Bernadette David


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Les Portes

... fragments

publié par Bernadette, le samedi 24 octobre 2009


Géographique

Porte du désert inhabité, dépeuplé. Porte barrant le vide, le néant.
Coin perdu, trou perdu sans âme qui vive.
Porte s’ouvrant sur cette partie du monde immense de sable blanc, région aride, désert rocheux, désert de sable. Immensité de liberté, pour rêver.

Sentimental

Porte du cœur : porte de vie, porte d’amour.
Porte entre ouverte, entre baillée, laisse donc voir un peu de cette lumière cachée derrière, prête à bondir.
Porte fermée, ouvre-toi sur la vie avant qu’il ne soit trop tard.

Agaçant

Devant sa porte
Le pas-de-porte
Comment te portes-tu ?
De porte en porte
Mis à la porte car on criait : « A la porte ! »bien sur
Ne t’en fais pas je reviendrai,
par la petite porte.
En attendant, portez vous bien !

Jeux de mots qui portent à sourire

La veine qui joue le rôle de porte : c’est la Veine Porte.
Plateforme d’envol pour les avions : c’est le porte-avion.
Il m’a reçu en courant, à la va-vite, entre deux portes.
Porte fermée, entrebâillée : « mais ferme donc la porte ! »

Énigmatique

Il entre, passe et sort par la …, puis se met en travers de la …
Ils habitent tout près, côte à côte, porte à ... .
Il a balayé devant sa... , il y a vu midi à la sienne et a été reçu entre deux … .
Mais il y a bien longtemps qu’il l’a payé, son « pas de porte ».

Autrefois et maintenant

Autrefois, elles étaient l’ouverture spécialement aménagée dans l’enceinte d’une ville : Denis, Martin, et Jacques, vous avez toujours vos noms sur les Portes entre Paris et les Faubourgs, même si parfois elles ne sont plus.

Enfantin

Trottinant, sautillant, descendant la Rue de la Justice, je vais de trottoir en chaussée.
A la une, à la deux, à la trois, je bondis au-dessus du caniveau. L’eau y coule, entraînant les feuilles mortes. Et je continue, zigzaguant d’un côté à l’autre, bras ouverts, bras au vent, et je me retrouve nez à nez devant cette porte mystérieuse peinte en vert.
" Ils l’ont fermée cette fois, les rosses" : impossible de voir le beau jardin qu‘elle abrite des regards, sans doute.
Pas de trou à la serrure, pas de rai de lumière au-dessous même en me tortillant à quatre pattes.
Tant pis, je continue, trottinant, sautillant de trottoir en chaussée, bondissant au-dessus du caniveau.

Souvenir

Grande grille du jardin, qu’ es - tu devenue.
Magique l’hiver, couverte de neige, tu t’ouvrais silencieusement, te refermais en grinçant. Grincement vertical, et musical.
Puis dans le jardin, le son des graviers écrasés sous des roues de voiture passant la porte. Elle arrivait enfin celle que j’attendais.
Mais aujourd’hui, "qu’es-tu devenue O grande grille en fer forgé du jardin, toute tarabiscotée : partie en Amérique avec les cheminées démontées ? »
Mais non, enterrée paraît-il, dans les fondations de la maison carrée, nouveau cube du quartier.

Bernadette David
4 juin 2008

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