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Another Year Another Year

CONTRE

mercredi 19 janvier 2011 par Myriam

Il y a 1 message en réponse à cet article.

Un couple de gentils bobos anglais, elle est psychologue, il est géologue, couple d’âge mûr qui s’entend plutôt bien et passe une bonne partie de ses loisirs à cultiver son jardin.
Passent chez eux des paumés : la collègue de Gerry, divorcée abonnée aux malheurs, Ben un ancien ami de Tom qui s’empiffre et s’alcoolise pour fuir son mal être et jusqu’au frère de Tom, mutique et seul à la mort de sa femme qui bossait et s’occupait de lui.

Tom et Gerry, de gentils amis, patients et compatissants...mais jusqu’où va le soutien aux amis ? accueillir un ami une soirée, un WE en buvant du vin, ok, mais se mouiller vraiment pour lui, l’emmener dans son jardin pour cultiver ou partir pour une virée avec lui, quand même pas.
Tout est lisse. "Tu devrais aller voir une conseillère, une collègue, ce
serait bien pour toi !" dit Gerry à son amie Katie. En fait les "gens bien"
restent des "gens bien" (ouf ! on a cru un moment que le fils avait un vice caché, mais non, il a une petite amie, et Tom et Gerry auront des
petits-enfants.). Finalement les paumés restent des paumés, Katie ne voit pas Ben qui pourrait, si elle s’intéressait à lui sortir de son cercle
vicieux de bouffe et d’alcool. Au lieu de cela Katie se rapproche du frère
de Tom, enfermé dans son mutisme et son incapacité à s’intéresser aux
autres. Re-bonjour les dégâts !
Mais comme dit Candide, mon cher Pangloss, cessons de discuter et cultivons notre jardin.

Certes, l’humour anglais des dialogues est vraiment remarquable, mais
n’intervient-il pas chaque fois qu’une situation pourrait devenir gênante
ou dramatique ? mettre à distance c’est plus correct que d’en faire tout un drame comme ces méditerranéens qui n’ont pas le sens de ...l’humour.


Messages

  • Tom et Gerry ne me semblent pas correspondre à la définition de « bobos » : s’ils cultivent leur jardin, ils ne cultivent pas pour autant l’anticonformisme. Ils parlent peu, souvent avec humour, et semblent bien ensemble. Mais comme les gens heureux n’ont pas d’histoire, Mike Leigh fait graviter autour d’eux quelques figures plutôt pitoyables même si, par instants, on peut les trouver attachantes : Mary, la collègue de Gerry qui n’arrête pas de parler (et de picoler) pour donner le change et le gros Ted qui se noie dans l’alcool et la boulimie, tous deux enfermés dans leur solitude et en manque d’affection.

    Contrairement à toi, je trouve que Tom et Gerry les aident autant qu’ils le peuvent, notamment en les écoutant, ce qui n’est pas toujours facile quand la parole ne circule que dans un sens. Que Gerry conseille à Mary d’aller voir une collègue ne me surprend pas. Elle a bien compris que Mary avait besoin d’aide psychologique mais elle est son amie et ne peut être à la fois sa « conseillère » et sa confidente. Quant à Tom, il parle très franchement avec Ted en lui disant qu’il ne peut pas continuer ainsi et lui propose de l’aider (et déjà de "faire une randonnée"..., ce que Tom refuse).
    Que pourraient-ils faire de plus ?

    Enfin, tu sembles dire que rien ne change à la fin et que les « paumés restent les paumés ». Là non plus, je ne suis pas d’accord. Quand Mary revient frapper chez ses amis, elle a renoncé à sauver les apparences mais c’est aussi le moment où elle va peut-être trouver sa vérité. Elle est allée au fond de sa solitude et peut enfin s’intéresser à l’autre, en l’occurrence le frère de Tom, qui finit par sortir de son mutisme et esquisse un sourire. Il n’y a rien de pitoyable dans la rencontre de deux solitudes : c’est même ce qui donne toute sa valeur à la vie.

    Pour finir, j’ai aimé ce film sans prétention, léger et profondément humain. Je trouve que Mike Leigh sait raconter une histoire à partir de presque rien car son attention se porte sur les failles des personnages, non pour les tourner en dérision mais pour révéler leur humanité. Et c’est notre regard à nous qui change au fur et à mesure que les saisons passent. A la fin du film, Tom et Gerry s’effacent pour laisser la place à la véritable héroïne, Mary.



    Répondre au message 236 du 19 janvier 2011, 18:03, par Jacqueline


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