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De Bastia à l’Italie (Ercole)

samedi 24 juillet 2010 par Jean, Myriam

Du samedi 17 au lundi 19 juillet

Damned ! Doumé, le shipchandler nous annonce d’un air désolé que la pièce est bloquée à Montpellier et n’arrivera que lundi.
Nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur en décidant d’aller prendre l’air frais dans la montagne. Petits bagages vite faits, vérification des amarres, on loue une voiture et hop, fuyons ce quai surchauffé ! Bientôt, l’air parfumé des senteurs du maquis nous rafraîchit. La route grimpe jusqu’au village de Murato. Arrêt à une fête du battage du grain organisée par l’ « associu di a fiera di Villacalle » qui s’emploie à faire revivre les anciennes coutumes.

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Des bœufs sous le joug tirent une lourde pierre ronde sur l’aire circulaire pour égrainer les épis. Ensuite, des hommes armés de fourches font voler la paille qui se sépare ainsi du grain. Ces collines étaient autrefois le grenier à blé de Bastia, difficile à imaginer quand on les voit recouvertes de fougères et de maquis. Avant Murato se dresse l’église de San Michele, édifice du XII ème siècle en pierre grise et serpentine verte, de style pisan, la Corse était alors dominée par Pise . Le circuit de l’eau et des fours nous amène jusqu’à une petite place où quelques personnes du quartier prennent un peu de fraîcheur. Un beau vieillard au visage parcheminé, nous explique que le four servait à faire le pain une fois par semaine, le samedi. Maintenant , il sert à chauffer les châtaignes pour faire la farine. Il se rappelle avoir aidé sa mère pour la récolte ; à l’époque on ramassait à la main, pas au filet comme maintenant !

Une femme très causante nous indique des chambres d’hôtes au village d’à côté. Tout est complet mais Chance ! des Belges s’étaient trompés sur leur jour d’embarquement aussi deux chambres sont libres pour la nuit. La maison domine une vallée et les bâtiments s’étagent en terrasse au milieu des jardins, cela sent le figuier et la lavande. Après un repas au restaurant du moulin , on s’endormira, dans la fraîcheur, au cri doux et monocorde de la chouette. Petit déjeuner de rêve sur la terrasse. Notre hôte qui est accompagnateur en montagne nous indique une jolie balade de deux heures sur le chemin « Tra Aghje et Pagliaghjé » nous allons d’aires de battage « Aghje » en « Pagliaghjé »

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petits abris de pierres sèches, servant à entreposer les récoltes ou à abriter les bêtes. L’eau des ruisseaux permettait de cultiver de grands jardins où poussaient surtout les haricots grimpants qu’on vendait à Bastia. Ces collines ne nourrissent plus que quelques petites vaches corses et leurs veaux.

Lundi matin, joie la pièce est arrivée ! les hommes s’attellent à une réparation difficile et en plein soleil, tandis que les femmes font la cuisine, les courses et s’occupent de la lessive. Pas de temps perdu.

Mardi 20, mercredi 21

Après ces 5 jours d’arrêt forcé, départ matinal pour les 45 miles qui nous séparent de l’ïle d’Elbe. Mer calme , peu de vent Mimi barre et aperçoit un bébé dauphin qui fait des cabrioles puis deux serpents ( ?) qui nagent en zigzag avec une petite tête hors de l’eau.

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Belle arrivée à Elbe, à Marina di Campo, superbe baie entre deux caps, avec de belles plages de sable un peu trop envahie par les colonies de parasols. Après dix heures de navigation, on n’a qu’un désir : s’amarrer ! Visiblement, pas de place aux pontons. On veut prendre un coffre mais deux fois on se fait jeter par un italien vindicatif en barque, nous repoussant toujours plus loin, à la troisième fois on l’ignore. Bonne baignade autour du bateau, repas et repos bien mérité. Au matin, nous hélons une barque qui fait taxi, puis visitons les vieilles rues et la tour espagnole à arcade. Après avoir acheté un pique-nique, nous nous dirigeons vers une mythique aire sous les pins, indiquée à un quart d’heure par un patron de bistrot qui n’a jamais marché à pied ! Après une bonne suée sur la route, on trouve finalement une pinède convenable.
Redescente sur la ville par un sentier, baignade sur la plage bondée pour se rafraîchir. Ensuite les filles font les boutiques : Jacquie trouve le bikini et la robe de ses rêves, Mimi une robe verte légère. Les gars portent les courses. Soirée à bord, bon poisson et vin blanc local ; Nous nous endormons après avoir fait le programme du lendemain.

En bateau, on ne fait pas toujours ce qu’on prévoit

Ce soir, nous planifions notre activité pour demain matin, car il faut bien s’organiser pour la longue navigation de 40 milles qui nous attend.

La prévision

lever à 7h30, accostage au ponton à 8h pour remplir le réservoir d’eau, poster une lettre, et surtout payer le port dès l’ouverture du bureau à 8h30 : après tout, même si l’on n’a pas pu s’amarrer à quai, nous avons profité du service de transbordement à terre, tout service mérite salaire et nous sommes foncièrement honnêtes.

