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Voyage au Québec

Journal à quatre mains Journal à quatre mains

lundi 19 septembre 2005 par Jean, Jean-François

 

Jacqueline, Myriam, Jean-François, Jean

été 2005

SI J’AVAIS LES AILES D’UN ANGE
JE PARTIRAIS POUR ... QUEBEC

De Paris à Québec

Dimanche 24 juillet

Départ d’Orly à 17 heures 30 à bord d’un avion de Corsair. Arrivée six heures plus tard mais avec le décalage nous arrivons à 18 heures 30, un peu abrutis mais pas trop défraîchis quand même. Bus pour Montréal centre d’où nous rejoignons par le métro notre premier gîte qui est en fait un petit appartement au premier étage d’une maison assez coquette. Douche et au lit.

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Notre gite à Montreal

Lundi 25 juillet

Petit déjeuner local assez gras mais revigorant, puis nous faisons connaissance avec notre hôtesse plutôt chaleureuse et sympathique. Après avoir remué ciel et terre pour réserver un char, nous revenons à notre projet initial : nous prendrons le bus jusqu’à Québec. Ce dernier est très confortable et nous emmène en moins de trois heures à destination. Nous traversons un espace plat et monotone qui nous fait entrer dans le cœur du pays.
Nous prenons un taxi pour rejoindre notre second gîte, à l’étoile de Rosie, où nous attend monsieur « Tabernacle », un espèce de géant mal dégrossi qui parle un québécois presque incompréhensible et nous lasse vite avec ses histoires. Nous avons deux chambres très cosy où nous passerons trois nuits.
L’après-midi, nous nous baladons dans la vieille ville : château de Frontenac, terrasse de Dufferin, citadelle, plaine d’Abraham, et nous rentrons au bercail après un bon repas au restaurant.

Les statues en bronze


La ville de Québec compte un nombre impressionnant de statues en bronze dont le moindre des mystères est qu’elles ne sont ni vert-de-grisées, ni souillées par les oiseaux...Ainsi l’on trouve :
- La statue de Champlain sur la place d’armes au pied du château de Frontenac
- Le buste de Louis XIV sur la place royale
- Les têtes de Churcill et de Roosevelt chuchotant les plans du débarquement à voix basse de peur que Staline ne les entende.
- Pouchkine (attention au russe !) qui susurre des vers à Emile Nelligam, poète canadien avec lequel il est jumelé. « Qu’est devenu mon cœur, navire déserté ? »
- Vingt deux bronzes sur la façade du parlement, on a ainsi en chiens de faïence :

  • Champlain et Roberval
  • Le général des jésuites et le révérend des récollets
  • Mère Marie de l’incarnation pour les Ursulines, et la révérende mère des augustines
  • Montcalm pour les patriotes et Wolfe pour les royalistes
  • En sus une famille amérindienne auprès d’une fontaine pour donner bonne conscience à tous ces civilisateurs.

Mardi 26 juillet

Une bonne nuit nous recale complètement. Rencontre avec la sœur de notre hôtesse (elle même partie écouter Céline Dion à Las Vegas) et deux Québécoises en vadrouille qui se révèlent travailler dans l’éducation et nous parlent des rigueurs de l’hiver québécois. Nous faisons une visite guidée de la ville avec un guide français, instituteur à la retraite, fort intéressant, qui nous mène tambour battant à travers l’histoire et les rues de la ville.
Le soir, le lapin sauté vivement recommandé par nos voisines nous déçoit un peu mais le chanteur de « Chez son père » nous permet de nous immerger dans la bière et la jeunesse québécoise.

Mercredi 27 juillet

Petit déjeuner avec les deux Québécoises toujours souriantes et intéressantes. Le matin, nous avons décidé de visiter le musée des Inuits, mais il est malheureusement fermé et nous devons nous contenter d’une galerie qui expose et vend des œuvres de commande. Les objets sont beaux et bien travaillés (le matériau utilisé est une pierre appelée la serpentine) mais sans âme.
Puis nous nous dirigeons vers la citadelle où nous assistons non pas à la relève mais aux exercices des gardes très british.

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Le garde de la citadelle

Pique-nique frugal dans la plaine d’Abraham et petite sieste à l’ombre en compagnie des mouettes criardes. L’après-midi, on visite le musée de la Découverte, très interactif, avec un spectacle multimédia qui explique avec humour l’histoire de la ville tiraillée entre les Français, les Anglais et les Américains.
Repas épais et cher chez une Québécoise mal tournée en Bretonne.

Vers le Mont Albert

Jeudi 28 juillet

Après un réveil très matinal pour préparer nos bagages, nous descendons à la salle à manger où huit couverts sont dressés pour accueillir une petite famille californienne sympathique et anti-Bush, qui n’hésite pas à envoyer leur fille au Canada avant d’émigrer eux-mêmes si Bush se maintient à la présidence.

