Bernadette David


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Freddo

publié par Bernadette, le mardi 31 janvier 2012



A Buenos Aires ? Impression bizarre mais agréable de tout réapprendre ou bien de tout connaître : contradictoire ? Prétentieux ? Comme tu veux. Un peu inquiet le fils, au départ : « elle ne va pas nous refaire le coup de l’Ictus, quand même ! » pensait-il à l’aéroport de Londres. Elle ne va pas le faire.

J’ai revu beaucoup de choses : je croyais que je ne remettrai jamais les pieds dans cette ville, mais j’ai changé de maison d’accueil, c’était indispensable. La situation du pays ? On verra plus tard. Je discute beaucoup, sans complexes, utilisant mon castellano imprécis, mais on se comprend : sont-ils de plus en plus gentils les Argentins ? Sans doute, mais peut-être suis-je de plus en plus cool et prête à mieux sentir les choses. Je laisse mes réflexions métaphysico-psychologiques et j’attaque la politique. Non, on verra ça plus tard aussi. Mais quand même : 54% obtenus dès le 1er tour par Cristina à la fin de 2011 ? Un rêve, non ! Pourquoi n’y a-t’il pas d’opposition dans ce pays ?
Sans doute rendrai-je hommage plus tard au travail de Mémoire fait en Argentine : il est impossible de ne pas s’en apercevoir. Chaque jour une nouvelle plaque sur le sol ou accrochée au mur : Ici le.....1980...ou bien, en décembre 2001 a disparu.....C’est bien ce qu’ils font. On me dit dit que là aussi, ce serait pour en acheter quelques uns ? C’est trop compliqué...

On ne répare pas les trottoirs déglingués, mais on fait de la pub pour un tri sélectif qui n’existe pas : en attendant, c’est toujours le même chaos, (avec un S ou bien pas ?) chaque nuit, après le passage des cartoneros. La Casa Rosada ? Elle est trop chic, justement la nuit : illuminations bleues et roses et clinquantes, ouaouh ! Et alors ? Et alors certaines rues sont peu ou mal éclairées la nuit : c’était impressionnant l’autre soir quand je cherchais à rejoindre la Avenida Corrientes pour prendre le bus n°24, en direction de San Telmo : une bonne moitié des réverbères étaient éteints.
Tout a augmenté et ça continue ! Le prix du ticket de métro vient de doubler ? Celui des collectivos (bus) va suivre dans quelques jours. Beaucoup de magasins sont fermés, pour l’été ? Définitivement ? Ana me disait (Ana est propriétaire de la Casita où je vis), elle me disait que les gaz et électricité allaient suivre, et qu’elle se pose beaucoup de questions : elle est loin d’être remplie, sa Casita.
Mais la Casita est habitée par Pablo, le fils de la maison, et Viggo son gamin de 4 ans : une semaine pour l’apprivoiser, mais c’est fait. L’autoroute est un peu proche, mais le figuier est en pleine forme. Bizarrement j’ai déjà écouté plein de musique, et ce soir Pablo, encore lui, chantera dans une Milonga de Palermo, à "Salon Canning" : si j’ai le courage de retourner jusque là...
Le Bandonéon ? J’aurai de quoi raconter dans quelques jours : je vais essayer !...

Je viens de rencontrer Freddo, à l’angle Ortiz et Guido. Je suis en face du cimetière de la Recoleta, là où repose Evita, cimetière qui est à côté d’une église blanche de type espagnol : tout y est beau et doré à l’intérieur. Le Centre Culturel de la Recoleta est désert : j’y ai vu de fabuleux clowns, une autre année au mois de janvier. Si la grande terrasse est vide, aujourd’hui, la vue est très ouverte : le Musée des Beaux Arts est en face et je peux imaginer le Rio de la Plata un peu plus loin. Quelques avions décollent régulièrement à ma gauche, depuis l’Aeroparque, cet aéroport réservé aux dessertes locales qui est en bordure du Rio et un peu plus au Nord.
Freddo ? Je m’assied chez lui pour y passer un petit moment, et j’observe : quatre garçons plongent une main dans une grande boite blanche, et en retirent un air satisfait (je reviendrai alors avec 4 garçons...). Des enfants attendent : il va se passer pour eux quelque chose d’intéressant. Mais quoi ? Levant les yeux, d’ici je vois des croix et des dômes sculptés au-dessus des "maisons" abritant les résidents les plus riches du cimetière ; en arrière, ce sont quelques antennes TV et autres paraboles. Pas un souffle sur nous aujourd’hui, une température délicieuse à faire hurler le lecteur, et que du ciel bleu. Cela peut ne pas durer, j’évite de suivre les bulletins de la météo locale.
Chez Freddo, des tables et des chaises, et des gens un peu plus épais que la dernière fois. Tout le monde ne mange pas très bien (d’ailleurs, tout le monde ne mange pas...un autre sujet de conversation, entre nous...). Mais n’abimons pas trop notre plaisir : que peut-il y avoir dans ces grandes boites blanches qui donne à tous ces gens un air si épanoui ?
J’aime la lumière, il est à peu près 17h : cet avion qui passe fait plutôt joli dans le décor, et s’il n’y avait pas ce bruit de « clim » derrière moi !... Mais, c’est comme ça.
Un garçon vend des torchons à la sauvette, de table en table, et n’insiste pas. Celui de ce matin, oui le garçon à la béquille, je l’ai revu un peu plus tard Avenida de Mayo : il ne m’a pas reconnue, heureusement, moi qui vais de bistrot en bistrot d’un quartier à l’autre. Comme lui du reste : mais là, je suis odieuse.
Et le Tango : « Ah non ! Ca ne va pas recommencer ! » J’ai vu l’autre soir, pourtant, l’ami de Céli danser dans une Milonga. Cette Milonga venait, paraît-il, d’ouvrir ses portes, Milonga peuplée de jeunes tangueros décoincés : simple, mais superbe, la démo. Compliqué ensuite de rentrer en bus, mais finalement pas tant que cela : l’habitude !
Avoir le nez en l’air dans cette ville, quand l’air est doux et que tout est bleu… j’ai bien fait de venir, finalement. Mais vous avez tort de ne pas traverser pour passer un moment avec moi : ce serait facile de vous laisser guider, non ? !
Ai-je fini mon verre ? Ici on ne boit pas : Freddo est à la Recoleta ce que Sumo est à San Telmo. Freddo est un artiste constructeur de boules de toutes les couleurs, très recherché dans ce quartier bien fréquenté : Freddo est un marchand de glace. Vous le saviez ? Vous êtes très forts. Salut !!!

Buenos Aires, le 31 janvier 2012

Vous voudriez des photos ? C’est beaucoup de travail, les photos. Ca peut venir. Il faudrait pour cela, que j’en prenne ! Ecrivez moi. Envoyez moi les vôtres, vos photos : après tout… ! Sinon, ce que vous entendez en ce moment et qui tombe "grave", c’est la couverture nuageuse qui a un peu tendance à se casser la gueule.

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1 Message

  • Freddo

    8 février 2012 20:49
    mais non, il ne s’inquiete pas tant que ca, le fils ! les glaces de Freddo, j’imagine qu’il faut savoir les mangers tres vite, par cette chaleur... Ici il gele de nouveau, chacun son truc biz Pierre

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