La réalité

Lever presque à l’heure dite, nous nous approchons d’une belle place à quai, juste à côté de la vedette de la « Policia penitenziare » sur laquelle quelques fonctionnaires goguenards nous observent. Ils nous font comprendre qu’on ne trouvera pas de poste d’eau à cet endroit, il faut aller plus loin. On recule donc, tout en se méfiant d’une pendille, mais il semble que les policiers nous disent que tout est clair. Soudain le moteur s’arrête net, le bateau s’immobilise, nous craignons fort qu’un bout se soit entortillé dans l’hélice. Nous décidons de plonger pour voir ce qu’il en est. Mimi s’y colle et confirme le diagnostic. Jean la rejoint dans l’eau, et alternativement, ils dégagent l’hélice tour après tour. Nous nous croyons tirés d’affaire, mais les policiers nous font des grands signes et nous disent plein de choses en italien. Il faut leur rapporter la grosse bouée rouge dont le bout’ s’était pris dans notre hélice et qu’ils avaient complaisamment libérée de leur bateau pour nous aider (on l’a compris plus tard). Nous amarrons une aussière à la bouée et Mimi nage jusqu’à la vedette pour la leur apporter afin qu’ils récupèrent la bouée. Ce n’est pas fini : les policiers veulent la pendille accrochée à la bouée et Mimi doit plonger à trois mètres sous l’eau pour aller la chercher. Comble de goujaterie, ils font remarquer qu’il manque un petit bout’. Là c’en est trop, on fait mine de ne plus comprendre, on récupère Mimi et notre aussière et on s’en va sans payer…

Jeudi 22

Talamone

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Longue navigation avec vent contraire, on arrive à plus de 20h, dans un charmant port et bien sûr pas de place à quai. On avise finalement une place à un ponton bien équipé. Malheureux c’est la place du président du Yacht club qui nous agonise d’injures en italien. Heureusement son voisin anglophone plus courtois nous indique une place libre au bout des pontons. , ouf ! Talamone est un tout petit village ancien avec 3 rues bien fleuries dominées par une tour fortifiée.

Vendredi 23

Le lendemain matin nous cherchons le bureau pour payer. Mais là rien n’est simple, ou plutôt tout est différent de la France, pas de capitainerie mais la Guardia Costera qui n’a rien à faire de l’accueil des bateaux au port . Ici le yachting club règne sur ses pontons, alors nous allons voir la dame du bureau qui nous explique que c’est 55 E pour la place, 2 E 50 pour une douche, 50 c pour les toilettes avec 10 E pour la caution de la clé spéciale. Mais encaisser l’appontement lui pose problème, elle téléphone à je ne sais quelle huile et finalement avise un homme qui délègue un jeune chargé d’accompagner Mimi au bateau ; c’est un jeune Russe de 19 ans immigré avec sa mère et son petit frère et qui fait deux boulots…. Finalement on rencontre un quarteron de mecs discutant sous un dais, le plus corpulent me demande la longueur du bateau et déclare : 31 euros, est-ce que je veux une facture ? non. Alors c’est 25 euros. je suis estomaquée et je me dis qu’il va aller les boire avec ses copains. Enfin ce ponton n’ayant rien de sympathique, après avoir fait de l’eau et des provisions nous partons.

Nous faisons route vers le Cap Argenterio avec un vent du Sud, belle navigation au près, les barreurs se font plaisir, le bateau gîte et tape. Après le cap, la houle qui se réfracte sur la côte génère une mer confuse qui secoue le bateau mais nous arrivons bientôt au port d’Ercole. Evitant soigneusement les places traîtresses sur les pontons luxueux, nous nous dirigeons vers un ponton moyen où il semble y avoir une place, un homme nous fait d’abord signe que nous ne pouvons rester puis nous aide à nous installer. Nous apprendrons utilement de nos voisins français adeptes des côtes italiennes qu’il s’agit de l’ « ormeggiatore » ou amarreur, gérant d’un ponton qui encaisse aussitôt 45 euros. Enfin nous commençons à comprendre le système. Peut-être pourrons-nous négocier la deuxième nuit ? A la fraîche, nous visitons le vieux village encore habité par des familles de pêcheurs.

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Après un bon repas italien, devant un superbe panorama du port, promenade nocturne jusqu’à l’église de Santo Erasmo, où est exposé un tableau de Caravaggio représentant un saint Jean-Baptiste. Le corps imberbe de l’adolescent ressort sur une draperie rouge, son expression triste semble refléter l’état d’âme du peintre dans ses dernières années.

Samedi 24 juillet

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Ce matin la météo : « ejh kaka » c’est-à-dire qu’elle est pessimiste. Les compatriotes français échangent les informations venant de RFI, du Garmin de la gardia Costera et même de la TV, unanimité, trop de vent ; il ne faut pas sortir du port. Journée tranquille à bricoler : surliure de bout’(J-F), remplacement de balancine et trempage des vieux cordages dans l’eau claire, énième tentative de réparation du frigo (jean) cours intensifs d’Italien (Jacq) et rédaction de ce journal (Mimi).


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