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Le "char"

Pendant que les hommes vont chercher le char, les femmes se mettent en quête d’un produit anti-maringouins (le meilleur au dire de la pharmacienne, à voir !). Grâce à la prompte intervention de monsieur Tabernacle, on évite une contravention par une motarde soudainement apparue trente secondes après que nous nous sommes garé du mauvais côté.
Nous prenons l’autoroute N°20 (Jean Lesage), passons des paysages plats bordés de fermes aux toits en tôle ondulée à double pente flanquées de nombreux silos. La conduite automatique plonge le conducteur dans la torpeur. La halte de midi nous immerge en Amérique profonde. Une poivrote infirme sirote sa huitième bière au son d’un blues lancinant avant de repartir en claudiquant. De l’autre côté du zinc, ambiance far-west sous une guirlande de casquettes de base ball. On se nourrit.
Seconde torpeur du conducteur et des coéquipiers jusqu’au parc de Bic. Non, ce n’est pas la Bretagne, ce sont les Vosges au bord de la mer, et même si les phoques ne sont pas au rendez-vous, ça sent bon l’iode, les cloques des algues claquent sous les pieds, puis le silence enfin retrouvé nous apaise. On fait une promenade, le circuit des Contrebandiers, où quelques attaques de maringouins sont facilement repoussées.

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Le parc du Bic

Mais il est temps de trouver un gîte. Hélas, hélas, hélas l’Accueillante n’a pas pu nous accueillir, adieu les Invasions Barbares et son coucher de soleil sur la terrasse face au Saint Laurent. On se rabat sur un gîte campagnard qui sent vigoureusement l’engrais mais dont la patronne nous envoie au restaurant du Pêcheur. Ah, le restaurant du Pêcheur ! Son velouté de crevettes et de crabe, son filet de turbot, sa darne de flétan et, point d’orgue, son filet de morue. Le tout est servi par une Huronne pétillante, sans oublier le petit blanc qui tient gaillardement sa casquette sur l’oreille.

Vendredi 29 juillet

Madame Claire Vallée est une bonne hôtesse. Son déjeuner n’est pas petit. Le pain est fait maison, les confitures confectionnées au printemps en même temps que le creton, le jambon salé et tranché, les œufs brouillés ou miroir sont servis avec des fèves au lard et sirop d’érable. Et quand vous demandez grâce, elle vous sert d’autorité des crêpes débordantes de sirop.

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Chez Claire Vallée

Nous mangeons en compagnie d’une aimable Luxembourgeoise et de ses trois enfants différemment colorés. La discussion porte sur l’apprentissage des langues au Luxembourg.
Après des courses à Rimouski, nous cherchons un coin pique nique avec plage de préférence. La première halte découvre une belle plage rocheuse mais hélas les crevettes y sont carnivores et une aimable Québécoise opulente nous indique une plage sans danger où nous pourrons aussi pique niquer. Les intrépides se lancent à l’eau. Ah ! Quelle bonne et fraîche baignade ! Une légère collation au soleil nous réchauffe et nous faisons connaissance avec un couple enseignant-peintre-à-l’huile et infirmière voyageant dans un camping-car des années soixante-dix.
Mais il faut quitter le Saint-Laurent pour les collines boisées de la Gaspésie intérieure, nous nous préparons à la rude vie des trappeurs dans la cabane

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Le refuge du Piolet

rustique qui nous attend au pied du Mont Albert. Quelle n’est donc pas notre surprise d’arriver au Piolet chalet tout confort, nous y sommes bien comme Boucle d’or dans le chalet des trois ours.

Samedi 30 juillet

Levés de bon matin, nous prenons un frugal repas à peine suffisant pour surmonter les épreuves qui nous attendent. A 9h, les amis de Jean n’étant pas au rendez-vous, nous embouquons le sentier du Mont Albert. C’est qu’il monte raide, dans une forêt d’épinettes et de bouleaux, agrémentée de quelques framboisiers et myrtilliers. Plus haut, la forêt cède assez brutalement la place à des « rabougris », le vent se lève et nous mettons toutes les petites laines que nous avons emportées.

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Vers le Mont Albert

Au sommet, nous sommes accueillis par un garde-parc interprète qui nous montre un caribou paissant paisiblement de l’autre côté d’un petit lac. Tout en dévorant nos sandwiches, nous écoutons les interprétations de Denis, bûcheron à queue de cheval, le bedon sanglé dans les bretelles de ses jumelles. « Tabernacle ! voilà un gars qui tiendrait chaud l’hiver ! » s’exclame Mimi . Or donc les caribous sont des rennes. Mœurs : les dominants ont une harde de 8 à 12 femelles tandis que les autres se brossent les panaches. [1]

Suite à ces explications, nous entamons une descente éreintante parmi un amoncellement de blocs de serpentine, cette pierre jaune ocre qui prend une belle couleur verte quand on la polit. Les derniers kilomètres sur un chemin boisé qui longe une rivière nous font oublier notre fatigue, et c’est gaillardement que nous entrons dans le superbe hall du Grand Hôtel du Mont Albert pour boire une bière que Jacqueline veut payer avec un billet (faux ?) trouvé sur le chemin. Sans vaciller, nous rentrons au chalet pour nous délasser et nous restaurer et...manquer une fois de plus la causerie du centre d’interprétation.

