Bernadette David


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L’ Eloge

...et ceci est à lire avec emphase, mais au 48è degré

publié par Bernadette, le dimanche 16 août 2009


En ce jour, il m’est enfin donné l’occasion, l’honneur, l’immense plaisir et devant tous de te parler, de t’honorer, devant chacun au nom de tous.

Oui, car pour chacun d’entre nous, en cette époque troublée tu es la clé du bonheur. Mais, plus qu’une « clé », n’es tu pas ouverture, permanente promesse, fontaine providentielle ?
Grâce à toi, les rêves les plus fous, invraisemblables, voire même les plus inimaginables (avec emphase) sont possibles : les tours du monde d’est en ouest ou du nord au sud sont à nous .
Grâce à toi des parures insensées, d’incroyables bijoux sont accessibles.
Avec toi nous pourrions posséder, des maisons, des bateaux , des trains, c’est à dire : le monde entier !

Toujours traversée d’un trait noir, tes couleurs bleu, blanc ou jaune font de toi un drapeau, que dis-je un étendard, que tous nous aimons offrir à ces bouches, à ces lèvres mystérieuses partout offertes sur les trottoirs et avides de plaisir.
Tes formes sont discrètes et pourtant tu sais être généreuse.
Les caractères, les chiffres, que tu portes allègrement sur ton dos, sont autant de mystères.
Tous ces signes alignés comme un puits sans fond font rêver ceux qui se chargent de les décoder : ces inscriptions ne sont-elles pas à la modernité ce que furent, en Egypte, ces mystérieux hiéroglyphes couchés sur les pyramides de l’Antiquité ?

Oui, aujourd’hui tu es encore et toujours source d’un bonheur infini, mais pour qui abuse de toi le châtiment peut être lourd.
Et quel terrible malheur quand nous te perdons. Qu’il est dur d’imaginer ces mains indélicates qui s’emparent de toi pour tenter, d’extraire, malgré nous, le meilleur de toi-même, cet argent vénéré si cher à nos cœurs ? C’est à chaque fois une déchirure.
Encore une fois : que j’aime tes couleurs et tes formes discrètes : même plate, qu’il est doux de te caresser
Oui tu es encore et toujours source de bonheur infini, même si parfois ceux qui abusent de toi, de ton corps lisse et de la jouissance que leur tu procures, ne peuvent être à l’abri de terribles châtiments . Tu mérites que l’on prenne des risques pour toi.

Imagines - tu la joie profonde de voir s’afficher sur les écrans « taper votre code confidentiel » ? Con-fi-den-tiel : te rends-tu compte de l’intimité que nous entretenons, toi et moi ?
Quelle merveille de garder ce beau secret entre nous.
Tu te nommes Cléo, Premier, Visa, American express. Toutes les portes s’ouvrent devant toi : les portes du monde, les portes de la richesse, mais aussi les portes sans limites du découvert bancaire !
Oui, nous t’aimons, nous te chérissons.
Oui, nous pouvons le dire, le proclamer sans exagération mais avec emphase :
Carte Bancaire, nous ne pouvons vivre sans toi.

Bernadette David

Paris le 7 Février 2007

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