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De Messine à la Grèce De Messine à la Grèce

vendredi 1er octobre 2010 par Jacqueline, Myriam

Il y a 7 messages en réponse à cet article.

De Messine à Rocella Ionica

en passant par Saline Ioniche, le port fantôme (du 19 au 21 septembre)

Après une longue matinée consacrée à finaliser et à mettre en ligne notre dernier article, nous partons le cœur léger pour une petite étape (18 milles) vers le port de Saline Ioniche que les services du port de Messine nous ont dit « absolumente tranquille » (sans problème). Mais Poséidon et Eole auxquels nous avions échappé au nord du détroit de Messine nous attendaient. Dès la sortie du port un fort vent arrière nous prend en chasse (vent force 6 avec rafales à 8). L’allure vent arrière est instable et difficile à tenir, la barre est dure.

Cependant il fait beau, la côte est proche, la mer n’est pas grosse et nous ne nous inquiétons pas trop. Le détroit s’élargit et nous nous dirigeons vers le Sud Est puis l’Est et le vent mollit. Nous avançons vers Saline Ioniche. Le port est toujours ensablé, une bouée jaune en défend l’entrée, la nouvelle digue en béton n’abrite que quelques canots locaux. Le capitaine refuse à juste titre de s’y engager et nous décidons de rallier le prochain port à 50 milles par une navigation de nuit, en n’allant pas trop vite pour arriver au petit jour.

Après le repas du soir, Jean et Mimi prennent le premier quart. Passé le cap de Spartivento, nous faisons route au Nord-Est et le vent nous arrive du Nord. On navigue au près avec GV puis Génois, il y a entre 6 et 12 nœuds de vent, donc pas de danger d’arriver trop tôt.

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On a mis les harnais

Mais les dieux sont rancuniers (n’avons-nous pas fait assez de libations de vins locaux ?) et dès que JF et Jack prennent leur quart à 23 heures, Poséidon charge Eole d’envoyer un vent force 6 avec rafales à 7 (30 nœuds de vent) et gonfle ses pectoraux. Il faut sans tarder enrouler le foc et réduire la GV. Aussitôt le foc rentré, le coïnceur lâche et la toile vole au vent, il faut recommencer. Pour enrouler la GV il faudrait être plus près du vent, ce qui n’est pas aisé, vu sa force. Les équipiers bataillent dur et finissent par ne laisser à Eole qu’un petit triangle de toile. Le danger est écarté mais quelle dépense d’énergie pour les marins qui sont de plus trempés par quelques paquets de mer ! Vite au chaud dans la couchette !

Jean et Mimi prennent le quart de 2 à 5 heures. Eole pousse des pointes à 27 nœuds mais il n’a plus qu’un os à ronger. La lune se couche ; dans les nuages, au loin, des éclairs de chaleur zèbrent le ciel. On scrute le levant pour voir les premières lueurs du jour qui ne se lèvera pourtant qu’à 5 heures 45. Le dernier quart est assuré par les hommes. Enfin, la Marie-Sereine arrive au port, qui ressemble à sa description sur le guide, avec une zone ensablée qu’il faut contourner. Notre bateau passe enfin entre les tourelles rouge et verte et s’amarre sans difficulté à l’une des nombreuses places libres. Nous ne pensons plus qu’à nos couchettes.

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Enfilage du nerf de chute

Un petit bonjour au voisin qui nous informe de l’absence de pompe à gazole. On peut le commander au village le plus proche par quantité minimale de 200 litres. Lui-même attend un taxi pour aller en chercher à la station-service. Vite, Jean et Mimi se joignent à lui et reviennent une heure après avec un nouveau bidon et 20 litres de diesel. Ouf, au lit… dont certains émergent à 13 heures et Jack à 15 heures. Petit café au bistrot, puis corvée de courses, facilitée par des vélos mis gracieusement à notre disposition par la municipalité. Ce port, qui nous avait paru vide et désolé, s’est révélé un havre de repos pour un équipage fatigué. Nous en avons profité pour décompresser et bticoler.

Au port
Doux clapot de l’eau
Ma couchette est un berceau
Do, do, l’enfant do


De Rocella Ionica à Le Castella (mercredi 22 septembre)

Ce fut une navigation assez longue (12 heures) surtout qu’on l’a faite entièrement au moteur. Les quarts se déroulent toutes les deux heures sans incident. On a juste eu un problème avec l’enrouleur car le bou’t se coince probablement entre deux spires adjacentes. Nos amis les dauphins nous escortent pendant quelques instants : ô joie !

Le Castella est un charmant port construit dans une ancienne carrière romaine. Un monsieur boitant assez fort nous indique une bonne place près d’un bateau de pêche et nous emmène en voiture dans une station-service pour remplir trois jerricanes de gas-oil.