La Gaspésie

Dimanche 31 juillet

Nous paressons dans notre beau chalet. Après un petit déjeuner frugal où l’on finit les dernières traces de beurre, chacun vaque. Jean-François lit, Jean écrit des cartes, Jacqueline et Mimi vont faire les stars à la piscine dans leur maillot Cacharel. L’eau est à 27 degrés, un vrai bonheur. Les Harley-Davidson tournent autour de nous, on est riche ! Mai midi sonne à l’horloge de l’hôtel, il faut rendre les clefs, adieu chalet N°13, le Piolet. Nous prenons la route, mais quelle route nous ont donc concoctée les navigateurs ? Les nids de poules deviennent des ventres de vaches qui secouent durement le char, l’herbe envahit la route et au détour d’un virage, une chaîne barre la route et deux gars à la mine patibulaire nous arrêtent. C’est un cul-de-sac, la route conduisait à une mine de cuivre désaffectée depuis vingt ans. Nous rebroussons chemin et prenons une route de gravelle. Avec quelques gouttes de carburant dans le réservoir, arriverons-nous jusqu’à Marsoui ?
Cependant, on entend parler de crevettes depuis un certain temps d’une part, et d’essence d’autre part. Arrivés à Marsoui, pas de pompe en vue, en revanche une petite auberge propose des guedilles aux crevettes et aux homards. Sacristie ! Quel beau pique-nique ! Le ventre bien plein, nous cherchons un gîte. De petit port en petit port, pas vraiment breton, on arrive au village en chansons de Petite Vallée. Dans une petite anse éloignée de la route, la forge Lebreux et trois chalets blancs au toit rouge.

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Le Village en Chansons

Promenade romantique sur la grève puis, étendus sur l’herbe, nous regardons les mouettes pêcher en se laissant tomber en piqué. Mais la bouillabaisse nous appelle à sept heures précises. Jésus, quel délice ! Le filet de flétan aux crevettes n’est pas mal non plus. Après les nourritures terrestres, celles de l’âme avec un chaleureux récital « Chanter plus fort que la mer » par les chanteurs du village.

Lundi 1er août

Petit déjeuner servi par Fanny aussi pétillante en aubergiste qu’en chanteuse : deux bacons, œufs, saucisses et deux crêpes aux trois farines, le plateau de confitures et le sirop d’érable. On dit au revoir à ce coin charmant pour prendre la route vers Cap-aux-Os. Jean nous fait arrêter dans un lieu historique. Il s’agit d’un phare et d’une station Marconi situés à la pointe xxxx . Le phare qui date de 1880 a été transporté à Montréal par tranches de douze pieds de haut puis, grâce à un comité de gens énergiques, il fut ramené sur son site originel ; C’est la fraîche Cathy, timide et souriante, qui nous fait les honneurs des lieux avec son bel accent québécois. Il s’agit d’un phare à éclats de durées différentes, deux courts et deux longs. Le premier gardien et sa femme avaient douze enfants, le village comptait soixante habitants avec les opérateurs Marconi.

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Le phare

En 1909 les pêcheurs honteusement exploités par la compagnie, qui ne leur achetait la morue que 3,50 dollars le quintal, sont allés protester. Le procès a eu lieu à Gaspé, en anglais, ils ne purent se défendre et ils furent condamnés à de lourdes amendes et certains à des années de prison.
Pique-nique venteux et mouvementé au phare du cap des Rosiers. Un restant de bouteille de rouge améliore l’ordinaire et réchauffe nos cœurs.
Nous parvenons au par du Forillon sous un ciel chargé et échouons à « l’Hébergement Touristique » : il ne mérite pas son nom ! Le comité d’accueil, composé d’une stagiaire affolée, d’un sbire moustachu et d’une dame nommée Ghislaine parfaitement incompétente, fait preuve d’une remarquable diligence pour ne trouver ni nos noms, ni le chèque de caution ni la réservation. Après moult coups de fils au « chef » et après avoir tourné dans tous les sens le cahier en répétant inlassablement « Carlo a oublié de reporter » (C’est sans doute lui le demeuré que Jean avait eu au bout du fil !), Ghislaine a retrouvé nos noms. Jean débloque enfin la situation en proposant qu’on nous rende le montant des arrhes : l’opération réussit mais prend un certain temps (voir reçu ci-joint).
Un centre d’information bien placé nous trouve un gîte chez l’habitant à Gaspé : une vieille dame très digne nous attend et nous fait les honneurs de sa maison très cosy et super kitch. Nous piquons un petit somme réparateur dont nous sortons pour faire une promenade apéritive, banque, poste et tour du port. Le capitaine du port nous permet d’aller visiter les pontons, beaucoup de bateaux sont rétros et sont équipés de « biminis ». L’information touristique (ouverte jusqu’à 21 heures) nous permet d’organiser notre journée du lendemain. Après un essai infructueux à l’Hôtel des Commandants nous nous retrouvons dans la chaude ambiance du Brise-Bise. Pour nous faire patienter, le serveur nous indique le bar du rez-de-chaussée. Bien que cela soit sans importance (dixit J.F.) la serveuse du bar porte tatouée une légère guirlande courant d’une hanche à l’autre, qui apparaît à chacun de ses mouvements (les mecs sont scotchés). Bientôt une table se libère et en attendant la commande, Mimi se fait harponner par un « Nioufi », pêcheur de saumon mal dégrossi qui lui caresse le bras de son hameçon emplumé. Enfin la commande arrive, on trouve par hasard sous une feuille de salade une légère noisette, au demeurant délicieuse, de mousse de crevette. Après cette bouchée, le plat principal promet plus qu’il ne tient. La morue salée aux tomates était bonne mais légère. Rentrant discrètement au gîte, nous sommes attendus par nos hôtes qui nous invitent à bavarder un moment au salon. Tout en se balançant dans sa chaise berçante, Blanche nous raconte l’histoire des ses ancêtres italiens immigrés en 1648. Lorsqu’il peut en placer une, Roland nous dit que les siens sont arrivés en 1750. L’un et l’autre nous content les malheurs des Acadiens pendant le grand dérangement. Mais il faut se coucher tôt pour se préparer au réveil très matinal.

