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Delphes Delphes

17 et 18 octobre

vendredi 29 octobre 2010 par Jacqueline, Jean, Jean-François, Myriam

Il y a 1 message en rponse cet article.

Ne voulant pas paraphraser ni les multiples guides qui décrivent le site ni l’admirable description qu’en fait Lacarrière, nous avons pris le parti d’écrire, chacun selon son style, un ou plusieurs texte(s) évoquant une impression subjective, qui n’engage que son auteur.
A vous de deviner qui a écrit quoi et de réagir avec votre propre subjectivité !

Le site

Depuis le sanctuaire d’Apollon, le regard se lève d’abord sur la grande falaise des Phédraides qui semble toucher le ciel, les cieux, les dieux (?). Il redescend ensuite vers le bas, vers l’immense vallée verdoyante de Pleistos avec ses milliers d’oliviers centenaires, si bien décrits par Lacarrière. Il atteint enfin la mer avec la baie d’Itéa et au loin, le golfe de Corinthe.

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Rien ne l’arrête, depuis le sommet de la montagne jusqu’aux flots bleus : pas une construction, pas une trace humaine. Le ciel, la terre, la mer : les trois éléments en un seul coup d’œil .
Et l’on se sent transporté hors du temps ou plutôt au commencement du monde. Rien d’étonnant que les Anciens aient pensé que Delphes en était le nombril !

Tristesse des ruines

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Le temple d’Apollon

Tristesse immense des ruines sous un ciel pluvieux.
Triste sort des Grecs, autrefois glorieux, maintenant tenanciers de boutiques  souvenirs. Aujourd’hui les Grecs sont l’honnêteté, la gentillesse et la discrétion même. Poussés par l’obligation de se développer, deviendront-ils âpres au gain, grincheux et égoïstes ?

Le trésor des Athéniens

En cet automne pluvieux de –648, Sarkonycos était d’une humeur massacrante. Depuis qu’il avait « accepté  » de présider au gouvernement de la cité, les affaires d’Athènes allaient de mal en pis : avec la crise, le peuple n’avait plus foi en l’avenir. Faut dire qu’avec cette manie de décompter les années  l’envers, on avait l’impression d’avancer  reculons, ce qui n’est jamais bon pour le moral.
Et cette démocratie, c’était d’un lourd  gérer ! Pas moyen de faire accepter la plus petite réforme, c’étaient des palabres sans fins sur l’Agora. Les écoles de rhétorique, elles, au moins, elles fonctionnaient  plein ! Enfin, heureusement, les esclaves n’avaient pas encore obtenu le droit de grève !
De cette démocratie, il en avait parlé  un vieux sage de la cité, Churcyllis, qui avait semblé d’accord avec lui :
- « C’est le pire des régimes !  »
Avant d’ajouter aussitôt :
- « A l’exception de tous les autres !  »
Tu parles d’une réponse. On dirait un oracle de la Pithie.

A propos de Pythie, se dit Sarkonykos, et si j’allais la voir ? ça n’engage  rien, et ça pourrait me faire bien voir… Je vais aller faire un petit tour  Delphes.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Compte tenu de l’état des chemins, il commanda une trirème de fonction. Jusqu’ Isthmia, le voyage fut tranquille. L , il fallut continuer  pied jusqu’ Corinthos (« On devrait creuser un canal, pensa Sarkonykos : avec deux ou trois mille esclaves, ça ne co »terait pas cher, et rien de tel qu’un grand projet structurant pour faire taire les mécontents…).
Mais après Corinthos, quelle galère : une mer croisée épouvantable, des rameurs qui ralaient au moindre vent contraire… Après avoir débarqué  Ithéa, le début du chemin vers Delphes f »t d’abord sympa, dans la vallée couverte d’oliviers. Mais ensuite, ça grimpe, ça grimpe, on voit bien le temple d’Apollon, tout en haut, mais ça n’en finit pas…

Et arrivé  Delphes, il lui fallut attendre cinq jours pour obtenir un rendez-vous avec la Pithie, les grands prêtres prenant un malin plaisir  multiplier les obstacles administratifs !

Enfin il obtint cette rencontre. Complètement hystérique, la Pithie commença par lui déverser un tombereau d’obscénités, franchement inracontables, avant de lui dévoiler son oracle :
« La démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas !  »

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Vaisselle précieuse !!!


Après quoi elle ajouta :
« Dites-donc, les athéniens, vous ne seriez pas un peu pingres, avec les dieux ? La plus grande ville du monde ! Question trésor, vous pourriez quand même faire mieux que les Céphaloniens ou que les Marseillais ! D’autant qu’il me reste un excellent emplacement  construire, juste en dessous du temple  ».

« Et bien me voil frais, pensa Sarkonykos. Va falloir que je garde cette foutue démocratie, et en plus va falloir trouver de nouveaux financements pour le trésor : des effigies en or, des statuettes en ivoire…

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Le trésor des Athéniens

Sans compter le bâtiment, avec les nouvelles normes anti-sismiques…  »

Et pourtant, ainsi fut fait.
Et c’est ainsi que le trésor des Athéniens résista  tous les tremblements de terre et que, grâce  la Pythie, la démocratie perdura  Athènes, au point de servir encore de phare, plusieurs dizaines de siècles plus tard,  toute la civilisation occidentale !

Delphes apollonien : Une victoire du masculin sur le féminin ?

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Féminin...

Les sanctuaires archaïques étaient consacrés  des divinités chtoniennes féminines aussi bien que masculines. Les hommes cherchaient  se concilier les forces de la nature qu’ils ne comprenaient pas.

Pour cela, ils usaient de magie et de divination. En témoigne cette Pythie en transe au dessus de la bouche soufflant  travers le rocher.

Mais au sixième siècle le culte d’Apollon et de la lumière chasse les ténèbres et le masculin rationnel l’emporte sur le féminin intuitif.

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Masculin...

Apollon terrasse le serpent Python, et la Sibille est sévèrement encadrée par les prêtres.

La femme est renvoyée  son foyer et les mâles, dirigeants, guerriers ou philosophes règnent en maîtres sur l’espace public, systématisant les relations masculines et reléguant la femme au rang de reproductrice.

Heureusement restent Dionysos et Pan, les nymphes et les Satyres.

En remontant le temps

La visite de Delphes m’a fait doublement remonter le temps : 2500 ans pour l’époque de la splendeur du site et 41 ans pour ma première visite sur ces lieux en 1969. J’appréhendais un peu la confrontation avec mon impression d’alors.

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Le sanctuaire d’Athéna

J’avais 22 ans  l’époque. Il m’en était resté un souvenir ébloui : sous un soleil de plomb, le cadre naturel grandiose, les ruines évocatrices de la puissance de la Grèce antique. C’est tout juste si je n’avais pas vu des Grecs en tunique arpenter les allées dallées, participer  des cérémonies pleines de mystères, s’affronter dans le stade et assister aux spectacles donnés au théâtre.

Le choc a été moins fort cette fois-ci, est-ce l’âge, est-ce le temps maussade ? Cependant j’ai quand même ressenti la charge exprimée par ces vieilles pierres : la volonté politique d’édifier le sanctuaire, le travail des bâtisseurs ajustant les pierres au millimètre près, et tout un système bien rodé où interagissaient religion, prêtres, gouvernants et gouvernés.


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