De Le Castella à Crotone (Du jeudi 23 au dimanche 26 septembre)

La météo annonçant un coup de vent pour samedi, on décide de gagner Crotone avant son arrivée. C’est une étape assez courte (28 milles) mais qui se révèle éprouvante car l’orage gronde (on compte les secondes entre les éclairs et le tonnerre : heureusement, elles augmentent) ; le vent de NNE souffle fort (force 5 avec rafales à 6) et nous oblige à tirer des bords

En mer
Noroît force cinq
Des crêtes blanches sur les vagues
On réduit les voiles

L’arrivée au port de Crotone est un peu troublante car la tourelle rouge de l’entrée semble à droite de la verte (simple apparence due aux digues en quinconce). L’entrée du port ouverte au vent du sud est blanche d’écume. Bien qu’amarrés par deux pendilles et deux aussières, la Marie est ballottée comme un bouchon sur l’eau. Les ormeggiatori s’activent pour renforcer l’amarrage des bateaux qui s’inclinent sous les rafales. Il ne nous reste plus qu’à attendre tranquillement que le coup de vent passe (le baromètre descend de 1016 à 994 millibars…).

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Une rue de Crotone

Crotone, autrefois capitale de la « Grande Grèce » ressemble aujourd’hui à une belle endormie. Ce qu’elle est réellement de 13h à 17h. après l’animation du matin, tout s’arrête et ne reprend qu’en fin d’après-midi, les magasins ouvrent à nouveau, les familles sortent sur le « longomare », boulevard le long de la mer. Retraités aux vêtements désuets et jeunesse qui essaie d’imiter la mode de la capitale. Les bambinis sont gâtés : gelatti, joujoux achetés aux étals des marchands pakistanais se succédant tous les 10 mètres.

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Promenade du Longo Mare

Les rues et ruelles de la vieille ville sont paisibles, et les palais, églises et maisons d’époques variées ne manquent pas de charme. De la gloire hélennique, il ne reste que le fut de trois colonnes encastrées dans la digue du port et une ancre en pierre percée d’un trou et gravée de caractères anciens.

Mais c’est déjà le troisième jour et nous guettons le ciel et la mer. Jean-François et Jean font de longues sessions au bureau et au Point Internet où ils enrichissent leurs listes de sites météo. Mais il y a toujours beaucoup de vent et la mer moutonne. Pour rejoindre la prochaine escale, il y a 70 milles, ce qui pour la vitesse « sereine » de notre esquif, représente 14 heures de navigation. Nous avons le choix entre deux solutions :
- partir à 18h et après une navigation de nuit, arriver au petit matin,
- ou bien partir à 4h du matin pour arriver avant la fin du jour.
Sur les conseils du père Natale, vieux sage du port, nous optons pour la deuxième solution. C’est ainsi que nous appareillons avant l’aube pour Santa Maria de Leuca, dernière étape avant…. (la Grèce, bien sûr !).

Depuis le début de la croisière, nous avions connu des journées entières de « près » qui font gîter, tanguer et taper, les bourrasques à 35 nœuds de vents qui demandent des réductions de toile mais nous n’avions pas goûté aux joies du roulis causé par un fort vent arrière. De plus, la houle, ces longues vagues qui font suite à un coup de vent soulèvent le bateau par le travers et requièrent une attention extrême du barreur pour garder le cap. Autant dire qu’après 14 heures de ce régime, nous nous réjouissons à la vue du port.

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Santa Maria de Leuca

Santa Maria de Leuca, « finibus terrae » a une allure de décor de ville arabe avec ses maisons blanches en terrasse et leurs arcs mauresques.

De Leuca à la Grèce

Il a fallu la mériter, la terre de nos rêves ! Encore 45 milles de houle par vent arrière avant d’approcher une petite île montagneuse et déserte comme l’île des Cyclopes. Va-t-on finir dans l’estomac de Polyphème ? Non, passé le cap, les courbes de la montagne s’inclinent et découvrent quelques maisons et un petit port inachevé qui est le bienvenu. Nous sautons à quai. La terre grecque, enfin !

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A hisser le pavillon grec !


L’amarrage terminé, notre première occupation est d’affaler le pavillon italien (le pavillon de courtoisie en barre de flèche tribord) pour le remplacer par le pavillon grec. Mimi, en qualité d’ancienne guide de France, est préposée à cette tâche.

Une petite route nous mène au hameau. Ah, le premier ouzo glacé à la taverna où sont attablés plusieurs vieux Grecs. Jean se lance même à parler la langue d’Homère : tethera ouzo, efkaristo !. Le patron répond « four » avec un clin d’œil. A la taverna voisine, pas de moussaka mais des calamars et des frites qui nous paraissent délicieuses. Mais, au fait nous sommes le 29 septembre, anniversaire de Jacqueline. Nous lui souhaitons un bon anniversaire en lui offrant un collier d’agates de Crotone.
Othonoi s’est révélée l’escale rêvée pour aborder la Grèce.

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La chapelle de Gouvia

La navigation du lendemain nous emmène vers Corfou. Tandis que l’Albanie apparaît à l’Est avec de hautes montagnes sèches et désolées, l’île de Corfou est verdoyante. Les rivages plantés d’ifs et de pins offrent leurs plages et leurs mouillages enchanteurs. Quel contraste ! Enfin, nous accostons à Limin Gouvia, grande marina gérée par des Anglais à 8 km de Corfou, pour un arrêt technique : maintenance du bateau, lessive, courses…


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