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D'Oléron au canal latéral à la Garonne D’Oléron au canal latéral à la Garonne

dimanche 13 juin 2010 par Jacqueline, Jean-François

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Dimanche 6 juin Etape à Oléron chez Claudine et Francis

Claudine et Francis ont une maison à Chaucre, un village situé non loin de Saint-Denis. Nous avons passé une super journée avec eux :

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Eclades de moules à Chaucre


- Le matin, courses communes au marché de Saint Pierre. Claudine, en vraie fille du pays, connaît évidemment tous les bons commerçants. Ensuite, visite guidée de la maison, du jardin et des (nombreuses) dépendances. Et finalement préparation et dégustation d’une éclade de moules. C’est une méthode traditionnelle de cuisson que les paysans de l’ile utilisaient dans les marais salants. On dispose les moules verticalement sur une grande plaque, on place dessus des aiguilles de pin (les paysans utilisaient des cosses de fèves) qu’on fait brûler : en quelques minutes c’est cuit et c’est délicieux !

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Balade à Oléron
avec Claudine et Francis

_ L’après-midi, balade tous les cinq en vélo jusqu’au phare de Chassiron ce qui nous permet de repérer les « écluses de mer » et de comprendre leur fonctionnement : ce sont des sortes de grands parcs à poisson séparés de la mer par des petits murets en pierre. A marée haute les poissons passent dessus ces murets et s’y font piéger lorsque la mer descend. Des petites grilles permettent à l’eau de s’écouler tout en retenant les poissons. Les paysans n’avaient alors plus qu’à les ramasser avec un croc. Aujourd’hui il ne reste que dix sept écluses mais l’ile en a compté plus de deux cents !
Nous avons ensuite monté les 224 marches du phare d’où la vue est superbe sur la partie nord d’Oléron, La Rochelle, l’Ile de Ré, fort Boyard…

Tout l’équipage a apprécié cette journée, c’est en retrouvant des copains que la croisière prend tout son sens. Merci encore à Claudine et Francis pour leur accueil chaleureux.

Lundi 7 juin d’Oléron à Royan (50 milles)

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Mais comme dit la chanson C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme. On appareille donc de Saint Denis malgré le vent faiblard, en donnant un large tour au rocher d’Antioche et au phare de Chassiron.
Pendant toute la journée, alternance de moteur et de voile. Il faut tailler de la route pour rejoindre Royan, c’est notre plus longue étape depuis le départ (cinquante milles). L’atterrage se fait sur les bouées d’entrée de la Gironde mais à ce stade il y a encore vingt milles à aligner… L’arrivée se fait à la nuit tombante, ce qui permet de vérifier la bonne marche des feux de route.

Mardi 8 juin de Royan à Pauillac (27 milles)

Jean profite de l’escale à Royan pour prendre le train : il doit rejoindre Paris pour raisons familiales.
L’équipage réduit appareille vers 11h : ça fait drôle de laisser Jean sur le quai. A très bientôt, camarade !

On commence à remonter la Gironde avec un vent plus fort que prévu (20 nœuds dans les rafales). La navigation est assez sportive car il faut éviter les bancs de sable et remonter avec le flot pour arriver juste à la pleine mer à Pauillac : si on arrive trop tard, on risque de ne pas pouvoir remonter contre le courant de jusant. Va-t-on arriver à temps ?.

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Un cargo sur la Gironde

D’énormes cargos nous doublent dans le chenal (c’est assez impressionnant de les voir se profiler au loin et grossir de plus en plus vite jusqu’à nous dépasser !)

On fait la moitié du trajet sous voile mais le vent passe au sud et on doit rentrer les voiles pour finir au moteur. Alors qu’on est en vue de Pauillac, une alarme moteur se déclenche : on arrête immédiatement le moteur, quelques instants plus tard on remet en route et tout semble fonctionner. Il faudra quand même trouver la raison de cette panne et la réparer…

A l’entrée de Pauillac, une grosse bouteille de bordeaux se dresse devant nous : voilà un port bien accueillant ! Après un petit tour en ville et une bonne bière pour nous remettre de nos émotions, on commence à enlever et ranger les voiles pour préparer le démâtage de demain (ce dernier est nécessaire pour passer les ponts de la Garonne à Bordeaux et ceux du canal où le tirant d’air n’excède pas 3m40). La pluie se met à tomber, la suite des opérations sera pour le lendemain matin (ceux qui veulent connaître la liste détaillée des opérations pourront utilement se reporter à l’article « Lorient 3 »).

Mercredi 9 juin : journée à Pauillac

Bernard, le mécanicien du port, à l’accent ensoleillé et d’une rare gentillesse, passe à bord pour diagnostiquer le problème moteur : peut-être la turbine de la pompe à eau ou bien une tension insuffisante de la courroie. JF démonte la pompe et lui apporte pour qu’il puisse la réparer pendant la pause-déjeuner.

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Pendant ce temps, on finit de préparer le démâtage. Il faut :
- débrancher les fils électriques
- confectionner un croisillon avec une planche en sapin
- dépasser les drisses, desserrer les ridoirs,…

A midi, Bernard nous rapporte la pompe comme neuve et la remonte avec juste la tension adhoc.