Mardi 2 août

Réveil à six heures, et grosse déconvenue, le Mac Do n’ouvre qu’à sept heures. Nous filons donc directement vers Cap-aux-os chez Aude Aventure. Nous réveillons Sébastien, le gentil G.O. du lieu, qui nous sert un copieux déjeuner. Le cadre contraste avec la bonbonnière de Blanche. Nous retrouvons nos amis suisses, Marion qui avait perdu ses parents au mont Albert. Sébastien nous emmène sur la plage où nous armons les kayaks en écoutant attentivement les ultimes recommandations de notre guide. Quoique légèrement humide, la jupette nous sied à ravir. Nous voilà partis sur une mer en huile à la rencontre d’une colonie de phoques communs. Quatre d’entre eux font la ronde en dressant la tête hors de l’eau. D’autres se roulent et se basculent comme sur une chaise berçante avant de plonger pour réapparaître quelques mètres plus loin en nous fixant avec leurs grands yeux noirs. Après dix minutes d’initiation, nous manions parfaitement ces embarcations légères. Mais la mer, même plate, creuse. Elle est aussi généreuse et sait offrir sa morue, ses pétoncles et ses coquilles, toutes nourritures exquises que nous allons déguster au Baleinier.

La recherche infructueuse du Mic-mac interprété
Echoue sur le gazon du musée Jacques Cartier.

Requinqués, nous entreprenons la visite dudit musée, fort réfrigéré [2]. Le Québec avait besoin d’un héros : il fallait cautionner la prise de possession du Québec par la France en construisant une légende. Bien qu’il n’ait pas découvert le Québec (voir les marins italiens ou portugais), Jacques Cartier a été instrumentalisé à cet effet, ce qui ne retire rien à ses qualités de navigateur. En fait, ce n’était pas Jacques Cartier que nous cherchions mais les Mic-mac, dont nous trouvons le centre d’interprétation un peu tard, presque à l’heure de la fermeture. Visite à la sauvette de quelques intéressants tipis en écorce de bouleau. Une halte au Brise-Glace pour un péché de gourmandise. Retour au gîte pour un temps de repos. Roland se joint à nous pour écouter les « Moules Marinières », un groupe sympathique et sans manières qui passe allègrement de l’anglais au français pour des chants de marins : et merde au roi d’Angleterre qui nous a déclaré la guerre. On se nourrit au Brise-Bise et on cède la place à un orchestre trad belge avant de rentrer au logis sur la pointe des pieds.

Mercredi 3 août

On n’osait pas y croire, mais on l’espérait. « Accepteriez-vous une tasse de café ? » « oui » timide, qui devient un copieux déjeuner préparé avec diligence par Blanche secondée par Roland. Nous apprenons l’intense vie sociale du Gaspésien : pendant que les hommes retournent à leur nature brute pour une partie de chasse, les « veuves de chasse » se retrouvent entre elles et ne sont pas pressées de revoir leurs chums. Blanche nous explique toutes les activités qui se déroulent sur la baie de Gaspé gelée : pêche au trou dans la glace, patinage, skidoo. Dans le pays tout le monde se connaît. Le dernier mariage où trois sœurs se marièrent simultanément a vu six cents invités.
Départ pour le Rocher Percé. Nous pataugeons avec une procession de touristes dans la marée montante pour aller toucher le rocher porte-bonheur. Nous continuons à assumer notre rôle de touriste en faisant la queue à l’embarcadère pour faire le tour de l’île de Bonaventure. Après nous être rapprochés du fameux Rocher Percé, nous rasons les falaises où nichent des colonies de

