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Sur le canal latéral de la Garonne Sur le canal latéral de la Garonne

mardi 22 juin 2010 par Jacqueline, Jean, Jean-François

Il y a 9 messages en réponse à cet article.

Dimanche 13 juin : de Meilhan sur Garonne à Mas d’Angenais

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Pénichette anglaise

Il est bien joli, le petit port de Meilhan. Comme la ville l’a été au 13 ème siècle, le port est « occupé » aujourd’hui par les Anglais. Le capitaine, un homme très courtois au demeurant, a un fort accent grand breton et les pénichettes, avec leurs jardinières de fleurs sur le pont, leurs rideaux de cretonne et leurs fauteuils sur le ponton ont un air très britannique.
On profite de la wifi pour relever nos mails, mettre le blog à jour et on démonte le groupe du frigo qui a rendu l’âme.
Une grosse averse retarde un peu le départ mais le parcours se déroule agréablement sous une double rangée de platanes. Les écluses se succèdent sans encombre, sauf une où on se fait surprendre par l’absence d’échelle et où Jean doit monter en acrobate pour amarrer les aussières.

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Le canal

Nous arrivons à 19h01 à la dernière écluse : plus de feu ! Le système automatique cesse de fonctionner à 19h...Il faudra attendre demain. Comme disait mon papa (qui était chef de gare) : « L’heure, c’est l’heure. Avant l’heure, ce n’est pas l’heure, après l’heure, ce n’est plus l’heure ! ».
Nous qui voulions un mouillage « sauvage », nous voilà exaucés plus tôt que prévu. On s’amarre à un petit ponton à l’entrée de Mas d’Angenais, près d’une coquette maison. On demande l’autorisation à un monsieur, qui nous la donne d’autant plus facilement que le ponton est public (le service VNF (Voies Navigables de France) n’a pas encore été privatisé, ni concédé aux collectivités territoriales).

Le soir, on monte jusqu’au bourg en admirant au passage la fontaine Galiane, l’église romane (qui paraît-il contient un Rembrandt mondialement connu) et la halle au blé du 17 ème où nous nous attablons pour boire un verre.

Lundi 14 juin : de Mas d’Agenais aux portes d’Agen

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A 9 heures pétantes, le feu de l’écluse s’allume, on tourne la tourniquette (voir l’article qui décrit en détail le passage d’une écluse) pour passer notre premier sas.
Les écluses s’enchaînent, notre maîtrise de la manœuvre s’affirme, et on peut craindre que la monotonie s’installe. Funeste erreur !. Jacqueline, en se retournant, s’écrie : « T’as vu la grosse fumée ! ». L’échappement du bateau émet un panache noir, suivi peu après d’épanchements visqueux et nauséabonds…
On arrête aussitôt le moteur et, dans le silence revenu, plusieurs hypothèses sont émises, toutes plus catastrophistes les unes que les autres :
- Segment cassé laissant l’huile moteur remonter dans les cylindres.
- Joint de culasse pété laissant l’eau de refroidissement se mélanger à l’huile.

On remet en route le moteur, qui manifestement ne tourne que sur une patte et, à toute petite vitesse, on rejoint le ponton d’attente de l’écluse la plus proche : pas de village en vue, c’est le désert français. Mais le service public a gardé toute sa grandeur : un agent de maintenance VNF est là, qui nous renseigne avec compétence :
- ce n’est sans doute qu’un problème d’injecteur,
- il existe un spécialiste des moteurs diesel à l’entrée d’Agen
- si on ne peut pas repartir, il le préviendra pour venir nous dépanner.

Le moral remonte un peu et nous décidons de pousser le plus loin possible en direction d’Agen. Du fait de notre faible vitesse, nous arrivons vers 20h00 à l’écluse 37, aux portes de la ville. L’écluse est bien sûr fermée et cette fois encore nous nous amarrons sur la rive.

Mardi 15 juin : Agen

Dès huit heures, nous téléphonons au monsieur de VNF, puis à l’agence Locaboat qu’il nous a indiquée : un technicien est prêt à nous accueillir.
A 9h00 on pénètre dans le premier sas de l’écluse 37, une pénichette nous y suit si bien qu’on se trouve au ras de la porte amont. Mauvaise pioche : les remous de remplissage de l’écluse nous ballottent comme un bouchon, Jean se fait mal au dos en essayant de retenir les amarres, JF râle en disant qu’on ne l’y reprendra plus…

Après les quatre sas successifs, on pénètre sur le pont canal qui enjambe la Garonne. Étrange sensation de survoler le fleuve d’une telle hauteur.

A 10h30, on s’amarre à la halte, et l’homme de l’art se penche sur notre moteur. Dès cet instant, il nous apparaît fort gentil et compétent. Il diagnostique un simple problème d’injecteur : sans doute une bulle d’air coincée dans le circuit haute pression du gas-oil : il faut purger. C’est ce qu’il fait (et au passage on apprend à le faire) et on teste aussitôt la bonne marche du moteur en faisant des ronds dans l’eau, à fond les manettes (sous l’œil réprobateur des pêcheurs). Tout semble fonctionner, et on revient confiants au ponton.
Petite marche arrière pour arrêter délicatement le bateau avant le quai… Patatras, le moteur se met à vibrer comme un damné, le freinage est raté et le bateau vient bugner le quai, heureusement sans dégâts.
Le moral de l’équipage replonge !
Le spécialiste de Locaboat revient aux nouvelles, et fort de son expérience locale, soupçonne un problème de transmission, sans doute des cochonneries prises dans l’hélice. Deux solutions s’offrent à nous :
- soit plonger dans une eau froide. Jean est prêt à le faire, mais fait remarquer que la visibilité sera limitée à 5 centimètres et que ça ne servira à rien.
- Soit gruter le bateau.

