, prête à saisir les aussières. Surprise, Grégory nous y attend aussi : il a oublié de compter les travaux sur le moteur. Comme il n’y a plus de sous dans la caisse (tout en liquide, comment voulez-vous que l’Etat grec s’en sorte) on lui promet le solde pour le lendemain. Il en profitera pour nous donner un reçu de TVA, qu’en fait on ne verra jamais.
Le lendemain, comme prévu, la pluie tombe à verse, y compris dans les toilettes du bateau (petite fuite au hublot). On rajoute donc une ligne sur la liste des petits bricolages urgents.

La Marie Sereine a retrouvé sa place, dans le port d’Aegine en face de l’église orthodoxe. Aegine est la banlieue chic d’Athènes, les continentaux y viennent en masse les week-end prolongés. En arrivant le lundi de Pâques nous avons évité la foule et bénéficié des attentions des habitants :
- La charmante dame blonde responsable du service du port,
- les marchandes de poissons de la petite rue proche du port,
- le quincailler fan de voile et de l’OL et son employé pédagogue qui s’évertue à nous enseigner en grec les chiffres jusqu’à dix
- et le petit producteur qui vend ses citrons, ses olives et ses légumes.

Aegine est une ville curieuse où les magasins disparaissent au gré de nos déambulations dans les rues qui s’entrecroisent, où des jeunes femmes tristes vendent des fruits devant leur bateau et où Quasimodo règne sur les toilettes municipales.
On y passe trois jours pleins de charme et d’utilités en attendant l’arrivée de Geneviève.

Une fois les petits bricolages urgents achevés, on décide de faire un peu de tourisme dans l’île. En route pour le temple d’Aphéa (Jean-Louis va être content !). Rossinante nous y conduit (toujours avec son bruit de mobylette…). Très sobre, le temple (style dorique) mais bien conservé (24 colonnes sur 34 sont encore debout) et un panorama de rêve sur la mer.
Jean mime une corde autour d’une pierre gravée en U et nous imaginons les ouvriers grecs passant la corde au cou des colonnes pour les soulever avec des grues.

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Temple d’Aphaia

Après ce saut dans l’Antiquité (5ème siècle av. J.C), nous remontons un peu le temps en nous arrêtant à Paléochora. De loin, on dirait une crèche géante. La colline est parsemée de petites églises et de chapelles : il n’en subsiste qu’une vingtaine sur la centaine qui existait à l’époque où Paléochora était la capitale de l’île (les habitants s’y sont réfugiés du 9ème au 19ème siècle pour échapper aux raids des pirates).
Pèlerinage émouvant : un chemin pavé en pente douce serpente d’une église à l’autre à travers des bouquets de coquelicots d’un rouge incroyablement sombre.
Et du sommet du village, le regard plonge sur le monastère d’Agios Nektarios (de facture plus récente, 20ème siècle).

Avant de rendre Rossinante, nous voulons encore voir Perdika, un petit port au sud-ouest d’Egine. Mais le plan que nous a donné le loueur est une pub mensongère : Aucune route ne relie le port par l’intérieur de l’île. Mimi avise (en grec bien sûr) deux autochtones très affables (ils semblent déjà avoir pas mal picolé !) qui nous conseillent de repartir sur Egine et de suivre la côte jusqu’au bout de la route.
Le détour vaut la peine. Perdika est un peu le Saint-Trop d’Egine (en moins snob) avec ses maisons blanches aux volets bleus et ses bars branchés et très cleans. Face au port, un îlot abrite, paraît-il, des paons et des cerfs. Mais il est temps de ramener notre carrosse. Tant pis pour les paons.

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On se prépare...

C’est vendredi : Gene arrive ! Mimi et Jacqueline décident de nettoyer le bateau mais dans leur ardeur ménagère, un seau mal amarré tombe à l’eau. Jean essaie de le repêcher en attachant la perche au bout du tangon mais le seau se retourne ou refuse de s’accrocher à la perche. Il (Jean) finit par renoncer.

Ca y est, le ferry arrive. On se hâte vers le quai pour accueillir Gene avec une banderole de bienvenue qu’on agite frénétiquement jusqu’à ce qu’elle nous repère et nous fasse un grand signe de la main.

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Une lionne debarque !

Quelle joie de nous retrouver ! Regardez nos têtes hilares après un petit verre d’ouzo et vous pourrez juger par vous-mêmes.

Voir le diaporama

Galerie

  • Sortie du chantier
  • Astuce de grutage !
  • Petite chapelle
  • Quelle couleur, ces coquelicots !
  • La colline des chapelles
  • Aegine, en attendant Gene
  • Premier ouzo
  • Vue depuis le cap Sounion
  • Taverne à Kythnos
  • Entrée de Cora
  • ça à l'air sympa, de barrer...
  • Un transporteur bien adapté aux ruelles !
  • Le monastère de Taxiarkès à Serifos
  • Quelles jolies fleurs...
  • Genevieve, une lionne debarque !

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