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Les Fous de Bassan

fous de Bassan, nous apprenons à reconnaître leur silhouette, ailes longues et fines bordées de noir, assez long cou duveté de jaune et corps massif. Mais, une fois débarqués, nous les voyons de beaucoup plus près, nous les entendons et nous les sentons sur le sentier qui mène au sommet de la falaise. C’est une foule indescriptible de couples qui se cajolent, d’oiseaux qui se chamaillent et de petits duveteux qui dorment au pied de leur mère. Les isolés qui marchent entre les territoires se font copieusement insulter par les occupants.
En attendant le bateau du retour nous apercevons notre première baleine. Jacqueline pousse un cri qui manque de faire tomber la file d’attente dans l’eau. Après avoir touché terre, nous repartons sur une route longue et monotone, Murdochville évoque une ville de pionniers « Etranger, passe ton chemin ». En vue de Sainte-Anne, pas de motel, il nous faut poursuivre jusqu’à Matane et nous rabattre sur un hôtel d’une chaîne de luxe où les quatre routards allaient, au grand étonnement du réceptionniste, partager une seule chambre.

La rive nord du Saint Laurent

Jeudi 4 août

Après un essai infructueux de baignade dans les eaux glaciaires par la plus intrépide du groupe, on décampe de cet hôtel pour hommes d’affaires et on va chercher « en ville » un petit déjeuner moins dispendieux. En effet, la serveuse « d’Oncle Jérôme » nous confectionne en un tour de main un petit déjeuner traditionnel pendant que les autochtones entrent et sortent après avoir pris un café au comptoir.

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Le traversier

Nous rangeons notre Buick Century dans la file N°3 en attendant que le traversier « Camille Marcoux » l’absorbe avec une fournée de camions, camping cars et autres véhicules récréatifs. La traversée se fait sur une mer en huile, troublée seulement par les différents courants qui apportent leurs irisations changeantes, mais de baleine ou baleineau, point ! On en profite pour écrire des cartes postales. Avant de débarquer, on se tapisse l’estomac avec un hambourgeois de saumon pané et frites qui nous fera du profit.
Enfin le traversier dégorge ses utilitaires [3] dans un petit coin perdu nommé Gotbout : quelques maisons en bois, une église, une épicerie et un musée amérindien. A l’information touristique, une dame enthousiaste agrippe Jean et lui conte les merveilles de l’endroit. La jeune fille au comptoir nous réserve aimablement le gîte de l’épicerie Cormier, un des moins chers, mais pas le moins sympathique. En bas, l’épicerie et le coin café. A l’étage, sept chambres, deux salles de bains, un salon, une cuisine. Cela suffit à notre bonheur après l’expérience décevante de la veille. Après un petit repos, nous partons pour l’aventure sur la route du trappeur le long de la rivière Godbout, heureusement l’Indien Jean marque le chemin de flèches qui nous permettent de retrouver notre route.

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Notre cabane au Canada

Photo de famille devant la cabane du trappeur.
Mais n’oublions pas que ce beau pays appartenait d’abord aux Indiens, ce qu’illustre le musée de monsieur Grenier, qui le possède et ne veut rien céder au gouvernement. On y trouve des objets d’arts ou de la vie quotidienne, des habits de fourrure et d’innombrables coupures de journaux mentionnant l’œuvre de monsieur Grenier, de sa femme ou du facteur et de son fils qui avaient occupé la maison. Trois de la bande craquent pour des Bonhommes de Rêve pendant que J.F. se gausse intérieurement. Monsieur Grenier a vécu sept ans chez les Inuits. Sa femme Isabelle a même appris la langue avec les vieilles dames avec lesquelles elle faisait de l’artisanat, tandis que Claude en organisait le marketing. La mise en œuvre de la coopérative a été moins facile avec les Indiens qui, pas fous, tirent des milliards de l’Hydro Québec pour des terres qui ne valaient rien et en demandent de plus en plus, et qui paie ? Les Québécois, avec leurs impôts (cochons payants).
Le restaurant du Passant nous sert un bon souper mais on a préféré la morue délicieuse au Club Crabe. On fait la fermeture à neuf heures moins le quart, le patron passe la serpillière entre nos jambes.