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L’objet du délit

C’est cette dernière solution qui est retenue. On amène le bateau sous les palans. Le bateau est levé et nous découvrons un filet de plastique orange entortillé dans l’hélice : Un fois de plus, nous bénissons le technicien, qui allie la gentillesse, le calme, l’humour et la compétence !

On remet le bateau à l’eau et un dernier essai confirme que tous les paramètres sont nominaux (en termes moins techniques, ça veut dire que tout colle au petit poil).
On décide de passer la journée à Agen et de se faire un petit dîner au restaurant, pour fêter l’heureux dénouement de cette histoire.

Mercredi 16 juin : d’Agen à Moissac

RAS…on avance pour rattraper notre retard. Arrivée à Moissac : le canal est à deux pas de la vieille ville et de l’abbatiale . On fait un petit tour de reconnaissance. Coups de téléphone à Serge et Christian : nous pensons arriver à Toulouse vendredi et les voir samedi et dimanche.


Jeudi 17 juin : De Moissac à …Castel Sarrasin

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Le cloitre de l’abbatiale de Moissac

Ce matin, nous avons visité le cloître et l’église abbatiale de Moissac : une jeune guide intéressante et « primesautière » (selon JF !) nous présente quelques uns des soixante-quatre chapiteaux du cloître dont certains sont « historiés » (ils racontent des scènes des Evangiles). Le tympan de l’abbatiale représente une vision de l’Apocalypse (au sens de « révélation ») extraordinaire de vie (les 24 visages des vieillards tous tournés vers le Christ) et de grâce (le corps tout en longueur de Jérémie et son regard empli de compassion).


L’après-midi nous ramène à des préoccupations beaucoup plus matérielles. Peu de temps après avoir appareillé, alors que nous venons de passer le pont canal sur le Tarn, le moteur fait entendre à nouveau sa sinistre alarme : plus d’eau ! On s’arrête en plein canal en s’amarrant à un arbre. JF et Jean démontent la pompe à eau et changent la turbine (qui avait déjà été remplacée à Pauillac par Bernard) mais au moment de redémarrer, ils s’aperçoivent que la vanne d’arrivée d’eau du moteur ne s’ouvre plus. C’est plus grave qu’on ne pensait. Il va falloir à nouveau gruter pour changer la vanne.
Coup de fil à VNF qui nous indique le chantier le plus proche mais le grutage ne pourra pas se faire avant samedi. En attendant, il faut quand même avancer jusqu’à Castel Sarrasin, situé à quelques kilomètres de là.

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Heureusement, que nous sommes trois : l’un tient la barre, le second remplit un seau d’eau dans le canal et la troisième verse cette eau dans un second seau où est plongé le tuyau de la pompe du moteur. Sachant que le moteur met moins d’une minute pour pomper un seau, je ne vous raconte pas le rythme infernal : ça vaut largement les prouesses des Shadoks ! Arrivés au chantier, on finit par voir Mr Jacques qui confirme que l’axe de la vanne est cassé. C’est sans doute la cause des problèmes de pompe depuis le début de la croisière. Nous voilà coincés à Castel Sarrasin pour deux jours. Quelle déveine ! Il va falloir reporter nos rendez-vous avec Serge et Christian. On essaie de faire bonne figure mais le cœur n’y est plus.


Vendredi 18 juin : Castel Sarrasin

On profite de cette journée d’immobilisation forcée pour faire les courses, la lessive et du bricolage (pour ne rien cacher : confection des étagères dans la glacière). On va également chercher une vanne neuve pour remplacer l’objet du délit.

Samedi 19 juin : de Castel Sarrasin à l’écluse Bordeneuve

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Dès 09h00 heures, on se présente sous la grue du chantier. Les sangles sont glissées sous la coque, le bateau hissé et posé sur le quai.
Le démontage de la vanne défectueuse et son remplacement se font sans problème. En moins d’une heure le bateau retrouve son élément.

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_ On reprend notre route sans incident mécanique, mais sous des trombes d’eau (ou mieux : de grêle) Il faut sortir les cirés et les bottes. En fin d’après-midi, le temps beausit quand même, on passe la dernière écluse de 19h00 et on s’amarre à un tout petit ponton pour passer la nuit.

Dimanche 20 juin : de Bordeneuve à Toulouse

Appareillage à 08h45 pour attraper la première écluse de 09h00. La routine, quoi.
Les dernières écluses du canal latéral à la Garonne s’enchaînent : quatre, trois, deux, une... la première série des cinquante trois écluses s’achève..

Nous voici dans la banlieue de Toulouse et on entame la deuxième série, celle des écluses du canal du Midi. Une, deux, la troisième (devant la gare de Matabiau) est particulièrement haute : plus de 6 m ! Pas question de lancer les amarres sur le quai. Jean puis Jacqueline montent la gigantesque échelle, chacun avec une amarre avant de s’apercevoir qu’on avait à portée de main des bolards flottants.
Le bateau monte en douceur et on se retrouve en plein centre ville ! encore quelques centaines de mètres et la Marie-Sereine va s’amarrer au port Saint-Sauveur à deux pas de chez Elodie et Serge.

Galerie

  • La fontaine Galiane

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