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Démâtage à Pauillac

A marée haute, on présente la Marie-Sereine sous la grue, le long d’un petit quai, pas si facile à accoster avec le courant et le vent. Le sommet de la grue arrive à hauteur des barres de flèche et ne présente donc aucun risque pour la girouette en tête de mât. Avec le chef de port manœuvrant la grue et Bernard posant les sangles, le mât est dégagé de son emplanture puis redescendu en douceur sur son croisillon.
Savez-vous que pour chaque démâtage, le port offre une bouteille de vin de Pauillac ? On va la récupérer à la maison du tourisme et du vin ; le chef de port nous en offre même une seconde en nous confiant une caisse de vins à apporter à l’éclusier de Castets !

Jeudi 10 juin : de Pauillac à Bègles (30 milles, soit 56 km)

La matinée se passe à faire des courses ; le départ est prévu à 14h30, heure de la basse mer qui permet de profiter du courant de flot pour rejoindre Bègles, le premier port fluvial après Bordeaux .

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Un peu tendue, la barreuse...

_ On se fait cueillir par un fort vent de sud (force 6 avec rafales à 7 en plein dans le nez) ce qui provoque un rude clapot et rend la navigation un peu tendue (pourvu que le moteur ne nous fasse pas faux bond et que le mât tienne bien sur son croisillon !). La Garonne est un fleuve puissant aux eaux couleur de terre et aux rives contrastées : on passe sans transition d’une suite de jolis petits pontons à carrelet ou de splendides châteaux du 18ème entourés de leurs vignobles. à de gigantesques centrales électriques.

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Le pont de pierre à Bordeaux

Vers 18h, on approche du fameux pont de pierre de Bordeaux : il comporte 17 arches autant que « Napoléon Bonaparte » comporte de lettres et on passe, bien sûr, sous la douzième arche ainsi que Bernard nous l’a conseillé (la neuvième arche est réservée à la barge qui transporte les morceaux d’Airbus A380 entre Toulouse et la mer).
La vitesse du bateau ayant été diminuée par le vent et le clapot, on chope le jusant dès la sortie de Bordeaux et on arrive à Bègles contre le courant et un peu plus tard que prévu. L’amarrage sur le ponton extérieur est fait avec grand soin car, à mi-marée, le courant dépasse les 4 nœuds.

Vendredi 11 juin : Journée à Bègles

Pour rejoindre Castet, il faut à nouveau profiter du courant de flot et donc partir peu après la basse mer. Malheureusement, celle-ci est à trois heures du matin, ce qui nous ferait partir en pleine nuit. On attendra demain pour gagner une heure de sommeil et attendre le lever du jour.
Par ailleurs, Jean nous annonce qu’il peut quitter Paris et nous rejoindre en train ce vendredi soir. A 20h, il nous retrouve au bateau et nous arrosons ce retour avec une bonne bouteille de bordeaux !

Le soir, nous accueillons aussi Céline et Clément, deux jeunes partis de Pauillac avec un vieux bateau en bois qu’ils viennent d’acheter et qui leur donne bien du souci. Le moteur fait des siennes, la coque n’a pas été carénée depuis un an et ils arrivent difficilement à remonter le courant de renverse.

Samedi 12 juin : de Bègles à Meilhan sur Garonne

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Ce matin, il a fallu se lever très tôt pour partir avec le flot : lever à 4h45 et départ à 5h30 dès le lever du jour.

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Le bateau de Céline et Clément

On aide Céline et Clément à appareiller car la manœuvre est rendue difficile par les forts courants. Le courant de flot nous lâche un peu tôt et au bout de quatre heures on doit forcer sur le moteur pour espérer rejoindre la première écluse de Castets avant le jusant. On doit donc laisser le Qui Vive (le bateau de Céline et Clément) dont le moteur est déjà à fond.

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Pêche au carrelet

Le paysage est splendide : plus aucune usine à présent mais une abondance de châteaux entourés de vignobles ; des enfilades de carrelets qui se reflètent dans l’eau et de temps à autre, un héron qui s’envole à notre approche…
Mais ce n’est pas encore la sérénité : il faut calculer le temps mis à parcourir chaque kilomètre pour savoir si on ne commence pas à refouler.

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Finalement, on parvient à l’écluse à 12h30. On pénètre à l’intérieur de hauts murs de pierre d’où pendent des aussières de quinze mètres qu’on attrape pour s’amarrer. Soudain, on voit les portes se refermer derrière nous : l’éclusier est arrivé et commence la manœuvre. L’eau remplit le sas et nous commençons à monter jusqu’au canal latéral situé quatre mètres au-dessus de la Garonne. Nous donnons notre carton de bouteilles à Jean-Christophe et nous abordons cette nouvelle étape de notre croisière.

Après la violence de la mer et les forts courants de la Garonne, la navigation sur le canal offre un contraste saisissant. Quel calme, quelle fraîcheur. Ici, aucun courant à redouter. La Marie-Sereine avance doucement à quatre nœuds (sept km/heure, l’allure d’un jogger) et tout au long de l’eau, on croise des pêcheurs (qui ne semblent pas toujours ravis de nous voir), des promeneurs ou des enfants qui s’amusent au bord de l’eau. Le bruit du moteur ne parvient pas à couvrir le chant des oiseaux ou le croassement des grenouilles. D’immenses platanes ombragent le parcours et nous rappellent que le canal est vieux de plusieurs siècles.
On passe plusieurs écluses (automatisées) avant d’arriver à notre halte : Meilhan sur Garonne, une charmante bourgade qui garde la trace du passage des Anglais au 13ème siècle.


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