Vendredi 5 août

Le gîte-épicerie est une formule très pratique, on achète au rez-de-chaussée et on cuisine au premier étage. En route pour Manic2, centrale hydro-électrique, fierté des années soixante. La belle Milène, à qui le casque sied à ravir, nous arrache un « Vive Manic2 ! ». On a loupé la partie théorique, mais quelle pratique ! Jacqueline veut des explications précises. Nos deux ingénieux ingénieurs parlent de queue de chat, de dynamo de vélo, des colliers des Athéniennes [4], mais les questions fusent encore.
Pique-nique au bord de la Manicouagan (baignade dans une eau fraîche et dorée pour Mimi). Il nous reste un long trajet mais la route est belle, bordée de très beaux lacs souvent inaccessibles. A 17 heures 30 nous sommes à l’Information Touristique de Tadoussac, où nous transgressons malencontreusement la règle d’or : ne jamais s’adrresser à un jeune stagiaire mâle, il nous refile trop de tuyaux crevés. Enfin nous revenons à nos premières amours, Bergeronnes, que Jean-François avait visé depuis le début avec leur cap du Bon Désir.
Gîte chez Viatteur, un motard reconverti en aubergiste. M

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La parade

ais voilà que la parade annuelle « la fête de la baleine bleue » s’annonce et défile devant les maisons : chars croquignols des entreprises du coin, ambiance bonne enfant, apprenties majorettes et petit verre d’apéritif offert... Apéritif qui nous amène aux bergeronnettes où nous apprécions la formule du buffet, mais nettement moins la formule le lettres bâton SERVICE 15 % NON INCLUS qui appelle un commentaire de Jean-François.

Samedi 6 août à Bergeronnes

Réveil matinal pour le petit déjeuner de sept heures et, dès celui-ci avalé, nous partons pour le môle Essimit, point de départ des excursions baleinières. Nous nous déguisons d’abord en schtroumpfs rouges pour prendre place à bord d’Aventure 7 sous le commandement de Jérôme à défaut de Mario, qui selon notre hôte, était incollable sur les baleines. Jérôme parle peu mais il a l’œil perçant [5] et nous amène directement auprès de Neptune, un superbe spécimen de baleine bleue.

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La baleine bleue !
La célèbre baleine bleue, le plus grand de tous les mammifères

Avec une régularité de métronome, Neptune plonge, ressort et souffle trois fois (psschh, wouf !) en faisant le gros dos. En fait, elle broute le krill sans se soucier le moins du monde de ces moustiques de bateaux qui surnagent. Nous l’observons un bon moment puis notre capitaine remet les gaz pour nous conduire dans des eaux où nagent deux rorquals communs. Ils respirent moins souvent et restent plus longtemps sous l’eau. Nous ne nous lassons pas de les regarder mais Jérôme nous rappelle l’heure et nous surfons à plus de trente nœuds vers le port.
La charmante préposée du centre d’information s’étant déclarée incompétente pour les gîtes de la région du fjord, nous squattons une cabine téléphonique Bell munis de la carte adéquate. La recherche est longue et difficile : gîte du Fjord... complet, le Pantouflard... recomplet, etc. Au bout de quinze coups de téléphone le monsieur du gîte Marie-Claire nous répond positivement.
Pique-nique sur la plage à l’ombre d’un cerisier dans la splendide baie de Tadoussac où sont mouillées plusieurs goélettes ainsi qu’un magnifique ketch, un Dundee d’Etel arborant fièrement le gwen-hadu en tête de son artimon.
[léger échange de réflexions.... ?]
Visite du centre d’interprétation des mammifères marins qui nous apprend que les baleines sont issues d’une sorte de chien à museau allongé. Pour preuve, les os de leurs nageoires ressemblent à ceux d’une patte. Chez certaines espèces on retrouve des vestiges des os du bassin sous la forme de deux petits os ridicules perdus dans la masse musculaire de la queue. Nous voyons un documentaire intéressant sur le centre de recherche associé au musée.
Pour se rendre à Petit Saguenay, il faut traverser le fjord. Pas de chance, il manque un beau pont suspendu. Heureusement les édiles de Tadoussac ont eu l’idée lumineuse de le remplacer par une noria de trois morceaux de route flottante astucieusement poussés d’une rive à l’autre. Nous prenons place sur l’une d’elles.
Sur l’autre rive la route fait un long détour à travers les terres, bordée de prairies avec des vaches qui nous rappellent la Normandie. Nous arrivons à Petit-Saguenay où nous attend notre hôte et, sur ses conseils, nous nous hâtons pour admirer à un admirable coucher de soleil sur le fjord. Nous lions connaissance avec un pêcheur d’éperlan montréalais marié depuis quarante ans à une native, mais qui se sent toujours étranger. N’osant pas nous inviter à un repas d’éperlans, nous nous dirigeons vers l’unique restaurant du village, « aux deux pignons », qui marie l’anglophonie et la nouvelle cuisine et où nous risquons d’être les quatre pigeons. Ô lecteur, tu sauras demain l’issue de cet épisode palpitant, qui pour le moment nous laisse sur notre faim.
Après un nombre indéterminé de parties de pendu, nous devons reconnaître que nous mangeons à notre faim, que la stagiaire était charmante et que les légumes étaient crus.

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Coucher de soleil sur le Saguenay

Dimanche 7 août

Ah !, mes amis, nous ne nous doutions pas du festin qui nous attendait au petit déjeuner. Avec l’aide de la petite voisine, Monsieur Marie-Claire s’en tire très bien sans l’aide de sa blonde partie au loin travailler chez le milliardaire du coin qui reçoit Sarkozi (et séduit Cécilia). Tout en se berçant sur sa chaise, il nous parle avec émotion des ses enfants et petits enfants.
A matines sonnées (depuis longtemps) nous allons vers l’anse Saint Jean, sans savoir si nous allons faire du canoë de rivière, du kayak de mer, du vélo ou de la balade. De canoë point, de kayak impossible sans accompagnateur.

