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D’Ithaque à Delphes

Du 13 au 16 octobre 2010

jeudi 28 octobre 2010 par Jean-François

Ithaque Missolonghi

Partant d’Ithaque, notre idée est de rejoindre le golfe de Patras. Le port le plus proche est Missolonghi, à 45 milles dans l’est-sud-est. La météo prévoit des vents de SE, force 5/6 : en tirant des bords, et même en s’aidant du moteur, on ne peut guère espérer gagner plus de 3 milles par heure, soit 15 heures de navigation ! Ca va être difficile d’arriver de jour. Après bien des recherches sur la carte, on repère un mouillage forain au sud d’une île (Petalas), qui pourrait nous servir d’étape intermédiaire.

On décrète le lever à 6h00 du matin pour un départ à 7h30. La sortie d’Ithaque se fait au petit jour. Dans la baie, la mer est calme et on prend un cap direct au moteur, en compagnie de deux autres voiliers lève-tôt. Mais progressivement le vent rentre, la mer se creuse et on « bat des pieux ». Il faut envoyer de la toile et prendre l’allure du près, bien loin du cap direct.

Toute la matinée se passe à tirer des bords vers le continent, la visibilité est mauvaise, il faut se faufiler entre les îles qui précèdent la côte.. On se félicite d’avoir le GPS avec une bonne cartographie.
En arrivant près de Patalas, le vent adonne, la mer se calme et on avance mieux. L’option de joindre Missolonghi avant la nuit semble jouable. On abat légèrement pour passer l’île d’Oxia qui marque l’entrée du golfe de Patras. De fortes rafales descendent de la montagne, JF garde l’écoute de GV à la main pour soulager Jacqueline à la barre, quand le bateau menace de partir au lof.

Passée l’île d’Oxia, on peut prendre le cap direct sur Missolonghi. Dans le jour qui décline, les bouées d’entrée apparaissent enfin.

On embouque le long chenal bordé de maisons sur pilotis qui évoquent un pays asiatique.

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On s’amarre au premier ponton, mauvaise pioche : il n’est pas relié à la terre ferme. Il faut repartir ; à la nuit noire un gardien du port nous indique la bonne place. Dîner rapide et tout le monde rejoint sa couchette, après cette longue journée de navigation.

Missolonghi Patras

Au petit matin, la marina de Missolonghi nous apparaît vivante et bien organisée. Le commandant du port nous en vante les mérites, l’hivernage y serait pratique et peu onéreux. On résiste à ses sirènes (dont une parle même le français) et on appareille, destination Navpaktos ou Patras.

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L’arrivée du grain

Passées les bouées, on prend le cap à l’est avec un faible vent de nord-ouest. Mais derrière nous, une nuée d’orage monte à l’horizon, d’une stupéfiante noirceur. Par précaution, on roule complètement le génois, puis rapidement on réduit la GV d’une bonne moitié. Bien nous en a pris ! En quelque minutes, le grain est sur nous, le vent de nord-ouest monte à 35 nœuds (force 7 à 8).

C’est un spectacle incroyable de voir cette mer plate mais absolument noire, entièrement striée de vaguelettes d’écume blanche, arrachées par le vent.
Très vite, des cataractes de pluie et de grêle nous tombent dessus. La visibilité est quasi nulle mais on a de l’eau libre devant nous….
Plein vent arrière, la pluie s’engouffre dans la descente. A l’intérieur, Mimi essaie de la contenir en brandissant bravement une serpillière ; dans le cockpit on fait le dos rond sous nos cirés…

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Un petit réconfortant après le grain

Enfin après une demi-heure de cette furie, le ciel semble s’éclaircir à l’ouest, le grain passe, le vent retombe progressivement. Un peu sonnés, on décide de mettre le cap sur Patras et c’est sous un chaud soleil qu’on y arrive en début d’après-midi.

Après les formalités d’usage à la marina (formalités simples et normalement suffisantes), Jean et moi avons la mauvaise idée de demander un renseignement au bureau de la police du port. L’officier de service est un bel exemple du type « jugulaire, jugulaire ». sans un sourire et avant toute chose il nous demande :
- les papiers du bateau,
- une liste complète de l’équipage,
- Les papiers d’assurance.
On s’exécute. Et il surcharge aussitôt notre liste d’équipage (déjà bien garnie) de trois nouveaux tampons et deux signatures. Rien ne vaut une bonne administration.

Ces formalités accomplies, on part visiter la ville. Patras est la troisième agglomération de Grèce et, après quinze jours dans les îles Ioniennes, ça fait tout drôle de retrouver de grandes rues commerçantes, des immeubles… En fait on ne s’attarde pas et le retour au bateau se fait rapidement.

Patras Trizomia

Cette fois, on quitte le port sous un bon soleil et vent portant, avec en point de mire le pont de Rion. C’est un pont suspendu de toute beauté, qui relie la Grèce centrale au Péloponnèse, entre le golfe de Patras et celui de Corinthe.

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Les quatre pylônes et leurs faisceaux de câbles supportant le tablier sont d’une grande élégance, et on passe sans problème sous la route (70 m de haut !).

Passé le pont, le vent fraîchit un peu, Jean et Mimi tangonnent le génois et c’est à plus de 6 nœuds (presque la vitesse limite de Marie Sereine) que l’on fait cap à l’est vers la petite île de Trizomia.
Pour rejoindre le port il faut contourner l’île et revenir vers l’ouest. Une fois encore les calculs de Tintin et Milou s’avèrent exacts.
- On faisait 6 nœuds, avec 15 nœuds de vent apparent, soit 21 nœuds de vent réel.
- En remontant vers l’ouest au moteur, on avance à trois nœuds, soit 24 nœuds de vent apparent : l’arrivée risque d’être sportive, d’autant que trois autres bateaux convergent avec nous vers le port.
En fait tout se passe bien, la « marina » est pratiquement désaffectée et de multiples places nous attendent.

Cette marina à peine construite et déjà abandonnée offre un drôle de spectacle, presque angoissant ; quelques bateaux hivernent là, certains tous rouillés, un grand ketch a même coulé et seuls ses mâts émergent de l’eau, les lampadaires penchent sur les quais, dont les seuls habitants sont une horde de chats errants…

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Le petit port de pêche de Trizomia

Mais au delà de cette première impression, l’île de Trizomai nous est apparue charmante, toute petite, son joli village serré autour de l’église, une place ombragée près du minuscule port de pêche où un bateau fait régulièrement la navette avec le continent tout proche…
D’un commun accord, on décide que c’est la plus belle île grecque vue à ce jour, et on fête ça à la taverna de la place, devant un bon ouzo précédant le dîner.

Trizomia Itèa

Ciel gris mais vent portant et bonne météo (nord ouest force 3 à 4), on met le cap sur Itèa, le port le plus proche de Delphes que l’on souhaite bien sûr visiter.

Journée de navigation sans problème. La marina d’Itèa est pratiquement déserte : des centaines de mètres de quais et seulement quatre voiliers amarrés, plus quelques petits bateaux locaux. Pas d’eau, pas d’électricité, un bureau de port déserté… mais des hordes de chiens errants qui ont remplacé les chats de Trizomia.

Il va nous falloir reprendre notre rôle d’experts européens pour comprendre l’arrêt de tous ces investissements ! (on apprendra qu’effectivement, ici comme à Trizomia, il s’agit de projets sur financements européens qui n’ont jamais pu être menés à terme).


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