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Les poteries de l’anse St Jean

Seul le vélo sied à notre soif de liberté. Nous pédalons à vive allure le long d’une rivière, loin des centres d’interprétation et de leurs informateurs. La route nous conduit chez Heidi, allemande de Munich qui a installé son atelier de poterie face à la baie, et intègre des feuilles sur ses pots avant cuisson. Nous renonçons à gravir la gravelle, c’est grave, jusqu’au point de vue et redescendons agréablement. Avec la voiture nous revenons au belvédère de la Tabatière. Un pylône gigantesque supporte des câbles avec croisillons, c’est impressionnant. Après pique-nique et sieste, nous profitons du point de vue aménagé par HydroQuébec. La journée s’écoule paisiblement, on laisse les bons temps rouler. En surveillant du coin de l’œil les bateaux qui rentrent au port, on écrit nos cartes postales. Après une dernière balade apéritive, nous cédons à la tentation du caribou et du chevreuil, après quoi nous nous apprêtons à rejoindre la blonde de notre hôte.

Lundi 8 août

Notre hôtesse Marie-Claire nous accueille avec un grand sourire et un copieux petit déjeuner. La conversation porte sur le milliardaire et la vie privée de Nicolas (Sarkozi bien sûr) même si Marie-Claire reste très discrète et garde ses distances avec ces messieurs. Elle tombe dans les bras de Jean (le caissier) et, pour ne pas faire de jaloux, nous embrasse successivement. Au revoir, Marie-Claire, peut-être nous reverrons nous un jour à Florac [6]. Sur la route, nous scrutons l’entrée de la propriété du richissime Monsieur, mais nous n’apercevons qu’un modeste portail, prolongé d’un grillage de plusieurs kilomètres. Vers quatorze heures nous quittons la grand route vers la Petite Friponne, pointe le long du Saint Laurent, mais nous n’avons trouvé ni la miche, ni la Petite Friponne, mais un vague pré où nous déjeunons rustiquement et d’où un garde de la réserve vient nous déloger en prétextant qu’il ne fallait pas priver les ours noirs des petits fruits rouges nécessaires à leur fertilité.
Arrivée à Québec, transfert réussi, long trajet en bus agrémenté par les pleurs de bébé et de longues négociations franco-canadiennes d’un Martiniquais dont le fils venait de réussir un concours. Suite à un long embouteillage nous arrivons au 5125 rue de Bordeaux à 20 heures 30 où pour la seconde fois nous trouvons porte close [7]. Cette fois-ci, pas de mot et le téléphone sonne occupé. Le moral de la troupe baisse dangereusement. Jean part à la recherche de nourriture et ne revient pas. Folle d’inquiétude, Mimi court à sa recherche et ne revient pas non plus. Jean-François décide d’aller à son secours. Enfin les voilà de retour avec une gigantesque pizza au moment même où arrive Christian et sa queue de cheval, il simule un prétexte qui ne trompe personne. Louise le suit de près et réitère la même absence d’excuse. Bref, la soirée se termine autour de la pizza.

Montréal (et retour à Paris)

Mardi 9 août

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Choc des architectures à Montreal

Home, sweet home : qu’il est bon de se poser chez Louise et Christian et de déguster une baguette croustillante et fraîche au (petit) déjeuner. Cap sur le vieux Montréal, surprenant par son architecture disparate. Quelques maisons anciennes de pierre grise, perdues au milieu d’édifices massifs du dix-neuvième siècle et de quelques gratte-ciel plus ou moins récents.
Sur la place de Jacques Cartier, nous rencontrons deux extra-terrestres montés sur des Segway. Jean-François ne peut résister et va en essayer un. Il se révèle un élève fort doué et en moins de dix minutes, il maîtrise parfaitement l’engin. Le reste de l’équipe est moins performant mais apprécie la maniabilité du véhicule.
Après délibération, nous optons pour le taxi qui nous mène sur la montagne Mont Royal.

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Le montreal moderne

Pique-nique au bord du lac du Castor en réfection et grosse sieste à l’ombre des érables. Jean se révèle peu chanceux (pied droit). Jeu de piste brouillé jusqu’au chalet Belvédère d’où la vue est époustouflante, comme nous le déclarons d’ailleurs aux journalistes chevronnés de Radio Canada venus nous interviewer. Nous faisons une longue halte dans l’immense salle du chalet, remarquable par sa charpente et ses fresques marouflées.
Le jeu de piste se poursuit, mais dans le sens de la descente : nous croisons tous les sportifs de Montréal qui viennent y faire leur cardio. Nous traversons le quartier de l’université Mac Gill avec ses pavillons de recherche aux spécialités les plus inattendues. Nous rejoignons la rue Sainte Catherine [8] et passons la place des Arts qui nous séduit par son modernisme et son mobilier aquatique. Une petite intrusion dans les galeries du Montréal souterrain et nous débouchons sur le quartier chinois. Nous tombons en arrêt devant une affiche de homard dans une vitrine et renonçons au restaurant du Vieux Port (certainement surfait !) pour nous retrouver chez un chinois-cambodgien natif du boulevard Pereire. Bien nous en prit ! Le menu complet, conseillé par notre hôte, s’avère judicieux et exauce tous nos souhaits. Il ne manque que la table tournante, mais les plats se succèdent à vive allure et nous osons même récupérer les restes dans des boîtes en plastique prévues à cet effet.

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Le Montreal de J. Cartier

Le ventre bien rempli, nous passons à la partie culturelle de la soirée chez Pierrot où les Scéneux, amplifiés à 140 décibels, réjouissent les oreilles de Jean-François. Au demeurant, c’est un groupe sympathique et la chanteuse se dit prête à tout nous accorder... Le public n’est pas de toute jeunesse mais reprend les chansons avec entrain et claque joyeusement dans ses mains. Retour en taxi rue de Bordeaux.

Mercredi 10 août

Voici le dernier jour, nous terminons les provisions, c’est l’heure de refaire son paquetage. Alors que nous ergotons pour savoir si nous laissons un pourboire, c’est là que Mimi s’aperçoit qu’elle a en sa possession let billet aller à Montréal et non le retour. Louise nous gratifie de deux can de sirop d’érable, ce qui nous remet dans de bonnes dispositions à son égard. Elle nous appelle un taxi, moyen de transport que nous avons définitivement adopté. Le chauffeur taciturne turc nous emmène efficacement jusqu’à Berry où nous prendrons l’Aérobus dans un peu plus de deux heures.
En proie à un flottement, l’équipe s’est dispersée. On se retrouve un peu plus tard au quartier général des clochards, certains sans revue informatique, d’autres avec des CD d’occasion ou divers cadeaux. On finit nos boîtes à chien [9] du restaurant chinois et on laisse les restes pour des clochards plus miséreux, peut-être la femme qui a la manie d’enfiler une aiguille et de cajoler ses nounours, ou bien la poignante jeune fille dont les bras saignent à force de shoots. <br /
Nous fuyons cette cour des miracles vers le premier établissement susceptible de nous délivrer un café et nous finissons dans un sous- Mac Do / Kebab. Plus rien ne nous retient dans ces lieux, et cela facilite notre adieu à Montréal, nous revoyons une dernière fois le mélange d’immeubles et de gratte-ciel, puis l’autobus file sur l’aéroport.
Nous glissons à l’employée de la compagnie d’aviation l’aller de Mimi, camouflé parmi nos trois retours, elle nous remet quatre cartes d’embarquement sans ciller. Nous croyons bien être débarrassés de ce souci. Après une fouille intense, nous accédons à la salle d’embarquement d’où l’on envoie les dernières cartes. Mais au moment d’embarquer, trois membres de notre groupe filent allègrement alors que Mimi reste en arrière, désespérée, on lui demande son « coupon », elle l’a donné bien sûr, on fait des plaisanteries plates sur l’idée d’un voyage gratuit. Protestation de l’intéressée qui finalement peut passer. Ouf !, une fois dans l’avion on se sent sauvé. Pas tout à fait, car un employé revient demander à chaque membre de la troupe son reçu... que tout le monde peut produire en protestant de sa bonne foi. Mais voila la passerelle qui se retire, cette fois ci c’est la bonne. Personne ne nous empêchera de rejoindre le vieux continent. L’orage s’y essaie [10] mais peu de temps après nous décollons enfin, en vol pour la vieille France. Heureux qui comme Ulysse...


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[1Panaches : les panaches autrement appelés bois poussent au printemps. Ils sont parcourus de nombreux vaisseaux sanguins qui les alimentent en sels minéraux. C’est une erreur de croire que les caribous les plus âgés ont les plus grands panaches. La taille du panache dépend de la vitalité de l’animal, de son alimentation et des sources minérales qu’il est capable de trouver. Les femelles ont elles aussi des panaches mais alors qu’ils ne poussent qu’après la parade amoureuse (sinon attention les coups de cornes) ils subsistent durant la gestation pour aider les femelles à se garder les meilleurs pâturages, ils tombent à la naissances des faons.

[2Se reporter aux aventures de Mimi et Jean à Shangaï, même collection

[3véhicules, à ne pas confondre avec ustensiles (couverts)

[4L’ambre était le matériau des colliers des belles Athéniennes, qui attiraient les corps légers

[5et un bon sonar

[6jumelé avec Petit-Saguenay

[7à la bonne étoile ou à la belle étoile ?

[8mélange architectural à retravailler

[9doggy-box

[10mais pas aussi violemment qu’à Toronto